CHAPITRE XIII Les comtesses d'Issoudun et de Vierzon
Tous les auteurs qui ont raconté les douloureux épisodes de la longue agonie du duc de Berry s'accordent à dire que c'est en voyant agenouillées au pied du lit de leur père mourant les deux jeunes filles qu'on venait de lui présenter, que Louis XVIII leur conféra le titre de comtesse de Vierzon et de comtesse dlssoudun. Quelque connue que soit la solide instruction de Louis XVIII, quelque unanimes que soient les témoignages contemporains, il est bien difficile d'ajouter une foi complète à une pareille présence d'esprit dans un semblable moment. L'idée de donner aux deux orphelines le nom des deux villes principales de la province du Berry, pour rappeler indirectement leur origine, est assurément fort ingénieuse, mais il est peu probable qu'elle soit venue à Louis XVIII près du lit sanglant où se mourait leur malheureux père.
Kl il est vraisemblable que les biographes ont confondu la promesse faite sur-le-champ par le Roi de les anoblir, et le litre lui-même, qui leur fut ■octroyé quelques jours plus tard. C'est un détail, du reste, de peu d'importance, et, en tous cas, ce ne fut que près de trois mois plus tard que les lettres patentes de naturalité et de concession de titres furent expédiées aux deux intéressées. Voici Je texte de ces actes :
Lettres patentes de naturalité en faveur de Charlotte-Marie-Augustine .
« Louis, par la grâce de Dieu, roi de France •et de Navarre, à tous présents et à venir, salut.
« Sur ce qu'il nous a été représenté que Charlotte-Marie-Augustine, née à Londres, le 13 juillet 1808, de Charles-Ferdinand et d'Amy Brown, se trouvait dans la nécessité de fixer, à l'avenir, son domicile en France, devenue sa seule et unique patrie; que, bien que son âge ne permît pas encore la manifestation de sa volonté, des cir- ■constances à nous connues rendaient indispensable sa naturalisation en France. A ces causes, voulant traiter favorablement notre très chère et féale Charlotte-Marie-Augustine, sur le rapport ^de notre garde des Sceaux, ministre secrétaire
<ri*]lal au (lépurlcment de la Justice, De notre glace spéciale, pleine puissance et autorité royale, Nous avons dit et déclaré, voulons et nous plaît qu'elle soit admise, comme nous l'admettons par ces présentes, signées de notre main, à jouir des franchises, privilèges, droits civils et politiques <lont jouissent nos vrais et originaires sujets; défendons, sous quelque prétexte que ce puisse ■être, de la troubler dans la jouissance d'iceux, tant qu'elle restera dans notre royaume; Mandons et ordonnons à nos cours, tribunaux, préfets, corps administratifs et autres, que ces présentes ils gardent et maintiennent, fassent garder, observer et maintenir, et pour les rendre plus notoires à tous nos sujets, les fassent publier et enregistrer toutes les fois qu'ils en seront requis; Voulons que copie des présentes soit et demeure annexée aux Lettres patentes scellées de notre grand Sceau, qui pourraient être expédiées à notre très chère €t féale Gharlotte-Marie-Augustine, si nous jugeons à propos de lui accorder un titre. Car tel est notre bon plaisir, et, afin que ce soit chose ferme •et stable à toujours, nous y avons fait mettre notre scel. Donné à Paris, le neuvième jour du mois de juin de l'an de grâce mil huit cent vingt et de notre règne le vingt-cinquième.
« Signé : Louis.
(( IMus bas :
(V Par le Roi : le Garde des Sceaux, ministre secrétaire d'Etat au département do la Justice, « Signe : II. de Sehre(I). »
La bénéficiaire de ces lettres de naturalité n'était donc pas Française jusqu'à ce moment, quoique déclarée comme fille de Charles-Ferdinand.
Lettres patentes de concession de titre et d armoiries à Charlotte-Marie- Augustine , comtesse d'Issoudun.
'( Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, à tous ceux que ces présentes verront, salut.
« Sur ce qu'il nous a été présenté de la position particulière de notre chère et féale Gharlotte- Marie-Augusline, née à Londres le 13 juillet 1808, de Charles-Ferdinand et d'Amy Brown; voulant lui donner une preuve de notre bienveillance, nous l'avons autorisée et, par ces présentes signées de notre main, nous l'autorisons à prendre le titre de comtesse d'Issoudun, et les armes désignées et coloriées aux présentes, telles qu'elles se comportent, savoir : d'azur à un pairie d'or, alaise\
(1) Ch. Nauroy, Les Secrets des Bourbons, p. 26.
LES ENFANTS DU DIJi; I)K HKHRY. 121
accompagné de trois fleurs dr lijs de même, au chef engrélé d'or, chargé de trois fleurs de lys d'azur. Voulons, entendons que notre très chôre et féale Charlotte-Marie-Augustine puisse porter et signer ledit titre de comtesse d'Issoudun en tous actes, tant en jugement que dehors. Si chargeons notre garde des Sceaux, ministre secrétaire d'Etat au département de la Justice, et pour lui le maître des requêtes, notre commissaire au Sceau de France, qu'il fasse registrer ces présentes au registre du Sceau, et du contenu en icelles fasse jouir et user pleinement et paisiblement la sus-dénommée. Car tel est notre bon plaisir. Donné à Paris, le dixième jour du mois de juin de l'an de grâce 1820 et de notre règne le vingt-cinquième.
« Signé : Louis.
« Plus bas :
« Par le Roi, le Sous-Secrétaire d'Etat au département de la Justice, chargé du portefeuille de ce ministère,
« Signé : Comte Portalis. »
Ces actes portent « Charles- Ferdinand », sans nom de famille, et la mère n'est pas qualifiée « épouse ». Quant aux armoiries, qu'on a prétendu à tort être celles de France, avec brisure, ce sont d'autres armes, quoique rappelant, il est vrai, celles de France. La pièce principale est un pairie d'or
122 i;i-:s enfants du duc dic meiihy.
qui osl hion accompagné de trois fleurs de lys d'or, mais posées dans un ordre inverse de celui du blason royal, une et deux, au lieu de deux el une. Ce sont des nuances trc>s sensibles auxquelles aucun héraldiste ne se trompera. Enfin, et pour tout dire, ce sont les arinoiries de la ville dlssoudun (1), qui auraient aussi bien pu ne pas rappeler celles de la Maison de France. Les lettres patentes de naturalité et de concession de titre relatives à Louise-Marie-Charlotte, comtesse de Vierzon.sont conçues dans les mêmes termes. La seule différence est dans la concession des armoiries qui sont celles de la ville de Vierzon : « d'azur à la tour d'argent, chancelante à dextre ». Le chef est le même pour les deux sœurs.
La duchesse de Berry tint la parole qu'elle avait donnée à son mari mourant et veilla sur les petites orphelines.
A certains jours, elle se les faisait amener, les gardait auprès d'elle pendant plusieurs heures, les conviant à assister à ses leçons de dessin et de musique, et s'en occupait avec le plus vif intérêt. Souvent même, elles partageaient les jeux du duc de Bordeaux et de Mademoiselle, malgré la différence
(1) H. Traversier, Mémorial national des villes de France. Paris, Challamel, 1843, in-folio (4e série, pi. 4 et p. 18).
LES KNFANTS DU DL'C DE FJiaUtV. 123
(le leur âge, et les accompagnaient à bagatelle avec la duchesse de Gontaut. Lorsque des réunions enfantines avaient lieu aux Tuileries, toujours elles étaient au nombre des invitées que la jeune Mademoiselle savait déjà accueillir avec grâce et gentillesse.
En 1821, la duchesse de Berry notait dans son journal intime, le 1" janvier, les gentils présents que, pour lui souhaiter la bonne année, apportaient ses deux petites, comme elle aimait à les appeler familièrement. « Charlotte m'a donné une bourse en filet, et Loulou un tabouret en tapisserie. Les deux ouvrages sont faits par elles. » Le jour du baptême du duc de Bordeaux, elle les envoyait au Louvre pour voir passer le cortège, et le soir, au spectacle, elle leur faisait réserver une loge de seconde pour y entendre Blanche de Provence et L'Heureuse Rencontre.
C'est sans doute en souvenir de ces heureux moments que plus tard, à Brunnsée, la princesse conservait une aquarelle de Garnerey, représentant les deux fillettes assises à Bagatelle, au milieu d'un bosquet de roses. La famille de Charette doit en avoir une copie. Il existait aussi un portrait de Charlotte, en miniature, que possédait la princesse de Lucinge et que ses enfants n'ont pu que garder pieusement. Toutes deux étaient char-
mantes : Charlotte ressemblait à sa mère, elle 6tait mince el av;iil les traits réguliers, avec beaucoup de vivacité d'esprit; Louise, au contraire, ressemblait au duc de Berry par la carrure, elle devint très forte.
La famille royale, au reste, continuait à s'intéresser à leur sort, et le 1" janvier de chaque année toutes deux étaient amenées aux Tuileries, où la duchesse de Berry les menait elle-même présenter leurs vœux à Monsieur. Quand les comtesses d'Issoudun et de Vierzon furent en âge d'être mariées, ce fut la duchesse de Berry qui choisit pour elles des époux dignes du sang de France qui coulait dans leurs veines. La comtesse d'Issoudun épousa, le 30 septembre 1823, Ferdinand, comte et plus tard prince de Faucigny- Lucinge, officier supérieur des gardes du corps de S. A. R. Monsieur^ frère du Roi ; la comtesse de Yierzon fut mariée, le 16 juin 1827, à Athanase, baron de Gharette de la Contrie, pair de France, chef d'escadron aux chasseurs à cheval de la garde royale.
Toutes deux furent richement dotées. Charlotte- Marie-Augustine, comtesse d'Issoudun, reçut :
1° La propriété de la maison sise rue Neuvedes-Mathurins, 14;
2° Une rente sur l'Etat de 17,512 francs;
3" Une autre renie sur l'Etal de 4,000 francs ;
4" Une autre rente sur l'Etal de 13,000 francs;
5" 50,000 francs en diamants ou bijoux, dont décharge fut donnée à M. le comte de Nantouillot, premier gentilhomme de la chambre du duc de Bordeaux.
Louise-Marie-Gharlotte, comtesse de Yierzon, recrut :
1° Une rente sur l'Etat de 35,798 francs;
2° Une autre rente sur l'Etat de 4,000 francs;
3" Une autre rente sur l'Etat de 30,297 francs;
4° 50,000 francs en diamants et bijoux (1).
A ces généreuses donations s'ajoutait un trousseau d'une richesse et d'une élégance excessives. Les robes, les objets de lingerie brodés aux armes, furent exposés chez les grands fournisseurs de l'époque, oij Ton se rendit en foule pour en admirer les splendeurs. On ne fut pas pourtant sans critiquer cette exposition de trousseau, qui n'avait eu lieu jusque-là que pour les mariages célébrés entre des princes et des princesses de la famille royale.
C'était, si je ne me trompe, la duchesse de Berry
(1) Abbé Henri Dupuy, Etude historique : Le comte de Chambord devant L'histoire et devant la vérité, p. 50 (d'après les contrats de mariage passés, l'uu devant M" Chevrier, notaire à Paris, les 27 et 28 septembre 1823, l'autre devant M^ Desperriers, successeur de M*' Chevrier, le 16 juin 1827).
qui avait voulu prendre à sa charge cette dernière dépense. On trouve du reste, dans les comptes du marquis de Sassenay, secrétaire des commandements de la princesse, la nomenclature des frais qu'elle faisait chaque année pour leur entretien depuis la mort du duc de Berry.
Voici l'acte de mariage de la comtesse d'Issoudun :
Préfecture du département de la Seine.
Extrait des minutes des actes de mariages reconstitués en vertu de la loi du /5 février 187^. (1" arrondissement de Paris. Année 1823.)
« Du trente septembre mil huit cent vingt-trois, à huit heures du soir.
« Acte de mariage de M. Ferdinand, comte de Faucigny-Lucinge^ officier supérieur des gardes du corps de Son Altesse Royale Monsieur, frère du Roi, né à Versailles (Seine-et-Oise), le huit septembre mil sept cent quatre-vingt-neuf, demeurant chez Madame sa mère, rue du Bac^ 27, dixième arrondissement, fils majeur de feu M. Gharles-Amédée, comte de Faucigny-Lucinge, officier supérieur, et de M""* Judith-Pauline-Esprit- Zoé-Bernard de Sassenay, sa veuve, présente et consentante; et de M"*Charlotte-Marie-Augustine,
comtesse d'Issoudiin, née Ji Londres (Angleterre), le treize juillet mil huit cent huit, demeurant chez Madame sa mère, rue Neuve-des-Mathurins, 14, de cet arrondissement, fille mineure de feu M. Charles-Ferdinand et de M"" Amy Brown, présente et consentante. Les actes préliminaires sont : la publication du présent mariage, faite en celte mairie et en celle du dixième arrondissement de Paris, le dimanche vingt-un septembre courant, à midi, y affichée, suivant la loi, sans opposition, la dispense de seconde publication auxdiles mairies, accordée par M. le procureur du Roi, par le tribunal civil de première instance de la Seine, les actes de naissance des époux, ampliation de l'ordonnance du Roi en date du dix juin mil huit cent vingt, qui confère les titre et qualité de comtesse d'Issoudun à Mademoiselle la future épouse, l'acte de décès du père de l'époux, l'autorisation accordée audit époux à l'effet du présent mariage par Son Excellence le ministre de la Guerre, de toutes lesquelles pièces paraphées aux termes de la loi, et qui demeureront annexées à nos registres^ il a été fait lecture, ainsi que du chapitre du Gode civil des Français, concernant les droits et devoirs respectifs des époux. La mère de l'époux a déclaré que les prénoms et noms de feu Monsieur son mari sont Gharles-Amédée de Faucigny-Lucinge,
hiS Li:S ENFANTS DU DUC DE MEllUV.
ol que c'est par erreur s'il a été dénommé Louis- Charles- Amédée Lucinge-Colligny-Faucigny en l'acte de son décès; que c'est également par erreur que Monsieur son fils, futur époux, a été dénommé Ferdinand-Victoire-Amédéc, comte de Faucigny- Lucinge-CoUigny, en l'autorisation ci-dessus relatée de Son Excellence le ministre de la Guerre, au lieu de l'être ainsi : Ferdinand, comte de Faucigny-Lucinge, ses vrais noms et prénoms, ce que les témoins ci-après nommés, qui ont dit le bien connaître, ont affirmé véritable. La mère de réponse a attesté le décès du père de ladite épouse et lesdits témoins ont aussi certifié ce fait véritable. Lesdits époux présents ont déclaré prendre en mariage : l'un, M'^* Charlotte-Marie-Augustine, comtesse d'Issoudun; l'autre, M. Ferdinand^ comte <ie Faucigny-Lucinge. En présence de MM. Claude- Henri- Etienne Bernard, marquis de Sassenay, lieutenant-colonel, chevalier de Saint-Louis et de la Légion d'honneur, secrétaire des commandements de Son Altesse Royale M""" la duchesse de Berry, âgé de soixante-deux ans, demeurant au palais de l'Elysée; Louis-Gaspard, vicomte de Seyturier, officier de cavalerie en retraite, chevalier de Saint-Louis, âgé de soixante-huit ans, demeurant rue de Verneuil, 21, témoins de l'époux; 3IM. Alexandre-Marie-Louis-Charles Lallemant,
LES ENFANTS OU DUC DE HKItliV. 129
comte de Nanloiiillet, lieulcnanl-grnéral des armées du l{oi, grand-croix de l'ordre royal de la Légion d'honneur, premier gentilhomme de la chambre de Son Altesse Royale Mgr le duc de Bordeaux, âgé de soixante-quatre ans, demeurant au palais de l'Elysée; Louis-Charles-Bonaventure- Pierre, comte de Mesnard^ maréchal de camp, commandeur dos ordres royaux de Saint-Louis et de la Légion d'honneur, écuyer de Son Altesse Royale M""' la duchesse de Berry, âgé de cinquantequatre ans, demeurant au palais de l'Elysée, témoins de l'épouse. Après quoi, nous, Frédéric- Pierre, baron Lecordier, officier de la Légion d'honneur, chevalier de l'ordre de Saint-Michel, maire du premier arrondissement de Paris, faisant les fonctions d'officier de l'état civil, avons prononcé, au nom de la loi, que les deux époux sont unis en mariage. Et ont les époux, leurs mères et les témoins signé avec nous après lecture faite. — Signé : le comte de Faucigny, la comtesse d'Issou- DUN, Amy Brown, le comte Gaspard de Faucigny- LuciNGE, le comte de Mesnard, Bernard, marquis DE Sassenay, le vicomte de Seyturier, le comte de Nantouillet et le baron Lecordier. »
Il est à remarquer que l'on n'a pas exigé à la mairie l'acte de décès du père de l'épouse, indispensable à la célébration du mariage; on s'est con-
lonlr do rallostalion ilc la iiiri'c do l'épouso que les témoins ont ceililiée véritable. Celle mère de l'épouse n'esl pas dile « femme du père de l'épouse », à ce momenl où, pourtanl, cette qualification, si elle avait été vraie, aurait dû trouver sa place. La comtesse d'Issoudun est /?//<? mineure, sans indication de légitimité, de Charles- Ferdinand, sans nom de famille, et de M""' Amy Brown, sans indication de mariage entre les parents.
L'illégitimité a toujours été tellement avérée que l'auteur de la Généalogie de la Maison de Faucigny- Lucinge (2'' édit., 1827), au lieu de reproduire l'expression fille inineure, qui ne la démontre que par prétérition, employait celle de fille reconnue^ qui l'affirme (1). Et celui qui écrivait ce mot n'était pourtant pas un indifférent ; c'était, nous dit M. Nauroy, le propre gendre d'Amy Brown (2), le mari de la comtesse d'Issoudun, dont il connaissait ainsi lui-même la naissance irrégulière.
Voici, maintenant, comment est libellé le contrat de mariage de la comtesse de Vierzon avec le baron de Charette de la Contrie :
(1) Généalogie de la Maison de Faucigny-Lucinge, 2e édit. Paris, impr. de Cosson (s. d.), [1827]. in-4o, p. 86.
(2) Ch. Nauroy, Les Secrets des Bourbons, p. 40.
LES ENFANTS DU UVC DR IlKRKV. i'W
Extrait des arckivcs du cluUcau de. la Contric (1). NMO.
« Par-devant M" Et.-Prospcr Vavasseur-Desperrièrcs, et W Georges Champion, notaires royaux, résidant à Paris, soussignés, « Furent présents :
« Sa Seigneurie Charlos-Alhanase-Marie, baron de Gharette de la Contrie, pair de France, chef d'escadron aux chasseurs de la garde royale, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, de l'ordre royal de la Légion d'honneur, de l'ordre de Malte et de celui de Hohenlohe, demeurant à PariS;, rue de Bourgogne, n" 40, fils majeur de feu M. Urbain-Louis Gharette de la Gontrie, colonel dans les armées royales de la Vendée, et de M"* Marie-Anne Loaisel, son épouse, aujourd'hui sa veuve;
« Stipulant pour lui et en son nom, d'une part ;
« M""' Amy Brown, majeure, demeurant à Paris, rue Neuve-des-Malhurins, 14 ;
« Stipulant au nom et comme mère et tutrice
(1) Comte Alexandre de Monti de Rézé, Documents généalogiques pour la Maison de Gharette. Nantes, E. Grimand, 1891, grand in-S", p. 173 et suiv.
(lo M""" la comtesse de Vicrzon, mineure, ci-après nommée, élue à ladite charge de tutrice, qu'elle a acceptée, par délibération du conseil de famille reçue par M. Pintird. ju^cde paix du l*""" arrondissement de Paris, assisté du greffier, du i décembre 1821, enregistrée, et dont une expédition a été déposée pour minute à M" (^hevalier^ prédécesseur immédiat dudit M° Vavasseur-Desperrières, par acte reçu par son collègue et lui le 4 février 1822, enregistré ;
« Et encore ladite dame Brown, spécialement autorisée en la qualité de tutrice pour assister et autoriser ladite dame comtesse de Vierzon, à l'effet des présentes, suivant autre délibération du conseil de famille^ reçue par ledit M. Pinard, par procèsverbal dressé par lui le 14 juin présent mois...
« Et Sa Seigneurie Louis-Gharles-Bonaventure- Pierre, comte de Mesnard, pair de France, premier écuyer de S. A. R. M"^ la duchesse de Berry, maréchal de camp, chevalier des ordres du Roi, demeurant à Paris, au palais de l'Elysée-Bourbon, rue du Faubourg-Saint-Honoré, stipulant comme subrogé tuteur de ladite dame, comtesse de Vierzon, nommé à cette charge par la délibération du conseil de famille du 14 juin ci-dessus énoncée, et autorisé à l'effet des présentes, suivant la même délibération ;
LES ENKANTS DU DUC DE UKIUIY. l.'l'i
« l^]t enfin M"" Louisc-Mai-io-Cliarlollo, comtesse de Vierzon, demeurant à Paris, cliez Madame sa mÎTC susdite, rue Neuve-des-Malliurins, 14, fdlc mineure, née à Londres le 10 décembre 1800, de ladite dame Brown et de Charles-Ferdinand, et à laquelle il a été accordé des lettres de naturalité par S. M. le Roi de France, le 0 juin 1820, et le titre de comtesse de Vierzon par lettres patentes de S. M., datées du 10 juin 1820 ;
« Ladite dame de Vierzon stipulant pour elle et en son nom par l'assistance et sous l'autorisation de ladite dame Brown et de M. le comte de Mesnard dans les qualités susdites ;
« Lesquels, dans la vue du mariage convenu entre ledit M. Charles- Athanase-Marie, baron de Charette de la Contrie, et de la dame Louise- Marie-Charlotte, comtesse de Vierzon, ont fait et arrêté les clauses et conditions du mariage ainsi qu'il suit :
« De l'agrément de S. M. Charles X, roi de France et de Navarre, S. A. R. M"" la Dauphine, S. A. R. Mgr le Dauphin et S. A. R. M'"^ la duchesse de Berry, et en présence de leurs parents et amis ci-après nommés, savoir, du côté du futur: M. le duc de Rivière, pair de France, cousin ; M. le marquis de Coislin, cousin; M"*" la duchesse
de Narbonnc, cousine; M. h; (lue de Narhonne, pair de France; M"" la «hichesse de Damas, cousine ; M. le diR- do Damas ; M"" la marquise de La Rochojajjueloin; M. le marquis de La Hochejaquelein, i)air de France; M. de Donissan; l'abbé de La Bouderie, vicaire général ; M. le baron de La Rochefoucauld, pair de France, chevalier des ordres du Roi, gouverneur de la 12° division militaire, grand-croix de Saint-Louis, commandeur des ordres de Saint-Lazare et de N.-D. du Mont-Garmel, etc. ; M. le marquis de Monti, cousin ; Louis de Rivière, cousin ; M. le comte Charles d'Autichamp, pair de France, lieutenant-général des armées du Roi, grand-croix de Saint-Louis ; M"" la vicomtesse de Goutard; M. Arondel, chevalier de Saint-Ferdinand, cousin; M. levicomte de Goutard; M. Louis de Suzannet; M. le vicomte de Soussay, cousin; M"^ la comtesse de Suzannet; M. l'abbé de Retz, aumônier du Roi, cousin; M"' la comtesse de Saint-Eugène; M"'' la vicomtesse Lagette; M""' la marquise de Miramion; M. le marquis de Miramion; M"'= de La Porte.
« Du côté de la future : M. le comte et M"* la comtesse de Faucigny, beau-frère et sœur ; M. le chevalier de Belle vil le, ancien surintendant de la maison de Monsieur.
(( Fait et passé, savoir : pour Sa Majesté, M™' la
Dauphinc et M""" la duchesse de lierry, à l'aris, au chùleau des Tuileries ; pour Mgr le Dauphin, au château de Saint-Cloud; et pour toutes les parties et les parents et amis, à Paris, en la demeure susdésignée de M""" Brown.
« L'an mil huil cent vingt-sept, le seize juin, à huit heures du soir, et avant de se transporter à la mairie pour la célébration du mariage.
(c Extrait signé : Champion, Desperkiers. »
Préfecture du département de la Seine.
Extrait des minutes des actes de mariages reconstitués en vertu de la loi du i2 février 187^.
« Du seize juin mil huit cent vingt-sept, à neuf heures du soir, acte de mariage de Sa Seigneurie très noble et très illustre Athanase, baron de Charette de la Gontrie, pair de France, chef d'escadron aux chasseurs à cheval de la garde royale, né à Nantes (Loire-Inférieure), le vingt-quatre nivôse an IV (quatorze janvier mil sept cent quatre-vingtseize), demeurant rue de Bourgogne, n" 40, X'' arrondissement, fils majeur de feu M. Louis-Marie de Gharette de la Gontrie, chef de division des armées royales, et de M'"" Marie-Jeanne-Louise Loaisel, sa veuve, demeurant à Nantes; et de