‹ Les enfants peints par eux-mêmesChapitre 37 sur 58 · I.Abllli · texte numérisé non relu

I.Abllli

cevoir le [H'ix; niais au lieu do resler une demi-journée à la ville, ainsi qu'elle en avait l'habilude, elle lentia deux heures après. Mme Uobeit et Anaïs la virent venir de loin, presque courant et agitant un [)apier au-dessus de sa tète. «Voyez, leur dit-elle en arrivant, hors d'haleine, tout n'est pas perdu , le ciel aura peut-être pilic de nous ; » puis, déployant le journal quelle tenait à la main, elle lut : « Le u Septeiiirion, rentré hier en loi't mauvais état, a déclaré (( avoir rencontré le Bougainville, (jue l'on croyait perdu de- « puis neuf mois...» — Le Bougainville, entendez-vous, maman? le vaisseau de mon père ! « mais marchant avec peine «et soulïrant beaucoup d'une voie d'eau à la cale; on a « envoyé un vaisseau à vapeur, pour le remorquer, s'il est " possible, ou pour sauver au moins l'équipage. » — 0 mon

Dieu! veille sur lui, dirent à la lois les trois personnes qui lisaient ceci.

La journée fut assez belle, h la grande joie de la famille Uobert, qui tremblait au moindre nuag(î qui paraissait au ciel; mais vers le soir le tenq)s haîchit tout à coup, le veut changea, et la mer counnenya à se soulever; bientôt la

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pluie lomha à Ilots, aocoiupagncc <le tonnerre et (réclaiis: puis la mer, gonllanl ses vagues coinnie des nionlai^Mies . grondait avec Inrie : Mme Robert et sa famille, en i)ioie aux plus cruelles angoisses, avaient les yeux fixés sur riioi'izon plein de ténèbres qu'illuminaient seuls de rouges et larges éclairs. Tout h coup. Laure poussa un cri de terreur et de désespoir: «Oh! que? Dieu ait pitié de nous! j'ai cru entendre le bruit d'un coup de canon; si c'était le canon d'alarme du IJougaimnl/e !... Hélas! je n'en saurais douter, ceséchdrsqui rasent les tlots, et ces coups retentissants que les vagues nous apportent <à intervalles réguliers. . . c'est le canon d'alai-me du Boiigainvillc; on y répond du fort, on ira à son secours, mais arrivera-l-on à temps?... » — La tempête redoublait de fureur, et le canon se faisait toujours entendre; bientôt les explosions deviennent plus rares; la famille Robert écoute et regarde avec terreur, elle appelle de tous ses vœux un coup de canon qui lui prouve que le vaisseau existe encore; mais rien — rien encore.... plus rien! Mon Dieu! tout est fini ! — Laure cependant vient d'allumer un fanal et se promène le long du rivage; ses pieds se heurtent contre un objet, elle fait un faux pas et porte la main en avant; elle rencontre un corps. Llle appelle, on vient h sa voix ; c'est un des malheureux naufragés! on le transporte à la chaumière, on lui prodigue tous les soins; enfin il revient à lui ; il parle! 0 bonheur ! 0 joie inespérée ! C'est lui , c'est le capitaine Robert ! Anaïs et sa mère le couvrent de baisers; Laure se retire en un coin et pleure, car l'Océan ne lui a pas rendu son père, à elle. M. Robert, tout à fait revenu h lui-même, s'aperçoit de la douleur de sa fille adoptive : — Et loi, Laure, lu ne te réjouis pas ! — Je pleure mon père, hélas ! — Ton père ; oui. c'est vrai ; ô ciel ! se serait-il perdu pour me sauver ! car c'est lui qui, nageant avec une force surhumaine, m'a porté jusqu'au rivage. Venez, suivez-moi. peut-èlre serons-nous

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