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Car c esl siirlout à rouvrier que I on peut ai>|)li(iiK'r (('lie parole du Seigneur : « Tu mangei'as Ion pain à la sueui- de ion front. » Mais Tassarl était bien loin de se liouver malheureux : n'avait-il pas une femme douce, économe, rangée, sur l'affection de laquelle il pouvait compter, et des enfants qui ressemblaient à leur mère? 11 est si doux d'être l'appui et le soutien de ce qu'on aime! Il était si joyeux en venant les retrouver le soir, dans cette chambre bien pauvre et bien petite, il est vrai, mais pour lui plus grande que l'univers, puisqu'elle contenait tout son bonheur, sa femme et ses enfants! Ah! qu'il était heureux en montant l'escalier étroit et mal éclairé qui conduisait à sa petite habitation , quand il entendait les voix si chères, si connues de ses petits enfants, qui, l'appelant du plus haut de l'escalier, couraient h sa rencontre et l'entouraient de leurs bras caressants! L'une essuyait la sueur qui couvrait son front; l'autre lui contait sa journée h l'école et lui faisait le calcul de ses bons points; tandis que sa femme le boudait, trouvant toujours qu'il revenait trop lard, quoique le pauvre homme se fût bien hâté; le temps paraît si long loin de ceux que l'on aime ! Ce n'est pas que Tassart fût exempt de tous défauts; non , au milieu de qualités bien précieuses se glissaient quelques défauts qui auraient pu acquérir de l'importance, si Mme Tassart n'avait pu prendre assez d'influence sur son mari pour neutraliser l'elfet de ses imperfections.
Il était d'une vivacité qui touchait à la brusquerie, avec sa femme surtout; car, avec ses enfants, il se montrait toujours d'une douceur et d'une patience à toute épreuve. Ce défaut n'était donc pas le plus grave, malgré les petiles contrariétés qu'il faisait éprouver à Mme Tassart; mais le brave ouvrier avait contracté l'habitude de fêler le lundi . habitude commune au plus grand nombre des ouvriers. On comprend que ces hommes . livrés pendant toute une
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semaine à dos ira vaux durs el pénibles , ont besoin, plus que lous aulres, de donner répit à leurs fatigues, et de puiser de temps en temps de nouvelles forces dans le repos; le dimnnche peut-être leur suffirait; quoi qu'il en soit, presque lous fêtent le lundi, et Tassart le fêtait comme les aulres; sa femme avait en vain tenté de réformer celle mauvaise habilude , ses efforts avaient été inutiles. Pourtant c'est une grande perle pour la famille de l'ouvrier que cinquante-deux jours de travail en moins dans Tannée, ce qui, joint aux cinquante-deux dimanches et aux autres grandes fêles où l'on ne travaille pas, fait un total qui dépasse cent huit journées. A 4 francs par jour, il se trouvait ainsi qu'à la fin de l'année Tassart avait manqué de gagner 432 francs, somme énorme pour une pauvre famille ! Mme Tassart avait représenté toutes ces raisons à son mari, mais il n'en avait pas tenu compte, et elle s'était vue obligée d'augmenter son travail et son économie déjà bien sévère, pour suffire aux besoins de la fnmille.
Cependant les enfants avaient grandi ; Pierre, l'aîné, venait d'entrer en apprentissage, et la petite Françoise, qui louchait h sa dixième année , commençait à aider sa mère dans le ménage; je n'ai pas besoin de vous dire que les enfants de l'ouvrier commencent h s'employer utilement aussitôt qu'ils le peuvent, et à soulager leurs parents autant qu'il leur est possible. C'est donc un grand bonheur pour l'ouvrier d'avoir des enfants d'une intelligence précoce, qui de bonne heure comprennent la nécessité du travail , et s'y rendent propres; h cet égard , M. et Mme Tassart n'avaient rien à désirer. Pierre avait profité des leçons qu'il avait reçues h l'école mutuelle; il calculait facilement, possédait une assez belle écriture; le dessin linéaire surtout avait attiré son attention , il y avait fait de grands progrès; l'histoire de France et la géographie ne lui étaient pas non plus étrangères ; il avait de bonne heure montré une grande