NE CÉDONS PAS APRÈS AVOIR REFUSÉ
Qu'importe la chose contestée 1 Là n'estpas laques- \)tï, car le jouet est à peine en cause. Ce qui est d'un intérêt majeur, c'est de savoir si, 1 marchandant, en insistant, l'enfant nous fera [venir sur la résolution prise; c'est de savoir, si le i et le non, finissent par devenir synonymes, si [fin il n'y a pas de danger à nous corriger, et à us voir corriger comme inconséquents et légers. Une quittance, un bordereau, une facture ne sont e des morceaux de papier...; un louis ressemble fin simple jeton; et cependant nous ne les livrens pas si l'enfant Les réclame.
Ainsi I l'on revient sur l'ordre donné, en permettant prendre une simple pelote de laine ou une canne pisées, et l'on résiste quand il s'agit d'un canif ou in fusil... J'entends bien que pour agir ainsi, vous ez vos raisons, à vous; mais cela n'empêche pas ifant d'avoir ses idées à lui.
Est-ce qu'il mesure le danger?
Dr, s'il a obtenu le bâton, grâce a son insistance, il a tapage, n'en doutez pas, dans l'espoir de possé- * le fusil qu'on ne veut point lui livrer.
t II est si jeune! dit-on encore. Oh! plus tard, on c le mettra à la raison. »
Plus tard ! le pourra-t-on?
C'est bien invraisemblable...
Ce que l'expérience enseigne, au contraire, c'est que si V enfant n'est pas maté dès trois ou quatre ans, il est presque certain qu'il ne le sera jamais.
L'obéissance, n'est pas moins une habitude, que l'insubordination.
Bientôt, le petit indiscipliné n'est plus un baby.
Il a grandi, c'est-à-dire que son insoumission est scandaleuse; son arrogance, intolérable : on en a honte !
« II n'est que temps de réagir, » pensent les parents, après un esclandre ; « il faut désormais le tenir serré * .
Et pour la première fois, on voudra sans transition prendre le dessus, et parler d'autorité.
C'est peine perdue.
Il est trop tard...
Se résout-on néanmoins à user de rigueur, et à recourir à la correction?
On rencontrera alors une telle résistance physique, et une tel entêtement, que les parents eux-mêmes, effrayés 4e l'éclat et du bruit qui les menacent, abandonneront le plus souvent la lutte.
Si par hasard on tient bon quand même, l'enfant
I indigné de ce changement subit dans la conduite paternelle, gardera, nourrira au fond du cœur une sourde *ancune ; il rongera le frein, et maudira le
> foyer où on l'a châtié : car il est à l'âge où l'orgueil
j ressent déjà vivement les blessures de l'humiliation.
! On le voit : le régime d'autorité ne peut succéder
i au mode sentimental originaire.
Consultons la logique, et elle nous apprendra aussi qu'il convient d'employer l'autorité d'abord, tant que l'enfant n'est pas assez raisonnable pour comprendre, pas assez sage ni assez fort pour se vaincre soi-même.
Après, on fera appel au cœur, au sentiment, quand l'enfant grandi, sera maître de sa raison et de son intelligence.
On utilisera ainsi avec profit les deux procédés d'éducation, également efficaces, avons-nous dit, si Ton sait les placer dans leur ordre logique : la Sévérité; puis, la Douceur.
Pour diriger une branche, on commence, n'est il pas vrai, par user de la force et même du fer... Ensuite, il suffit d'un simple fil, d'un faible jonc pour la maintenir dans la direction voulue...
Il y a complète analogie avec les lois de l'éducation.
Nous savons à merveille que de tendres mamans prétendront que la sévérité diminuerait l'affection des enfants....
Nous croyons l'idée inexacte.
C'est l'impatience, Finégalité dans la répression; ee sont surtout les gronderies incessantes, qui détachent les enfants.
D'ailleurs être sévère, comme nous l'entendons, n'est point ne rien permettre, ne rien passer, et récriminer sur tout, (ce qui serait désastreux). Bien au contraire ! c'est commander rarement mais formellement, afin d'accorder à l'enfant, sans risque pour lui et sans danger pour l'autorité paternelle,