‹ Les enfants du capitaine Grant [microforme]Chapitre 17 sur 37 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LES MÊMES, MULRAY.

MULRAY (entrant par le fond).—Capitaine | WILSON. — Qu’y at il?

| Muzray.—Un navire est en vue, marchant à contre-bord de nous! | WiLsON.—Quel est ce navire ?

| Murray.—Le ‘ Saint-Laurent,” un transatlan- |tique qui fait route vers la France.

PAGANEL.—Milord, c’est un coup du ciel! Vous allez me faire transborder !

GLENARVAN.—Comme il vous plaira, monsieur.

ARCHIBALD (& Bob.)—Et ce n'est pas moi qui regretterai ce géographe !

Bo8 (à part.) - Il m’allait assez !...

WiLsON (à Muiray.)-Faites au paquebot le signal que nous désirons communiquer avec lui. MuLrav.—Bien, capitaine.

PAGANEL.— En même temps, mon ami, faites monter sur le pont mes malles qui sont déposées dans cette cabine. (7 indique le No. 4 où sont déposées les malles d'Archibald; Muiray sort et des matelots viennent endever les madlles, pendant que la onversation continue.) . MuLRAyY.—Oui, monsieur.

PAGANEL (à Glenarvan.)—Bon ! je suis sauvé !.. filord, avant tout, permettez-moi de vous dire

Le

que c’est noblement agir, que d’aller ainsi à la recherche de pauvres naufragés. C'est grand, c’est généreux, c'est... Mais puis-je savoir comment vous avez été amenés à voler au secours de ces. malheureux ?

GLENARVAN.—Par la rencontre que nous avons faite en mer d’un document.

PAGANEL.—Un document... mais c’est yn envoi de la Providence !

GLENARVAN.-—C'est ainsi que nous l’avons compris.

PAGANEL.—Et pourrai-je voir ce document ?

Cela m'intéresse au plus haut point.

GLENARVAN.—Rien n’est plus facile. (Z7 remet le document à Paganel.)

PAGANEL. —Ah ! cette notice est en bien mauvais état ! La mer ne l’a guère respectée ?

ROBERT. —Mais oui monsieur |... , On peut très: bien lire encore |...

PAGANEL.— En effet, 1l reste quelques mots.

(Lisant.) ‘“ Capitaine Grant et son fils... Bal... ‘ Austral.,.. Britannia.., par 37° latitude. , et “ longitude... gonte.,, secours... 1l sont per- “ dus !.,.” 37° latitude... la longitude manque malheureusement !.. mais... alors où allez-vous diriger vos recherches !

GLENARVAN.—Précisément sur ce 37° parallèle sud...

PAGANEL.—Bien... très bien... mais jy pense... attendez donc... oui. .. oui... Ah! mes amis... nies enfants... 1l y a là un fragment de mots qui éclaire le document toit entier!

GLENARVAN.—Lequel?..,

ROBERT.—Parlez,... parlez, monsieur !

ALFRÉD.—Monsieur, il s’agit de notre père !

ARCHIBALD.—Mais parlez donc à la fin !..…

ser ŒE su

PAGANEL.— Oui, il n’y a pas le moindre doute £ G, 0, go... n, 1, e.. nie, gonie.. Le “* Duncan ” n'aura pas la peine de suivre tout le 37€ parallèle !.… gonie !.… Il est évident que le “ Britannia ” s’est perdu sur la côte patagonienne !,., gonie | c’est pata qui manque! c’est en Patagonie qu’il faut chercher les naufragés.

GLENARVAN.—Oui.., oui... c’est vrai!,,, c’est on ne peut plus clair! En Patagonie! Et nous n'avions pas compris |. Ah! monsieur votre ren-

| contre à bord du “ Dunean ” est vraiment providen-

tielle.

PAGANER.—Et ce document est tellement explieite que jirais les retrouver tout seul les yeux fermés !..,

Wizson — Cependant si le capitaine Grant perdu son bâtiment sur les côtes de la Patagonie,

| comment n’a t-il pu se rapatrier encore, en gagnant.

Buenos-Ayres où Montévidéo?

PAGANEL, — Et s’il a été fait prisonnier par les indigènes, monsieur ? s'il & été emmené dans l’intérieur des terres comme cela est arrivé à l’un demes compatriotes, qui est resté trente-deux ans

| aux mains des Patagons! Oui, le naufrage a eu

lieu sur la côte située à l’est de la Patagonie ! Emmenés captifs, les naufragés ont franchi les

| Cordillières, ils ont gravi le col d’Antuco, et sont

redescendus dans les Pampas, pour s'arrêter enfin au pied des eontre-forts que b‘uignent les grands fleuves... C’est là, là qu'ils sont, c’est là qu'ils nous

| attendent, qu’ils nous appellent !.. Je les entends,

je les vois ! Espérance, amis, espérance, nous volons auprès de vous ! Nous volons auprès de.

ALFRED.—Ah! monsieur...

PAGANEL. — J'étais déjà en Patagonie! Courage, mes enfants, courage ! vous les reverrez !

sn D

RoBErRT.—Mais s'ils ont été, comme vous le dites, emmenés dans l’intérieur des terres, com: ment auraient-ils jeté cette bouteille à la mer?

PAGANEL.- Comment? Rien de plus simple, mon ami! Le capitaine Grant n’a-t-il pu jeter cette bouteille dans un fleuve, et ce fleuve la conduirz à l'Océan ?

ALFRED.-C'est vrai, monsieur.

GLENARVAN —Décidément, M. Paganela raison, Il n’y a plus d’objection possible.

MuLray (entrant.) - Nous sommes en communication avec le ‘“ Saint-Laurent.”

PAGanEL.—RBien ! Faites embarquer mes malles,

ROBERT.—Comment... voulez-vous encore par:

tir. nous quitter ?

Pacanez.- Certes. s

ROBERT.—Allons donc !.,, Est-ce que vous le pouvez P

PAGANEL —Si je le peux...

ALFRED. Mon frère à raison, monsieur, Vous avez affirmé que vous iriez au lieu du naufrage. les yeux fermés ! Par pitié, ne nous quittez pas, monsieur!

PAGANEL.— Oh ! certainement... je voudrais. . mais c’est impo.,

ROBERT (vivement.)—]Je vous en prie, monsieur, je vous en conjure !.. {Saisissant Paganel par son habit.) D'ailleurs, je ne vous laisserai pas vous en aller |

PAGANEL Comment ! comment, jeune homme !..,

ROBERT —Non, monsieur, non ! non! je m'attache à vous!

PAGANEL. — Et ma mission, mes enfants, ma mission |

ROBERT.—Vous êtes un honnête nomme, mon-

D 6 LT us

sieur, et votre première mission est de secourir des malheureux... qui se meurent peut-être !.…

PAGANEL (à Glenarvan). —-C'est assez vrai ce qu'il dit là...

GLENARVAN. — Oui, certes, et d'ailleurs le Bramapoutre peut attendre |

ROBERT.-—Il attendra, monsieur.

PAGANEL (késttant).—T] est eertain qu’il ne s’er ira pas... le Bramapoutre !.….,

GLENARVAN.—Considérez aussi que dans cette œuvre, vous aurez le droit d'associer le nom de la: France à celui de l’Angleterre, et quoi de plus eau que de mettre la science au service de l’huanité | ARCHIBALD (ému).—Ah! voilà.qui est bien dit.

à ce point que moi qui ne me soucie guère de votre société... eh bien, je vous demande de ester, monsieur le géographe.

PAGANEL.— Certamement, Milord, ume invita tion si gracieusement formulée !..… GLENARVAN.— Croyez moi, monsieur, laissez:

aire la Providence. Elle nous a envoyé ce docuent... et nous sommes partis !... Elle vous ette à bord du.“ Dunean”’... ne le quittez plus.

Tous.—Oui, monsieur, oui !.….

PAGANEL.— Eh bien ?...

MuLrayY (criant à travers la daire-voie). — Le ‘Saint-Laurent ” va continuer sa route.

PAGANEL.—Eh bien, que le “ Saint-Laurent ” arte*seuf |

Tous. - Ah ! vous restez !

PAGANEL.—-Je reste, et je vous réponds que nous ons mener les choses rondement. (Coups de iffets qui indique le départ du “ Saint-Laurent”.) ALFRED,—Ah! monsieur, recevez tous les reerciements des naufragés !..…

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