LA HUE
assez heureux pour le retrouver. » Laure se précipile en avant et jette un cri : c'est Benoît! il respire encore; on s'empresse autour de lui; bientôt il rouvre les yeux et va parler: — «Mon capitaine? où est mon capitaine?» — M. Robert est dans les bras du bon matelot, que les caresses de sa rdle achèvent de rappeler h la vie.
Après quelques jours donnés aux soins de la santé des naufragés , chacun raconte son histoire. M. Robert apprit h sa femme qu'il avait été fait prisonnier avec son vaisseau, par des pirates qui l'avaient retenu plusieurs mois; un vaisseau français , faisant route en Amérique, avait enfin chassé le pirate jusque dans son repaire, et rendu la liberté au BougainvUle et h son équipage; mais il avait fallu retourner aux États-Unis , ce qui avait encore relardé son retour de plusieurs mois. Enfin, en revenant, une première tempête les avait maltraités cruellement, et une deuxième, entièrement naufragés en vue du port. Heureusement le vaisseau était assuré avec sa charge, et M. Robert pouvait reprendre le cours de ses opérations, grâce à la reconnaissance de Benoît, qui lui avait sauvé la vie.
Mme Robert, à son tour, fit connaître h son mari ce que Laure avait fait pour sa fille et pour elle; M. Robert ne savait lequel admirer davantage, de l'action héroïque du père ou du courageux dévouement de la fille: «Ah! disait-il , combien l'on verrait peu d'hommes égoïstes, s'ils connaissaient le bonheur que l'on éprouve à faire du bien, et s'ils étaient témoins de pareils traits de reconnaissance! »
Mais qu'eût pu faire la reconnaissance de Laure, si elle n'y eût pas joint la puissance morale et les ressources que donnent une éducation soignée et une instruction solide ?
Mlle Adèle Dermon ,
do l'inslitutioii de Mlle A ..
Quant à celte classe si intéressante dans laquelle I homme doit chaque jour au travail de ses bras son pain, celui de sa femme et de ses enfants, il est bien rare que les femmes n'y travaillent pas aussi du malin au soir, pour ajouter à la petite aisance de la famille.
Mme DE «AWR.
Le travail des classes élevées conduit à la fortune, à la considcraiion., aux honneurs, aux récompenses nationales. Mais que revient-il au modeste ouvrier de ses labeurs pénibles, si ce n'est le plus souvent beaucoup de fatigue, peu d'argent, point d'iionnneur?
Le germe des passions qui nous agitent et des vices qui nous rabaissent se rattache à notre organisation, et comme l'éducation peut en comprimer l'essor, c'est elle avant tout qu'il faut répandre, perfectionner, cl approprier surtout aux diverses positions de l'homme dans la société A CHEVALIRR