LA FILLE DE LOI VUIEK
:iflèclueiise, elle revint à la charge, quim soir son pcre lui (lit enfin : «Puisque ça le fait tant de plaisii", cli bien ! j'irai aussi à l'école du soir ; là ! es-tu contente? » Françoise ne répondit qu'en embrassant son père avec joie.
Tassait alla donc à l'école; il lui ariiva ce qui arrive^ toujours quand on le veut bien : il lit des progrès qui l'encouragèrent; et au bout d'un an, quand sa fille et sa femme se représentèrent chez l'architecte, on ne put plus leur opposer l'ignorance de Tassarl, et il fut accepté de prime aboid. Il s'acquilla à la satisfaction générale de ses nouvelles fonctions. Bien (jue ses gains fussent beaucoup plus considérables, il ne voulut rien changer h sa manière de vivre, ei ne fit pas plus grande dépense que lorsqu'il n'était qu'ouvrier. Le surplus élait placé h la caisse d'épargnes, pour Françoise. Un an se passa ainsi; Françoise avait quinze ans: elle parlait souvent à son père d'enlreprendre quelque affaire pour son compte, mais celui-ci n'osait pas. Un jour, cependant, il rentia à la maison avec un air très-préoccupé. — « Qu'as-lu donc, Tassai t? lui dit sa femme. — Moi? rien... rien... un peu de fatigue, peut-être. » Puis il retomba dans sa rêverie. Françoise, inquiète, lui dit à son tour: « Tu as l'air tout triste, petit })ère ! qu'as-lu donc? conte-moi ça; veux-lu ? — Quand je te le dirais, tu n'y pourrais rien.... — Peut-être ! tu ne peux pas le savoir avant d'avoir essayé... Dans tous les cas , je puis partager ton chagrin : n'est-ce donc rien? — J'ai tort, du resle, de me chagriner.... c'est unepelile conlrariélé... voilà tout... .M. Jénard m'a proposé aujourd'hui une superbe affaire... mais il faudrait verser une somme de 3,000 francs, et oîi veux-lu que je les trouve? — N'est-ce que cela? dit Françoise en sautant de joie et se dirigeant vers sa commode, oîielle prit un pelitlivie qu'elle présenta triomphalement à son père ; tiens, père, tu vois bien ce petit livre?... Eh bien, il y a l«à juslement la somme qu'il te faut, et demain nous irons la cheicher... — Quel
LA FILLE DE LOI VRIEli
est ce livre? dit le père étonné, — Un livret de la caisse d'épargnes... — Mais cet argent l'appartient, chère enfant,
et je n'y venx pas toucher; c'est ton hien propre. — Mon bien ! mais une fille a-l-elle quelque chose qui ne soit h son père?... D'ailleurs, avec cet argent tu en gagneras l)eaucoup d'autre, j'en ai la certitude, et quand tu seras riche , ne leserai-je pas?... »Tassart fut obligé de cédera sa fille; il fit l'affaire en question, qui lui réussit parfaitement, cellelà et beaucoup d'autres encore. Aujourd'hui, Tassartestun entrepreneur riche, estimé, considéré; toule sa famille vit dans une opulente aisance, et bientôt il établira solidement ses enfants. Or, h qui est due toute cette prospérité, tout ce bonheur, toute cette fortune? aux efforts d'une petite fille, à sa précoce raison , à sa docilité à se laisser guider par sa^ mère, h sa tendresse pour les auteurs de ses jours. Ah! que Ton verrait peu d'enfanis mériter des reproches par leur conduite ou par leur caractère , s'ils étaient tous persuadés que l'avenir de leur famille , sa prospérité ou son infortune, son bonheur ou son malheur, dépendent souvent de la salisfaclion ou du chagrin qu'ils lui causent !
Miss Mary Ivernerey ,
f!e rinstiliitinn de iVllIe Poncclct.
Dp l'anlique focric il raconte uni' liisloiro ; 1,'oratoiir qui la croit, l'altoslc cl la fait croire ; lu spcclre, dilTun d'eux, parait vers le srand bois , Le jour de la tempête on enlendil sa voix : Un autre en fait d'abord la peinture effrayanle, Le crédule auditoire est frappé d'épouvante: Le silence et la peur augmentent par degré , Kl plus prés du foyer le cercle est resserré.
SAlM-LAMBEin
PUSILLAlNlMïTt.