LOI I SE
(ral)Oiil embrassée familièrenienl; mais lorsqu'apiès le premier instant il l'examina avec plus de soin , ii se trouva pénélié (l'un respect réel pour cette jeune personne : h son maintien sérieux , h sa parole calme et réfléchie , à son regard pénétrant , il comprit toute l'étendue de ce beau cal'actère, il devina tontes ses vertus, et sentit que c'était surtout à elle qu'il devait de la reconnaissance. Tout le monde dormit bien sous ce toit où la joie habitait avec l'innocence et la paix. Le lendemain , Joseph prit son frère h part, et, lui présentant un portefeuille : «Jacques, lui ditil , tu nous as laissé six mille francs , Louise n'a pas voulu que'noustouchassionsmênieaux revenus de cet argent; quoique bien jeune alors , elle a craint ce qui t'est arrivé , et a cru que tu serais heureux de retrouver celte somme accrue des intérêts. Ce portefeuille contient neuf mille francs , prends-le, il est à toi. — Tant de générosité ! 0 excellent frère ! et toi , généreuse Louise ! que vous me faites bien sentir aujourd'hui le malheui' de ma pauvreté, qui nie force à recevoir de vous cet argent, et me met dans rim[)uissance de vous prouver ma reconnaissance autrement que par des larmes ! »
Jacques sortit dès le matin ; à midi il revint , et dit à son frère : « J'ai revu aujourd'hui un ancien ami , il s'est montré si joyeux de mon retour, il m'a tant prié de venir dîner avec lui, que je n'ai pu refuser. — Ah ! j'avais cru que nous dînerions ensemble , Jacques; c'est la première fois depuis quatre ans. — C'est ce que je lui ai dit : « Eh bien ! amenez-moi vos enfants, m'a-l-il répondu, et votre frère et votre nièce, je serai enchanté de les recevoir. » 11 n'y avait pas moyen de s'y refuser, et j'ai promis pour tous.» A quatre heures , un superbe landau s'arrête à la porte des deux frères; Joseph s'étonne : « C'est la voiture de mon ami , lui dit Jacques ; il a voulu me faire la galanleiie tout entière. — 11 est donc bien riche? — Oh! très-
riche. » On monle en voiture; en dix minules on est ail'ivé dans la rue de la Chaussée-d'Anlin ; le landau roule dans la cour d'un hôtel magnifique. On descend , et Jacques promène sa famille dans une suite d'appartements d'un luxe inouï, et répète en passant d'une pièce à l'autre : « Mon ami tarde bien ! » Enfin on arrive à la salle h manger, où se trouve préparée une table somptueusement servie. « Mon ami ne vient pas, dit Jacques; il m'a dit de ne pas l'attendre , mellons-nous h table. Je fais ici comme chez moi. » On dîne, on cause , on se raconte le passé , on se redit vingt fois les mêmes choses, et on les accueille avec le même plaisir. A la fin du dîner , Jacques appelle Maxime , et , lui remettant une liasse de papiers , il lui dit : « Va porter cela à ta petite maman. » Louise ouvre les papiers, et à peine y a-t-elle jeté les yeux, qu'elle s'écrie : «Quoi ! mon oncle! il se pourrait?.... — Oui , mon enfont, cet hôtel que nous venons de parcourir est à vous ; je vous ai trompés en me présentant sous les apparences de la misère ; j'ai fait une fortune considérable; tu tiens entre tes mains un contrat de vingt-cinq mille livres de rente, c'est la moitié de ce que j'ai gagné, et c'est bien peu pour reconnaître une amitié comme la vôtre , comme la tienne, mon bon Joseph! Tuas fait, Louise , l'apprentissage de toutes les vertus nécessaires à la médiocrité , fais maintenant l'apprentissage des vertus nécessaires à l'opulence; tu les trouveras peut-être plus difficiles.»
Mlle Albertine de Vandeuil.
Pages.
Avis de TÉditeur v
Préface vn
La Pensionnaire 1
r.oquellorie 17
Balhilde 33
La petite Paysanne 49
Curiosité 05
Marie 81
La Bonne d'Enfants 97
Caprice 113
Clotilde 129
La Sous-Maîtresse 143
Moquerie 161
Laure 177
La Fille de l'Ouvrier 193
Pusillanimité 209
Julie 225
L'Élève du Conservatoire 241
Jalousie 257
Louise 273