‹ Les enfants de la fermeChapitre 15 sur 33 · LA VACHÈRE · texte numérisé non relu

LA VACHÈRE

Oa pourrait le questionner adroitement ; ce serait pas malin de voir s'il dit la vérité. Le mensonge, c'est comme l'écarlate, ça saute aux yeux.

Cette espérance reposa le cœur de la vieille femme qui s'endormit paisiblement.

Dès le lendemain, la servante confia ses soupçons à ses maîtres, et sans tarder davantage, le fermier alla trouver son voisin.

MAITRE JEAN

Eh! père Maurice, v'ià une jolie Bretonne ! Combien l'avez vous payée ?

MAURICE

Pas cher. La voulez-vous?

MAITRE JEAN

Oui-dà 1 moi je crois qu'elle ne vous a coûté rien du tout.

MAURICE en colère.

Ce ne serait pas une raison pour qu'elle ne m'appartienne pas. Entendez-vous !

MAITRE JEAN

J'entends parfaitement ; il n'y a point de sourds dans ma famille. Mais, vous, mon voisin, écoutezmoi. Des fermiers de Trélazé ont perdu une vache, on est venu la chercher jusqu'ici, et il faut, s'il vous plaît, me dire si vous avez acheté cette vache ou si vous l'avez trouvée.

MAURICE

Me prenez-vous pour un voleur? Eh bien! oui, je l'ai trouvée, et elle m'appartiendra tant que ses maîtres ne me prouveront pas qu'elle est à eux.

MAITRE JEAN

Us vous le prouveront.

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