SCÈNE IL
AYRTON, BURCK, FoRSTER, Dick, MATELOTS.
ler MATELOT.—Attendre six mois ici |
2e MATELOT.—Hiverner au milieu des glaces !
Forster.—Crever de faim !.…
2e MATELOT.—Et de froid |
Dick.—Jamais, camarades!
Tous.—Jamais |
AYRTON.—Eh ! n’avez-vous pas entendu ce que vous a dit Harry Grant? votre chef aujourd’hui comme hier, ici comme là ! Vous obéirez ?
Tous.—Non, non | |
Dick.—Quand un capitaine est fou, on le démonte de son commandement |
Burck.—Ou on le tue sans pitié ni miséricorde |
ForSTER.—I]l a raison ! Notre capitaine, ce sera toi, Ayrton ! Vive le capitaine Ayrton !
Tous.—Oui, oui, vive Ayrton |
AYRTON.—Camarades, ruse garde à ce que vous faites ! Vous me suivrez ?..
Es E vue
FoRSTER.— Partout où tu voudras nous: metier, AYRTON.—Vous m'obéirez ?.… Dicx.—Jusqu’à la mort! Hurrah!
AYRTON. — Amis, il nous faut un bâtiment, nom plus pour aller nous perdre dans les glaces du pôle, mais pour gagner les terres du Pacifique.: y Nous avons la chaloupe du “ Britannia”. C'est une solide embarcation, bien pontée, bien grééeg :"#” et elle saura nous porter aux terres les plus pros chaines.
ForsTER.—A la Nouvelle-Zélande ?.… ne AyrTON.—Non, en Australie ! C'est là queides "" gars de courage, décidés à tout, peuvent trouver. 8 la vie indépendante, le bien-être sans peine, Iæ* # richesse sar:s travail ! Là, si nous voulons nous : emparer d’un navire, ce sera chose facile... à læ condition de m’obéir.
Tous.—-En Australie !
Dick.—Mais la chaloupe ne peut contenir que dix hommes au plus... et nous sommes treize ! AYRTON.—La chaloupe ne portera que ce qu'elle peut porter | Tous.—Comment cela ?
AYRTON.—Harry Grant et son fils resteront !
Le froid et la faim les auront bientôt tués.
Tous.—-Oui ! oui!
Dick.—Embarquons-nous donc, et qu’il ne nous trouve pas à son retour !
AYRTON.—Embarquons d’abord les provisions qui ont été sauvées. C’est peut-être tout ce que pourra fournir le ‘“ Britannia”. Elles nous suffi- . ront pour une traversée qui ne doit pas dépasser trois semaines. Et maintenant, capitaine Grant, à nous deux ! (Zes matelots commencent à exécuter les ordres d'Ayrton. Le baril de biscuit est roulé :
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vers la chaloupe qui a été amenée à la pointe de l'ilot. Le quartaut d'eau-de-vie est encore en scène.}
ler MATELOT.—Eh ! capitaine Ayrton, il fait diablement soif par ici!
Tous.—Oh ! oui, capitaine !
AYRTON — Harry Grant vous a défendu de boire, eh bien, buvez, camarades, buvez! (1/5 se mettent à vider dans des gobelcts l'eau-de-vie du quartaut. Burck emplit une bouteille.) ‘
Tous.—A boire, à boire!
BURCK.—A moi, de l’eau-de-vie, à moi !... Puisque je ne peux pas me venger tout de suite, il faut que j'endorme ma colère ! (7 boit.)
AYRTON.—Elle ne s'en réveillera que plus terrible, n’est-ce pas, Burck ?
BuRCK.—Il a fait couler mon sang! Je ferai couler le sien jusqu’à la dernière goutte. (17 boit.} FOoRSTER —A la santé du nouveau capitaine |
TFous.—A la santé d’Ayrton !
BurCK (/a bouteille à la main et buvant toujours).—A l’éternelle damnation de Grant... et à sa mort ! (17 boit et chancelle.) A sa...