V. — Laurentine, sans alliance
VI. — Laure-Pauline, mariée à M. de Vallée^ morte à cinquante-neuf ans, le o décembre 1848.
YII. — Marie-Elisabeth -Laurentine- Jeanne- Léontine, mariée, le 2 mai 1802, à Charles-Gaëtan, marquis d'Aiguières.
yill. — Jeanne-Elisabeth-Séraphine, née en 1793, mariée : 1° le 27 janvier 1827, à Pierre- Auguste Raboteau, procureur du roi à Rochefort; 2° le 11 février 1838, à Alexandre Le Gardeur de Tilly; décédée le 17 avril 1860 (1).
La généalogie ci-dessus concorde parfaitement avec les dires du représentant actuel de la famille. Le livre dont je l'extrais a été publié en 1861.
(1) La Morinerie, La Noblesse de Saintonge et d'Aunis aux Etats généraux de 1789. Paris, 1861, in-S».
LES ENFANTS DU DUC DF. nF.URY.
A cette époque, Léon, comte de Heaumont, ou, pour mieux dire, Léon de Reaumont, comte de Oibaud, était Agé et sans alliance. Qu'il soit mort celte même année sans enfants, cela est tout à fait vraisemblable.
D'autre part, sa sœur Laurenline, indiquée -comme sans alliance, serait sans doute celle qui aurait eu un fils du duc de Berry. J'ai écrit à nouveau à son descendant pour lui signaler ces deux personnages et lui demander si son arrière-grand 'mère ne portait pas le prénom de Laurenline; il m'a répondu affirmativement :
(( Pour répondre aux questions que vous me posez, m'écrivait-il, le 12 mai 1904, je vous dirai que le nom de mon arrière-grand'mère était, en «ffet, Laurentine (avec deux autres noms de baptême dont l'un, je crois, était Marie).
« Le nom de baptême de ma mère était Marie- Antoinette.
« Je ne puis malheureusement vous renseigner positivement au sujet des différentes résidences de M"° de Beaumont vers 1805.
« Je ne suis sûr que du mariage qui a eu lieu en Ecosse, près d'Edimbourg; il ne peut être postérieur à 1805 et a eu lieu probablement plusieurs années avant. Des scènes de jalousie amenèrent une rupture qui se termina par le retour en France
3o0 I.KS KN'l'ANTS HU DUC DE MEHRY.
do M""" do noamnunt iivoc son oiilani, bioii avant la Restauration. (iO l'ut vraiscnil)lahlomonl onKSOT. Elle continua à porter le nom do Beaumont; ce nom, (jui ôlail tt'liii de sa famille, était plus i-épandu en France et, par cela même, moins remarqué que celui de Gibaud. Or, eu raison do la situation pénible où elle se trouvait, mon arrièregrand'more ne demandait qu'à trouver, dans l'isolement et la religion, les consolations nécessaires à son abandon.
« J'ai ouï dire qu'un rapprochement avait eu lieu en 1814, à Paris, au retour du prince, mais je n'ai là-dessus aucune certitude; toujours est-il que, plus tard, lorsque eut lieu le mariage officiel du duc de Berry, ses convictions royalistes et sa haute dignité de caractère l'empêchèrent de chercher jamais à créer des difficultés.
« Tout cela m'a été affirmé de la façon la plus formelle par une mère qui en tenait elle-même l'assurance de son propre père. »
D'après la tradition de la famille de Beaumont,. c'est ce mariage secret qui aurait été dissous à ce moment par le Pape, à la requête du comte d'Artois^ et non celui de M""® Brown, qui n'avait jamais été contracté, précisément en raison du lien secret existant déjà. « Si, à la Daterie, au Vatican, a ajouté mon correspondant, on ne trouve
LES ENFANTS DU DUC DE BERRY. Aoi
aucune traco de dissolution de ce mariage Hcaumont, il n'y a pas lieu de s'en (Honner, l'aiïaiie ayant 616 personnellement conduite par le cardinal deLatilet non pas d'une façon officielle. Le mariage ne fut jamais d6clar6 nul par aucun acte 16gal et public, il fut simplement mis de côt6, et si on demanda à Rome une dispense, ce fut seulement pour r6gler le côt6 moral de la question. »
Je pense qu'il est superflu d'ajouter qu'après avoir combattu l'hypothèse du mariage avec Amy, qui est, parmi toutes ses liaisons, la femme que le duc de Berry aima le plus longtemps, je suis encore moins porté à croire qu'il se soit enchaîné jamais secrètement par un autre lien légitime. Je n'insisterai donc pas davantage sur cette question de mariage contracté par des catholiques devant l'Eglise protestante d'Ecosse, et je chercherai seulement si le fils de M"^ de Beaumont peut être attribué au duc de Berry en examinant si le prince se trouvait en Ecosse en 1802 ou en 1803, époque présumée du mariage, ou à la fin de 1806, lors de la conception de l'enfant. Saisissons d'ailleurs cette occasion de jeter un coup d'œil rapide sur les nombreuses pérégrinations du duc de Berry à cette époque, cette étude sommaire pouvant servir à juger à leur juste valeur plus d'une prétention à sa postérité.
:\:i'2 LES ENFANTS DU DUC ni". UKIIKY.
Lo premier voyage du duc de Beiry à Edimbourg est de 1797. Le duc de Berry avait dix-neuf ans. Il resta aupr^s de son père, qu'il y était venu voir, de la mi-septembre au commencement d'oclobie; quelques semaines, au plus, par conséquent. 11 arrivait de Blankenbourg, oii, comme le prouve une lettre qu'il écrivait au comte de Damas (1) le 15 avril de cette même année, « la carrière amoureuse ne l'occupe pas beaucoup, mais il passe à chasser la plus grande partie du temps qu'il a do libre ». C'est à la suite de ce voyage qu'il fut pourvu d'une maison, en même temps que son frère, le duc d'Angoulême. Louis XVIII se plaisait à ces détails. De Londres, il alla à Mittau, où il passa plusieurs mois auprès de son oncle, et de là à Saint-Pétersbourg.
En 1798, il a vingt ans; vers le milieu de Tannée, il prend le commandement de son régiment noble à cheval, l'exerce et le tient en main. C'est vraisemblablement, comme nous l'avons vu, l'époque de sa première rencontre avec M"" de Beaumont. La correspondance du comte de Vaudreuil avec le duc de Bourbon nous renseigne sur les distractions qu'il avait prises durant son séjour
(1) Lettre de la collection d'Hervilly. — Veute Gharavay -11 avril 1822.
LES ENFANTS DU DUC DE BERUY. .'i.")3
à Londres : « S'il faut en croire certains bruits parvenus à nos oreilles, y est-il dit dans une lettre du 4 mai 1798, il existe, sur la place Berkeley, une petite Henriette fort jolie qui ne se lait aucun scrupule de recevoir des visites nocturnes; «Ile s'en fait un devoir et même un plaisir. »
En 1799, il part, le 15 janvier, à la tête de son régiment, d'un peu d'artillerie et d'un petit bataillon d'infanterie ; le 23 mai, on le voit à Constance ; le 5 octobre^ il assiste à la dernière bataille de l'armée de Condé; puis, la même année, il quitte Klagenfurth pour se rendre à Palerme, où il recherche la main d'une princesse des Deux-Siciles, après avoir songé un instant à la veuve de l'Electeur de Bavière.
En 1800, il a vingt-deux ans; son mariage est manqué ; c'est ce qu'il raconte à M. de Damas-Crux dans une lettre datée du 18 mai 1800 : « Je ne t'ai pas complimenté plus tôt sur ta progéniture, lui écrit-il, parce que j'ai appris que ce n'était pas un garçon; je pensais que j'en ferais peut-être un quelques mois pins tard et que les enfants auraient autant d'amitié l'un pour l'autre que les deux pères. » Mais, malgré la cordialité et l'affection avec lesquelles il a été accueilli par le roi de Naples, il lui apprend que malheureusement le mariage n'est pas près de se faire; il quitte Naples et séjourne
.'i5-i LES ENFANTS DU DUC DE BERRY.
({uelque temps à Rome, puis va reprendre le commandomonl de son régiment. Son frère et lui accompagnent 1 armée autrichienne; on les voit à Salzbourg, puis à la bataille de Ilohenlinden.
En ISOl, après le licenciement de l'armée de Condé, il se rend auprès de sa mère à Gratz, puis à Vienne, ensuite à \V ildenbrast, et enfin revient à Grat/, où il se montre fort assidu près de la comtesse Atems.
En 1S02, il fait en Ecosse un voyage sur la durée duquel nous n'avons que des renseignements vagues. A ce moment pourrait se placer alors sa réunion à M'"' de Beaumont.
En 1803, le 22 février, le duc de Berry est à Varsovie et signe, avec les autres princes français, une protestation politique. De là il se rend à Londres, où un rapport de police du 21 germinal an XI le montre se concertant avec Georges, Puisaye, Willot et nombre d'Anglais. On le trouve à Glascow, à Oxford, à Greenwich. A la fin de cette année, il donne tous ses soins aux préparatifs d'une expédition en France. A la fin de 1805, ou au commencement de 1806, il se fixe à Londres, et il est certain qu'à partir de cette époque, il ne revoit plus l'Ecosse, où, par conséquent, il est impossible qu'il ait pu engendrer aucun enfant.
Il importe donc de remarquer que si une liaison
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exista en 1803 cniro le duc de Herry et M'" de Beaumont, ce qui est fort possible, il est inadmissible, en revanche, qu'il en ait eu un fils en 1807. Comment ne pas remarquer, en outre, que pendant près de dix années le fils de Charles X a arpenté presque sans arrêt, d'un bout à l'autre, l'Europe tout entière? Pour s'en rendre compte, il est bon de se reporter en arrière et songer à ce qu'étaient, à l'époque, avec la difficulté des communications, des voyages de cette importance ! Le trajet d'Edimbourg à Mittau ne durait pas moins de quarante jours et quarante nuits. Il fallait franchir 3,000 kilomètres, et 800 pour se rendre de là à Pétersbourg. Les voyages en Sicile, en Autriche, en Allemagne, en Pologne, en Italie, en Angleterre, en Suède ou en Ecosse, n'étaient ni moins longs, ni moins pénibles. Au milieu de ces courses incessantes, combien de jours ou combien d'heures restent-ils au jeune prince pour contracter des mariages, même clandestins? Ces différentes unions secrètes étaient forcément précédées de quelques préliminaires nécessitant une certaine durée de séjour. Où aurait-il, par conséquent, trouvé le temps de les accomplir, puisque, jusqu'à son installation définitive à Londres, ses voyages n'ont jamais cessé!
M. le marquis de Luppé, avec son habituelle obli-
geaiR'o, a l)ien voulu faire des recherches pour moi à ce sujel, dans la correspondance du prince avec M. de Clermonl-ljodrve, et n'y a relevé aucune trace de celle liaison, (lelle Iradilionde mariage el de paternilé a trouvé dans la famille de Beaumont une créance trop naturelle pour qu'il y ail lieu de s'en étonner. Quelques précieuses reliques, une bague et un livre ayant appartenu au prince, sont possédées par les descendants el viennent ajouter à sa vraisemblance. Un camée du fils présumé du prince offre une ressemblance frappante avec le duc de Berry, et la miniature de sa fille. M"" de Beaumont, rappelle d'une façon étonnante les traits du comte d'Artois! Mais, comme nous l'avons vu déjà, les ressemblances ne prouvent pas grand'chose. Or, j'estime qu'en matière généalogique, les traditions les plus respectables ne doivent être acceptées par l'Histoire que si elles sont appuyées par des documents, et aucune pièce officielle ou probante n'est venue jusqu'ici, dans l'existence du prince, nous en démontrer la véracité ni l'exactitude.
CIIAPITIIE XXXIII
Une Fille anonyme du duc de Berry. — Le Fils d'Eugénie d'Eckart.
Je ne parlerai que pour mémoire d'une autre aventure du duc de Berry, car la courtoisie m'interdit de dévoiler le nom de l'héroïne de cette histoire, sans l'autorisation de ses descendants encore existants. C'était en 1814, le duc de Berry, débarqué à Boulogne, continuait sa marche triomphale vers la capitale, accueilli dans les moindres bourgades par les mêmes ovations enthousiastes.
A son entrée dans l'une des grandes cités oii il devait séjourner, le prince fut vivement frappé par la beauté de la femme d'un haut fonctionnaire venue, à la tête des dames de la ville, à sa rencontre, pour lui présenter un bouquet. La France était toute à la joie du retour des Bourbons, les autorités et la population tout entière rivalisaient de zèle pour souhaiter la bienvenue
CiriS LES ENFANTS DU DUC DE BRRR Y,
■îiii liihii' liiMilicr lin trône de France. M™'' de X... ne voiiliil pas être la seule à faire exception. Elle tHait trop belle pour ne pas attirer aussitôt les regards du duc de Iterry. Celui-ci, en digne fils de Henri IV. allail vile en besogne; il eut vite fait de lui déclarer sa ilammc et se montra d'autant plus pressant qu'il n'y avait pas de temps à perdre.
Le dévouement de M""" de X.,. à la cause royale ■était si sinc^re, qu'elle ne crut pas pouvoir résister à des prières si instantes, et qu'elle se fit, le soir même, un devoir de céder à ses désirs. Le lendemain matin, le duc quittait la ville, charmé •de la réception qui lui avait été faite, et neuf mois plus tard une fille venait perpétuer pour toujours le souvenir de son passage. Cette fille du duc de Berry s'est mariée, elle porte un nom connu dans l'aristocratie et a laissé une descendance; quant à sa mère, peut-être par remords de cette réception trop enthousiaste, elle a passé les dernières années de sa vie retirée dans un couvent. Son fils, dont le nom est celui d'un des compagnons de M°° la duchesse de Berry en Vendée, a été rejoindre à Rome, la veille de Mentana, le général de Charette. Prisonnier dans la Ville éternelle après l'entrée des Italiens, il a fait bravement la campagne de 1870-71 dans les rangs des zouaves pontificaux.
LES ENFANTS DU DlJf DE FIKKIIV. .'{")'.>
Le Fils d'Eugénie d'Eckakt.
Le Matin du G juin 1904 nous rappelait dornirrement qu'il existait un autre soi-disant fils du duc de Berry qui, lui, moins modeste dans ses prétentions que ses congénères, se déclare le roi légitime et ne réclame rien moins que le trône de France.
S'il fallait en croire ce singulier prétendant, le duc de Berry aurait, en 1811, contracté un mariage religieux avec une demoiselle Eugénie d'Eckart, alliée à la Maison de Wittelsbach , et un fils qui porta le nom de Jules leur serait né à Strasbourg, le 24 juin 1814. 11 est mort en 1838.
Après l'assassinat du duc de Berry, le roi Louis XVIII aurait reconnu M'"" d'Eckart en qualité d'épouse divorcée du duc de Berry, et aurait légitimé leur fils, qu'il aurait titré duc de Bretagne-Vendée et premier-né de Bourbon pour le cas où la duchesse de Berry eût accouché d'une fille. Le 17 juin 1846, Jules de Bourbon-Bretagne, daprès la même source, aurait épousé à Neuchâtel, en Suisse, M'"" Théoduline Ménétrier du Nans. Ce mariage aurait été béni à nouveau par l'abbé
Parisot, vicaire de l'église Saint-Pierre de Itesançon, dans cette même ville, en présence de quatre témoins, et un fils baptisé sous le nom de Maximi lion- Ghailos- Jules-Léon -Ernest, à l'isle-surle-Doubs, le 25 août 1847, serait issu de ce mariage.
Malheureusement, on nous raconte que c'est en Russie qu'aurait eu lieu ce mariage, « lors du séjour qu'y fit le prince en 1811 », et on oublie que le duc de Berry ne s'y rendit pas une seule fois pendant toute la durée de l'Empire.
De plus, lorsqu'on a voulu rechercher les deux actes de mariage invoqués par le prétendant, on s'est aperçu avec surprise que ni l'un ni l'autre ne figuraient sur les registres de l'état civil de Neuchàtel et de Besançon.
Il restait à savoir ce qu'était Théoduline Ménétrier du Nans, qui avait épousé ce fils du duc de Berry et de M'" d'Eckart.
La Légitimité du 1" mars 1899, qui m'a été adressée obligeamment par M. Jules Renard, va nous édifier sur son origine.
Née à i'Isle, le 13 mars 1825, elle était fille d'Anne - Claude -Josèphe Garrey et de Nicolas Ménétrier, originaire de Nans, canton de Rougemont (Doubs), simple surveillant de moulins. Elle était demoiselle de magasin à Besançon lorsqu'elle
LES FNFANTS DU DUC I)K MERRY. 'ilil
connut le personnage désigné maintenant sous le nom de Jules-Jean-Iiaptiste-Théodorc de IJourJjon, duc de Bretagne. Dans le mois d'août 1847, elle quitta Besançon pour rentrer dans sa famille et mit au monde l'enfant qui, inscrit sous les prénoms de Maximilien- Charles- Jules-Léon -Ernest, comme fils naturel, se dit actuellement héritier de la couronne de France.
Le père de l'enfant, qui eût été sans doute grandement surpris du titre de duc de Bretagne qu'on lui a depuis octroyé, s'appelait le comte Du Moulin, et était à cette époque capitaine au 1" bataillon de chasseurs de Vincennes, en garnison à Besançon. Depuis ce péché de jeunesse, il s'est marié et a épousé, le 21 février 1834, sa nièce Caroline Du Moulin-Eckart. Voici son acte de naissance, qui figure dans son dossier, aux archives administratives de la Guerre :
« L'an mil huit cent treize, le vingt-quatre juin, est né à Neuburg-sur-Danube (Bavière), et y a été baptisé, selon le rite catholique, le vingtcinq du même mois, Jules-Léon-Théodore-Jean- Baptiste -Eugène-Joseph, fils légitime de Charles Du Moulin, général de brigade de l'Empire français, propriétaire de Bertholdsheim, et d'Eugénie, née comtesse d'Ekard [sic), son épouse, tous deux
'Mr2 LES ENFANTS DU DUC DE IJERUY.
catholiques. Le parrain a élv Théodore Méat, rentier, originaire de France, représenté par Joseph von Ow, conseiller et juge patrimonial ile JJerlholdsheim. L'officiant l'ut François de Sales Dremel, chanoine et curé supérieur de la ville. »
De tout ce hean roman, pas la plus petite parcelle ne pouvait subsister : le soi-disant lils du duc de Berry était enfant légitime de M"* Eugénie d'Eckart et du général comte Du Moulin, et quant à M"* Théoduline Ménétrier, elle se trouvait être une simple ouvrière, mère d'un enfant naturel, produit d'une amourette de passage avec le capitaine Léon Du Moulin, né le 24 juin 1813, mort le 7 novembre 1858. Telle était l'exacte ascendance de Jules 1", qui s'est octroyé les noms de Bourbond'Artois de France et se proclame lui-même roy légitime de France.
Cette vulgaire invention, échafaudée de toutes pièces et qui ne repose même pas sur une vraisemblance, n'offrirait guère d'intérêt si je n'avais trouvé une pièce curieuse, que je tenais essentiellement à produire dans ce livre; c'est l'acte de décès de cette fille Ménétrier, qui a été inscrit il y a cinq ans à peine sur les registres de la mairie du YIIP arrondissement :
LES ENFANTS DU DUf DE BERRY. .'U»."l
Extrait du registre des décès du VIII'' arrondissement de Paris.
« L'an mil huit cent quatre-vingt-dix-neuf, le neuf février, à dix heures du matin; Acte de décès de Théoduline Ménétrier de Nans, âgée de soixante-treize ans, sans profession, née à Tlslesur-le-Doubs (Doubs). le treize mars mil huit cent vingt-cinq, décédée en son domicile, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Honoré, n" 220, le huit février courant, à huit heures et demie du matin, fille de Nicolas Ménétrier de Nans et de Anne-Claude €arrey, époux décédés, veuve de Jules de Bourbon. Dressé, vérification faite du décès, par nous, Joseph Sansbœuf, adjoint au maire, officier de l'état civil du huitième arrondissement de Paris, officier de la Légion d'honneur et de l'Instruction publique, sur la déclaration de Jules de Bourbon, âgé de cinquante et un ans, sans profession, demeurant Faubourg-Saint-Honoré, n° 220, fils de la défunte, et de Jean Fabricius, âgé de quarante-trois ans, tailleur d'habits, demeurant Faubourg-Saint-Honoré. n° 220, qui ont signé avec nous après lecture. « (Suivent les signatures.) c( Pour copie conforme :
« Paris, le dix-sept février mil huit cent quatrevingt-dix-neuf.
(( Pour le Maire, Signé : J. Sansbœuf. »
'Mi LES ENFANTS DU DUC DE RKHRY.
Jo n'ajoulerai à cet actr; iiuciiiK' réllexion. .le me conlenlerai de rapporter seulement la réponse laite à M. Yérax, à la mairie du VIII' arrondissement, par le secrétaire préposé aux actes de l'état civil, lorsque, ap^^s avoir été prendre copie de l'acte en question, il s'étonnait de ces appellations fantaisistes : (( Pour les décès, lui a déclaré ce fonctionnaire officiel, nous acceptons les déclarations Irlles quon nous les dojine, moins les titres nobiliaires. On accepte la particule. On a refusé d'inscrire cette personne sous le titre de duchesse de Bretagne. Nous 7i exigeons des documents que pour les naissances et les mariages. » Et M. Vérax ajoutait cette réflexion si juste, à laquelle nous ne pouvons que nous associer : « Il est vraiment étrange qu'un bâtard puisse déclarer sa mère épouse ou veuve, et obtenir que cette déclaration soit enregistrée sans preuve ! »
C'est à cette conclusion, qui me paraît avoir une haute importance, que je voulais parvenir. Ce n'est pas seulement, en eff"et, à l'acte de décès de Théoduline Ménétrier qu'elle s'applique, car son soi-disant veuvage princier ne pouvait être pris au sérieux par personne, mais elle s'étend au contraire, d'une façon générale, à tous les actes de décès^ puisque nous savons maintenant, de source ©fiîcielle^ de quelle manière ils peuvent être
LES KNFANTS DU DUC DK HKUKY. 'M'Ù'}
rédigés. Des lors, le fameux acte de décès de M""" Brovvn, où elle est qualifiée de veuve, cet acte dont les défenseurs du mariage ont fait si grand bruit et si grand tapage, ne devient plus qu'une pièce fantaisiste et insignifiante, à laquelle il devient matériellement impossible d'attacher de bonne foi la moindre valeur.