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L'HÉRÉDITÉ

A Yinnéité, aux aptitudes propres que chacun apporte en naissant, on oppose l'hérédité, ou tendance de la nature à reproduire, chez l'enfant, certains caractères de l'organisation des parents.

L'hérédité est physique ou morale.

Elle se manifeste dans les formes générales, les traits, les allures, la voix, les particularités fonctionnelles, la stature, la force et la longévité.

De même, les états pathologiques sont transmis par le sang, en ce sens, que l'héritier est atteint de prédispositions aux maladies qui affectent ses auteurs

On pourrait, en prenant les passions une à une, montrer que, dans chacune d'elles, l'hérédité joue un rôle appréciable.

t La colère, la peur, dit un auteur, l'envie, la

t jalousie, le libertinage, l'ivrognerie , sont des « passions essentiellement transmissibles. »

Souvent, les ressemblances « sautent » une ou deux générations. Mais on n'a point encore établi laquelle des influences, (paternelle ou maternelle), l'emporte; ni dans quelle mesure elle s'exerce.

Les dons heureux se reproduisent aussi dans les amilles. Citons dans l'antiquité : les Hortensius, les Curion et les Lysius, tous auteurs, de père en fils; Eschyle, dont la famille comptait huit poètes tragiques...

Dans les temps plus rapprochés, les Condé avaient l'art militaire en partage, les Médicis le sens politique, les Mozart et les Bach le génie musical...

Si l'hérédité n'est pas une fiction, dit Alexandre de Trolles, comment expliquer que tant d'imbéciles soient fils d'hommes de valeur; et que tant d'hom mes capables naissent d'imbéciles?

« Du sage Périclès, ajoute de son côté P. Lucas, « sortent deux sots; d'Aristide, l'infâme Lysimaque; « de Sophocle, d'Aristarque et de Socrate, naissent « des fils plus vils que la pituite. »

... Cependant, ces critiques sont moins fondées qu'elles ne le paraissent.

On ne tient pas compte de Y atavisme.

Or, l'enfant est Le résultat, non pas seulement des ascendants directs, mais des aïeux* de la souche entière.

L'homme, dit Baudemont, n'est qu'une épreuve, tirée une fois de plus, d'une page stéréotypée.

Et pour Samson, l'atavisme est l'expression d'une puissance collective, représentée par toute la série à laquelle appartient l'individu.

Chaque race, chaque famille, apporte à l'enfant son action propre; et ces deux influences luttent jusqu'à ce que l'une d'elles finisse par l'emporter, en constituant des caractères généraux et durables.

Qui ne connaît le nez à la Bourbon, trait caractéristique constant de la famille des anciens Rois de France? De même les Romains désignaient sous le nom générique de Buceones, Labeones, Nasones, les familles reconnaissables à un signe héréditaire : bouche, lèvre, nez...

Cette loi de transmission observée par le peuple, a suggéré les proverbes suivants : Tel père, tel fils... Bon chien chasse de race..., etc.

En somme, les ascendants représentent les causes immédiates et médiates de leur descendance. Il y a là une tradition que l'on ne peut ni éluder, ni répudier.

C'est une loi de nature.

Aussi a-t-on pu dire très exactement que l'on était comptable de soi-même à l'égard de toute sa lignée, et qu'un chef de famille travaillait toujours pour sa postérité.

L'individu, est l'un des anneaux de la chaîne qui unit aux ancêtres.

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