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CHAPITRE SECOND

LA CONSANGUINITE

D'après une savante étude de M. le Dl Costb, le mariage entre consanguins a deux fois plus de chances qu'un autre, de donner des sourds-muets, et trois ou quatre fois plus, de produire des descendants affectés de troubles cérébraux.

La consanguinité favorise l'hérédité saine ou morbide, mais plutôt cette dernière chez l'homme. Heureusement il y a des exceptions...

En principe, les parents transmettant leurs qualités et leurs défauts, si une môme tendance se trouve développée chez les deux auteurs, elle le sera à un degré encore plus grand chez leur enfant.

Conformément à cette règle, vraie pour les êtres en général, on a obtenu par exemple le cheval de course anglais, et les races d'animaux domestiques perfectionnés.

Encore , cette amélioration est-elle une chose très relative, car un même résultat peut s'appeler À la fois : progrès et déformation. Ainsi l'animal que l'on destine à la consommation, doit, à l'inverse du cheval d^ course, présenter le maximum de chair et le minimum d'os et de muscles ; en

«orte que, pour l'artiste et pour le naturaliste, i bête primée n'est souvent qu'une espèce de monstre. Tout est sacrifié au but particulier qu'on recherche.

Mais les règles de la consanguinité ont un caractère exceptionnel quand il s'agit de l'homme, soumis, lui, à des vicissitudes qui n'affectent point les autres êtres. Non seulement il est plus perfectionné que l'animal, mais aussi, il est doué de la vie intellectuelle, et impressionné par des émotions morales qui modifient sa nature.

•En outre, il est sujet à des maladies plus nombreuses et plus sérieuses, qui le mettent en dehors de la loi commune.

Aussi M. Magne, dans son mémoire à l'Académie de Médecine, conclut-il en ces termes : « La consant guinité agit plus promptement, et exerce des « effets plus sensibles sur l'homme que sur les anic maux. »

Citons les intéressantes recherches faites en Ecosse par M. Mitchell, sur 716.000 individus.

Voici quelques-unes de ses observations. Fussentelles pessimistes, elles n'en resteraient pas moins très inquiétantes :

Sur 45 mariages consanguins, il acompte 29unions malheureuses qui ont donné :

8 idiots — 5 imbéciles — 1 1 aliénés — 2 épi-

leptiques — 4 paralytiques — 2 sourds-muets — j 3 aveugles — 2 vues faibles — 3 difformités — 6 estropiés — 1 rachitique — 22 phthisiques, scrofuleux, ou enfants à constitution faible,..

En Amérique, le docteur Howe, compte 44 idiots issus de 17 mariages consanguins.

De son côté, le docteur Bémiss a observé 34 unions analogues, produisant 192 enfants, sur lesquels 58 sont morts en bas âge, et 47 ont été atteints de graves maladies constitutionnelles.

En France, les docteurs Lannelongue, Lacassagne, de Lacharrière, Fonssagrives voient également avec une grande défaveur ces alliances.

Le célèbre Trousseau, insiste sur les suites funestes de ces mariages, en ce qui concerne la polydactylie, le pied-bot et l'albinisme, (enfants albinos).

Enfin, le professeur Peter, estime qu'il est surabondamment démontré que ces unions amènent le plus souvent, la dégénérescence même du produit.

On s'explique dès lors les prohibitions légales ou religieuses, dans cet ordre d'idées.

Chez les Romains, existaient des lois sévères, interdisant l'union entre les collatéraux et leurs descendants : inter parentes et liberos infinité, cujus„

cumque gro.dûs, connubinm non est. Aussi, lorsque Claude voulut épouser sa nièce Agrippine, l'autorisation du Sénat fut-elle nécessaire.

Constance et Constantin, défendirent l'union d'oncle à nièce, sous peine de mort : capitalis sententiœ pœnâ teneatur.

Sous Théodose le Grand, les mariages entre cougins germains sont prohibés, sous peine du feu.

Sous Charlemagne (813), la parenté au 46 degré est un empêchement au mariage.

Saint Augustin, saint Basile, saint Thomas, estiment que les malheureux résultats des unions de même sang, sont un fait providentiel dans l'intérêt de l'honneur des foyers : aussi les prohibitions ecclésiastiques s'étendaient-elles en 1065 jusqu'au T degré

Nombre de Conciles ont statué à cet égard :

Clermont, 535 — Orléans, 538 — Tours, 537 ~~ Auxerre, 578 — Paris, 615 — Compiègne, 757 ...

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