‹ Les enfants d'Édouard, ou, Le cinquième commandement de DieuChapitre 10 sur 31 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Sitrataarènie d'un ami.

Quelques jours jilus tard, une scène étrange se passait au palais de Ludio^^. Le comte Rivers écrivait à sa sœur la reine Elisabeth , lorsque la porte, s'entr'ouvrant doucement, lui laissa apercevoir la grotesque figure de Henri Bloom.

— Pardonnez-moi, mylord, dit-il en ouvinnt tout à fait la porte, il n'y avait, ici personne pour nTannoncer. Vous êtes connu dans toute l'Angleterre jxxir un soigneur bon et généreux, par

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conséquent vous voudrez sans doute excuser un pauvre garçon comme moi qui suis tout à fait étranger à l'étiquette de la cour. La souris s'af)proche sans peur du lion dont la seule vue épouvante la plupart des autres animaux.

— Que me veux-tu, nouvel Ésope? Parle, lui dit Rivers ; et il déposa sa plume dans son écri-

toire.

— Je serai court, mylord. Que me donnezvous si je livre entre vos mains le prince Edouard, comte deWa^^vick?

Muet d'étonnement, Rivers cherchait à lire suila vilaine figure du garçon qui lui parlait. Sombre et sourcilleux, il lui répondit :

— Je ne dois voir en toi ni un Ésope, ni une souris , mais bien un scorpion ; toutefois j'ai peine à croire qu'une créature telle que toi ait mis la main sur un War\yick, cela n'est pas possible. Comment ! toi , tu tiendrais le comte en ta puissance, tu pourrais me découvrir sa retraite?

— Certainement, mylord, je le puis, aujour-

J^JÜ LES EiNFANTS lyÉDOUAliD,

(.riiiii même si vous m'en donnez l'ordre; mais que voulez-vous me donner? C'est un excellent gibier que je veux vous offrir, et moi, je suis un pauvre, un bien pauvre garçon. Je sais qu'on a mis à un haut prix la tête du comte; je pouri'ais m'adresser à un autre, mais je ne sais pourquoi je préfère vous réserver l'honneur d'avoir l'ait prisonnier le fils du criminel Clarence. Que me donnerez-vous donc, mylord?

Rivers mit la main sur la garde de son épée (ju'il abandonna aussitôt; puis il dit d'un air tranquille, mais contraint :

— Garçon, n'est-ce pas le comte qui a sauvé ta mère il y a, quelques mois? — C'est vrai, mylord. — Et toi, misérable et ingrate créature... — Pardon, mylord, vous devez savoir que le roi Edouard, le duc de Glocester et leur frère Clarence étaient tous d'une môme mère, et cependant un des trois a été noyé par l'ordre des deux autres.

Le roiule dissimula mal l'impression pénible (pie Ncnaient de lui causer ces paroles; il en-

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Ir'üUMit Süll habit et courut a la leuètrc pour respirer plus à l'aise.

— -Votre exemple, messieurs mes beaux-frères, ilit-il avec amertume, conmience à fructifier chez vos sujets.

Alors il se tourna vers Henri : — Opprobre de la race humaine, dit-il d'une voix de tonnerre, sache donc que le comte Rivers ne saurait être le meurtrier d'enfants innocents, moins encore de ses proches; il n'a jamais failli à son honneur. Si tu veux avoir le prix du sang, va chez le duc de Glocester à qui tu ressembles si bien. C'est lui qui te donnera la récompense promise, ajouta-t-il en retombant péniblement sur son siège.

Loin que ces paroles véhémentes fissent impiession sur Henri, il devint de plus en plus calme, et un léger sourire rayonnait par intervalles sur sa mobile physionomie. Puis d'un air assez dégagé, il répondit :

— Eh bien, mylord, je suivrai votre conseil : je vais vendre mon gibier au duc de Glo-

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