‹ Les enfants du Duc de BerryChapitre 53 sur 57 · LES DEUX TESTAMENTS · texte numérisé non relu

LES DEUX TESTAMENTS

Au nionient où je venais de terminer ce volume, achevé déjà depuis plusieurs semaines, et où j'allais pouvoir le livrer à l'impression, j'ai reçu, d'un prince de la Maison de France, des instructions et des ordres qui m'ont fait brusquement surseoir à sa publication.

A la fin du printemps de 1904, une note parue dans V Intermédiaire , sous le pseudonyme de « Echarpe », avait ouvert déjà de singuliers horizons sur la question de l'union secrète du duc de Berry avec Amy Brown. On y parlait de pièces authentiques, écrites et signées de la main du prince lui-même, qui réduisaient à néant les affirmations des intéressés à un mariage morganatique. Les copies légalisées de ces pièces étaient déposées, disait-on, en Autriche, entre les mains du duc de Parme, neveu et héritier du comte de Chambord.

Cette révélation, si inattendue et si grave, de « Echarpe », était provoquée par l'apparition récente

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d'une brochure dont nous avons eu à nous occuper à diverses reprises : Le Preinier Mariage du duc de lierry à tondîmes, par le conilc de Uorch'Yanlel. Les formelles affirmations sans piciives de cette brochure et les déductions ('tranges cpron en pouvait tirer avaient décidé ft Echarpe », dont le pseudonyme cache un royaliste fervent, profondément attaché à la cause des princes, à faire cette déclaration sensationnelle.

Mais ces actes, dont on nous indiquait la substance, il était nécessaire d'en connaître le libellé et de pouvoir en donner exactement la teneur; ce sont ces pièces si précieuses que Mgr le duc de Parme a daigné me communiquer : instruit de mes efforts pour dégager la vérité, laver la mémoire du duc de Berry du reproche de bigamie et garder intact le prestige de l'exilé de Frohsdorfif, il a bien voulu m'encourager dans mon travail, approuver grandement mes efiforts et, enfin, me confier la tâche de détruire, une fois pour toutes et d'une façon définitive, des affirmations mensongères qu'il juge outrageantes pour tous les siens comme pour sa personne. C'est sur son invitation expresse que je me suis rendu à Schwarzau, en Autriche, pour recevoir de vive voix ses instructions, écouter ses conseils et me conformer à ses désirs. C'est encore cette brochure, désormais fameuse, du Premier Mariage du duc de Berry qui a grandement mécontenté le prince, déjà tristement surpris par le long article du Figaro, signé XXX. Il y avait vu avec peine les étranges prétentions admises par les intéressés et les singulières légendes qu'essayaient d'accréditer les partisans du mariage, et il s'est décidé à agir.

Ce ne sont pas les copies légalisées dont parlait <( Kcharpe » que Monseigneur a voulu me remettre, ce sont les actes eux-mêmes, écrits par son grand-père, qu'il a tenu à mettre sous mes yeux. J'ai sorti moi-niAme les deux testaments de leur enveloppe, scellée d'un large cachet de cire rouge aux armes du prince, et qui porte pour suscription ces mots, écrits de sa main : « Papiers à ouvrir après ma mort. » Les deux testaments sont olographes, leur authenticité est absolue, et l'écriture du prince ne peut être contestée par personne.

Quatre pièces avaient dû être contenues dans l'enveloppe; l'une d'elles, l'acte de baptême de Charlotte- Marie-Augustine, la future princesse de Lucinge, ne s'y trouve plus renfermé pour une cause que j'ignore, et, seul, celui de Louise-Marie-Charlotte, devenue la baronne de Charette, y a été conservé avec les deux testaments. J'ai publié plus haut intégralement ces deux actes de naissance.

Voici le libellé des deux testaments, dont on trouvera plus loin le fac-similé :

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