‹ Les enfantsChapitre 17 sur 66 · DE L'ÉDUCATION ANTÉRIEURE · texte numérisé non relu

DE L'ÉDUCATION ANTÉRIEURE

L'enfaut dans le sein de sa mère ne se nourrit pas seulement ; déjà il suJjit sa part des sensations extérieures, et, comme il a besoin de n'être pas impressionné trop vivement, c'est à la mère que les impressions désagréables doivent être épargnées.

Si l'homme, pendant la grossesse de sa compagne, était convaincu des influences physiques et morales que ressent l'enfant, il prendrait garde à chacun de ses actes et s'efforcerait d'adoucir son humeur.

Un éclat de voix colère, c'en est assez pour faire tressaillir l'enfant, ébranler peut-être à jamais son système nerveux si

délicat. En voilà pour la vie. Quand il le faudrait fort pour prêter appui à un esprit sain !

Hésiode conseillait de ne point engendrer d'enfant quand on avait assisté à des funérailles, mais bien après avoir entendu une comédie joyeuse. Un tel avis trouve encore une application plus directe pendant la conception. La mère ne devrait pas fréquenter les spectacles de drames ou de comédies larmoyantes. Ces personnages qui, ne sachant pas supporter leurs douleurs, se tuent ou en tuent d'autres ; ces femmes dont la passion est inassouvie, sont déjà d'un intérêt médiocre alors, qu'en pleine santé, on perd son temps à écouter leur verbiage.

Comme une union intime de l'âme de l'enfant existe avec celle de la mère, et que toute impression se communique aux deux êtres si étroitement soudés, c'est la joie, la bonne humeur qu'il est bon d'évoquer pour égayer ces âmes.

La tranquillité du foyer, la vie en plein air autant qu'il se peut, sont salutaires et préférables pour l'enfant qui est à naître.

Autant que possible aucun souci de la vie matérielle ne devrait pénétrer à l'intérieur, alors qu'échappé au tracas des affaires le mari revient près de sa compagne.

La musique, d'agréables lectures à deux conviennent encore à l'enfant. Il écoute, il entend : déjà il profite dans le sein de sa mère.

C'est ce qu'un écrivain appelait ingénieusement V éducation antérieure.

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