‹ Les enfants; le livre des mères (volume 2)Chapitre 5 sur 33 · LES DEUX SOEURS · texte numérisé non relu

LES DEUX SOEURS

Dans le frais clair-obscur du soir charmant qui tombe,

L'une pareille au cygne et l'autre à la colombe,

Belles, et toutes deux joyeuses, ô douceur!

Voyez, la grande sœur et la petite sœur

Sont assises au seuil du jardin, et sur elles

Un bouquet d'œillets blancs aux longues tiges frêles ,

Dans une urne de marbre agité par le vent, Se penche, et les regarde, immobile et vivant, Et frissonne dansrombre,et semble, au bord du vase. Un vol de papillons arrêté dans Textase.

La Terrasse, prés Enghîen, juin iSit.

L'autre jour, il venait de pleuvoir, car Tété, Cette année, est de brise et de pluie attristé, Et le beau mois de mai, dont le rayon nous leurre, Prend le masque d'avril, qui sourit et qui pleure. J'avais levé le store aux gothiques couleurs. Je regardais au loin les arbres et les fleurs. Le soleil se jouait sur la pelouse verte

Dans les gouttes de pluie, et ma fenêtre ouverte Apportait du jardin à mon esprit heureux Un bruit d'enfants joueurs et d'oiseaux amoureux. Paris, les grands ormeaux, maison, dôme, chaumière, Tout flottait à mes yeux dans la riche lumière De cet astre de mai dont le rayon charmant Au bout de tout brin d'herbe allume un diamant! Je me laissais aller à ces trois harmonies, Printemps, matin, enfance, en ma retraite unies; La Seine, ainsi que moi, laissait son flot vermeil Suivre nonchalamment sa pente, et le soleil Faisait évaporer à la fois sur les grèves L'eau du fleuve en brouillards et ma pensée en rêves !

Mai 1830.

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