SCÈNE UNIQUE
GLENERVAN, ALFRED, ARCHIBALD, PAGANEL, WI£- SON, T'HALCAVE, puis BoB ef MULRAY amenant AYRTON, MATELOTS.
GLENARVAN (éfendant le bras vers la droite).
Regardez, regardez, Alfred ! Le voilà, notre chère “Duncan”, que nous avons cru perdu pour nous! ;
ALFRED.—Oui, Dieu soit loué |...
GLENARVAN (à Wilson). — Et ce misérable, qu’en avez-vous fait.P.…
Wicson.—-Le voilà, on l'amène !..
GLENARVAN(à Ayrton).—Approchez, répondez et ne tremblez pas.
AYRTON.-—Pourquoi tremblerais:ie ?... Qui donc oserait porter la main sur -moi et attenter à ma vie ?.. Je sais où est le‘capitaine Grant |
Tous —Ah |
GLENARVAN.—Eh bien, parlez, et nous, qui sommes les arbitres de votre sort, nous-qui avons le droit de vous-faire expier ‘vos ‘crimes, peut être pourrons-nous vous accorder votre grâce et vous rendre la liberté !
AYRTON.—Grand-merci milord'1 Maispour dis- -cuter des conventions ou un -marché, il -cconvient ‘de savoir qui, de vous-ou de moi, est au pouvoir de l’autre.
GLENARVAN.—Que prétendez-vous.?
AYRTON.—Je dis que plusieurs de ceux qui combattaient contre vous tout à l'heure ont échappé à ‘vos coups. Je dis qu’ils reviendront-bientôt accompagnés de cent autres, et que vous serez contraints de les attendre, sans que votre navire puisse vous emporter loin de cette côte !.
-GLENARVAN. — Qui Fen empêchera-?
AYRTON.—Qui? Interrogez votre capitaine ! Il vous répondra que l’ordre qu'il a reçu de vous de partir sans perdre une minute ne lui a pas permis de s’approvisionner, et que vous ‘n'avez plus de “charbon dans les -soutes !.. Les vents sont contraires pour sortir de la baie, et, je vous le dis “encore, ce n’est :plus moi qui suis vôtre prisonnier ! C'est vous, vous tous qui êtes réellement les miens !….
GLENARVAN.—Enchaînés ici! Serait-il vrai, Wilson ?
WiLsON (#ristement).—Cela est vrai, milord.
PAGANEL (regardant au fondi. -— Attendez donc !... Nous ne sommes peut-être pas autant qu'il le pense les prisonniers de cet homme !
GLENARVAN.— Expliquez vous ! parlez !..
Tous. — Parlez.
PAGANEL.—/J'aperçois là bas une embarcation…
Tous.—Une embarcation ?.…..
PAGANEL— Une embarcation qui, sans doute, appartient a quelque navire qui doit être en vue.
WiLsoN.—Mais non, vous vous trompez.
PAGanN er.—Comment. Ps
Wizson.—C est une baleine qui se dirige de ce côté.
GLENARVAN. — Une baleine !.…
PAGANEL. Eh bien, mais à défaut de charbon, c'est de l'huile, c'est du combustible
GLENARVAN( avec force). Oui, vous avez raison ! L'huile et la chair de cette baleine suffiraient pour alimenter nos chaudières et nous faire sortir de la baie !
Bo. —Et nous ne serions plus vos prisonniers, monsieur Ayrton !
GLENARVAN.—Consentez-vous à parler P
AYRTON.— Non ! Que je me courbe devant vous ! moi ! jamais ! jamais !..
Les MATELOTS (/ menaçant). A mort ! à mort!
AYRTON.—Frappez, si vous l'osez. Je sais où est le capitaine Grant !
GLENARVAN.—Qu'on l’emmène !... La justice anglaise décidera de son’ sort? Aïllez... Et maintenant, mes amis, à la baleine !
Fous.—A la baleine !.…
PAGANEL.—Eh bien, je ne suis pas fâché de voir
ie LPC
“une pêche à la baleine (Paganel, Muiray et Robert s'arment de karpons.) Tenez, elle vient de disparaître à la pointe de l’île !.. Ah ! la voilà ! une magnifique baleine !
Tous.— Elle revient !
PAGANEL.—ÆEn avant, Mulray, ferme, ferme!
Attention !
Wizson.—Elle ne nous voit pas |!
PAGANEL — Heureusement ! Comment, ‘eux loup de mer, vous ignorez que-c’est le moment le plus propice. (77 lance son harpon.)
Tous.—Hurrah !
Bo8.—Elle à plongé !
PAGAnEL.—Elle revient à la surface. Tenez...
elle flotte |... Un seui coup de harpon a suffi. (77 prend sa lunette.) Mais non ! Elle porte un second harpon au flanc... Attendez ! Il y a quel- . que chose d'écrit dessus. Qu'ai-je lu ? Capitaine Grant ! Année 1877.
Rogerr.—C'est tout récent.
PAGanEL.:Capitaine Grant ! Ilot Balker |...
Bal... bal... Balker !.…
Tous. -- Ilot Balker ?.…..
PAGANEL.— Un îlot situé à moins de deux cents milles d'ici !
RoBErT.—Mon frère ! mon père !
ALFRED et MuLRAY.—Retrouvés ! retrouvés !
PAGANEL.—Un singulier homme que votre’ père qui met ses lettres à la poste dans le ventre d’un requin, et qui envoie sa carte de visite dans le flanc d’une baleine. /
Murray. — Robert, avant trois jours nous serons à îlot Balker.
Tous.—Hurrah ! hurrah ! hurrah !
LA TOILE TOMBE