‹ Les enfants d'Édouard, ou, Le cinquième commandement de DieuChapitre 11 sur 31 · LES ENFANTS D'ÉD0UAJ5D · texte numérisé non relu

LES ENFANTS D'ÉD0UAJ5D

cester. Adieu, mylord. Et, ce disant, il fit une fausse sortie.

— Reste ici, garçon, s'écria Rivers avec une voix de tonnerre ; et fermant la porte avec violence, il en retira la clef. A genoux, misérable créature, dit-il ; adresse à Dieu une prière pour ton âme, car tu vas mourir de ma main; ta langue infidèle et empoisonnée ne causera pas la mort d'un innocent. Toi, chère épée, pardonnemoi de te tremper dans le sang d'un traître. Et il la tira avec violence.

Henri se mit à genoux comme on le lui ordonnait; mais relevant la tête avec une expression de bonheur étrange :

— Pardon, mylord, dil-il, si je vous ai soumis à une petite épreuve; daignez m'écouter tranquillement, et vous ferez ensuite ce que vous jugerez à propos. Le comte Wanvick n'est pas loin d'ici : une maladie très grave l'a retenu jusi]u'i\ j)ré»ent dans Wallis; vous le savez sans doute, ses biens ont été confisqués, et maintenanl , pauvre, faible encore, sans aj)pui, sans

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asile, il a tout à craindre. Je lui ai conseillé de vous demander aide et proteclion , parce que toute l'Angleterre vous reconnaît pour un homme d'honneur. Cependant, pardonnez-le-moi, mylord, afin d'être plus sûr de vos dispositions à l'égard de votre cousin, j'ai cru prudent d'aiïir comme je viens de le faire. Et maintenant je vous implore pour lui ! Accueillez-le chez vous jusqu'à ce que les terribles dangers qui le menacent soient dissipés.

— Suis-je une vieille femme, dit Rivers toujours en colère, dois-je croire à des paroles que te suggère la peur de la mort? Crois-tu me tromper avec tes flatteries?

— Demandez à votre cousin lui-même, dit Henri avec calme; je crois l'avoir loyalement servi jusqu'à présent ; et vraiment, si vous eussiez accepté mes olfres, j'aurais mieux aimé me laisser arracher la langue que de trahir le comte en indiquant sa retraite; mais soyez son meilleur appui; permettez que je lui en donne l'assurance en votre nom.

\n LES EMAMS Ji'ÉOOL'AUI».

Rivers regarda Henri avec un œil scrutateur, après quoi il dit, : — Si tes paroles sont vraies, je ne puis accéder à ta demande.

' — Comment, vous refuseriez! Le comte Warwick poursuivi sera-t-il contraint d'implorer le secours du prince royal? Quels dangers pour lui et pour le prince lui-même ! Mais, j'y songe, je ne vous ai point dit jusqu'à présent que la maladie a tellement changé la figure du comte que personne ne pourrait le reconnaître; donnez-lui un autre nom, et il pourra vivre incognito auprès de votre personne.

Après cette conversation , le comte Rivers et quelques soldats, à la tète desquels se trouvait Henri qui leur servait de guide, se dirigèrent vers la cabane du charbonnier. Rivers, accompagné du seul Henri , entra dans cette humble retraite.

L'entrevue fut touchante et douloureuse; le comte Rivers lépandit des larmes d'attendrissement en revoyant Warwick, naguère si beau, si brillant, et maintenant méconnaissable.

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Edouai'd pleurait aussi avec auierluuie eu devinant la cause de l'émotion de son cousin.

Caché sous un travestissement, Warwick suivit Rivers qui récompensa largement les liabilants de la cabane. Le fidèle Henri avait aussi reçu de sa main généreuse une somme considérable.

Edouard, qui portait maintenant le nom de Robert Buclileig, monta sur le cheval qu'on lui avait amené. Alors Henri s'avança vers lui :

— Oublierez-vous tout à fait le pauvre Henri? dit-il avec émotion. Ne pourrai-je vous \oii- de temps en temps, ou au moins vous apercevoir- si je ne puis vous parler?

Edouard lui tendit la main.

— Tu seras toujours mon bon ange Raphaël, qui ne devra jamais négliger son Tobie. Vous permettrez, n'est-ce pas, mylord Rivers, que le bienfaiteur de Robert Buckleig puisse le voir à Lud low?

Rivers faisant signe à ses soldats pour qu'ils prissent les devants : — Je vous le permettrai, répondit-il à Warwick, mais à condition (lue Henri

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gardera le silence et ne parlera de tout ceci à personne, pas même à sa mère ; tous deux vous devez comprendre que vous partagez avec le comte Rivers un secret dont la révélation pourrait lui coûter la vie.

Et Rivers donna des éperons à son cheval ; Robert galoppa près de lui. Henri resta en arrière et suivit Edouard des yeux le plus longtemps qu'il put. Il portait sous son bras un petit paquet contenant les vieilles hardes de War\^ ick dont il n'avait pas voulu se dessaisir.

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