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III. LES TROMPERIES

Cette hypothèse ne se confond pas avec la précédente.

Ici, on procède de façon à surprendre vraiment la bonne foi.

a Bonne-moi ta plume, chéri, je vais te faire de t jolis dessins. »

L'enfant, un mot de remerciement sur les lèvres, s'empresse d'obéir...

« Maintenant! tune l'auras plus,» lui dit-on d'une voix sèche.

Il en conçoit une rage sourde, et trouve qu'on a mauvaise grâce à lui prêcher la sincérité et la franchise.

Ou encore : « Tu as été gentil, je vais te conduire t au cirque... »

Et on le mène chez le dentiste !

Nous avons vu le cas, et n'inventons rien.

D'autres fois, pour s'éviter des ennuis, on préfère dire une... contre-vérité.

On annonce à l'enfant un breuvage excellent : « Oh! que c'est bon!» dit-on avec un sourire. Etl'on feint de se délecter avec une potion à laquelle, bien entendu, ou n'a garde de goûter, et pour cause!

L'enfant séduit par cette mise en scène engageante, s'approche, et ayant foi en la parole maternelle, saisit la tasse perfide...

Bientôt, il coustate qu'on veut lui ingurgiter une boisson rebutante.

Il la rejette avec rage, s'indigne à la pensée qu'on appelle délicieux ce liquide écœurant.

Et le voilà défiant pour toujours.

On Va trompé ; il ne l'oubliera pas de sitôt î

Supposons que l'enfant ait été surpris assez habilement, pour avaler une gorgée de l'acre médicament offert...

Demain, ce soir, tout à l'heure, vous aurez à lutter contre les répugnances du goût, contre la révolte d'un esprit vindicatif, contre les représailles de l'amour-propre meurtri»

Faire appel à la volonté, est un langage que l'enfant bien élevé comprendra mieux qu'on ne le suppose.

L'expérience le prouve d'une manière décisive.

Ce qui, à notre sens, constitue la gravité de ces tromperies, c'est le rôle mensonger que l'on est contraint de jouer, pour parvenir à ses fins.

Dans le but de persuader l'enfant hésitant, il a fallu nécessairement prendre une attitude grave; parler d'un ton convaincu, en vue d'inspirer confiance ; c'està-dire se mentir à soi-même, en enseignant du même coup l'art de tromper.

N'est-ce pas se diminuer à plaisir?

N'est-ce pas donner une éducation à rebours ?

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