‹ Les enfants peints par eux-mêmesChapitre 40 sur 58 · LA MLLE DE L'OLIVKIEU · texte numérisé non relu

LA MLLE DE L'OLIVKIEU

difréreiiimeiit, nous nous nionlreiions indignes de notre supériorité. D'aïlleuis, nous ne devons pas ignorer que dans les derniers degrés de l'échelle sociale, comme dans les premiers, l'on rencontre souvent des cœurs nobles et généreux, des intelligences élevées, des vertus d'autant plus dignes de tous nos respects, que dans les positions inférieures la vertu est toujours plus difficile, les ressources nioralçs y étant plus bornées, les occasions de faillir plus fréquentes. Soyons donc heureux de ce que le Ciel a fait pour nous; montrons-nous reconnaissants envers lui de ce qu'il nous a placés dans telle position, quand il pouvait trèsbien nous placer dans telle autre de beaucoup inférieure ; mais n'en soyons ni orgueilleux ni tiers avec ceux qui sont placés au-dessous ; car telle n'est pas la volonté de Dieu , qui , en nous faisant inégaux entre nous, nous a tous faits égaux devant lui. Ce n'est pas un habit giossier , des manières rudes, un langage incorrect, qui méritent notre mépris; c'est le vice : réservons-le lui donc toutenlier; mais à r honnête homme, quels que soient sa fortune, son pays, son rang et son habit , gardons notre estime , nos égards , notre intérêt.

Tels eussent été les sentiments que vous eût inspirés le brave Tassarl; certes, il ne biillait ni par ses belles manières, ni par son éloquence, ni par ses habits; il se présentait gauchement, parlait tout juste assez bien pour se faire comprendre, et ne portait que du gros drap. L'intérieur de sa demeure était simple comme sa personne, tout ce qui pouvait rappeler le luxe en était banni; on n'y voyait que des meubles en bois blanc , en chêne , en noyer tout au plus ; mais ses enfants étaient bien couverts, sa famille n'avait jamais connu la misère , et , quoiqu'elle lût assez nombreuse , Tassart n'avait jamais contracté un sou de dette. C'est que c'était un laborieux ouvrier, ardent à la besogne ol lent au plaisir, et qui , de sa vie, n'avait connu le repos.

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