PREFACE
La question des enfants retardataires ne sera traitée, eïi ce petit volume, qu'au point de vue médical. C'est en médecin que nous examinerons les retards du développement physique et du développement intellectuel chez ces enfants. Beaucoup de gros livres ont déjà été écrits sur ce sujet; nous les signalerons chemin faisant; mais ces travaux sont presque exclusivement écrits au point de vue pédagogique et social; les philanthropes, les sociologues, les hommes politiques, les administrateurs, les hygiénistes, les aliénistes ont beaucoup étudié la question des enfants arriérés (1). Mais ils n'ont guère en vue que les retards du développement intellectuel ; ils ne se sont nullement occupés des retards du développement physique, qui peuvent ou non accompagner les premiers; ils n'ont pas cherché à établir un lien entre les deux, et à trouver la cause physique du retard intellectuel constaté. Au point de vue thérapeutique, en s'adressant exclusive-
(l) L^extension de la signification du terme « enfant arriéré » est devenue telle dans certains de ces ouvrages, quUl est X3resque synonyme d'idiot. N'ayant nuUement en vue l'étude de ridiotie, nous avons préféré employer le terme u enfant retardataire », afin d'éviter toute amphibologie.
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ment à des méUiodes pédagogiques, en se bornant à la simple gymnastique intellectuelle ou même physique, ils arrivaient parfois à atténuer les symptômes du mal, mais n'obtenaient pas d'améliorations persistantes, parce qu'ils ne s'adressaient pas au mal luimême.
C'est seulement depuis peu de temps que. la question a été abordée à un autre point de vue. Le retard du développement physique a été étudié à son tour, ainsi que les curieux états d'arrêts de la croissance physique et intellectuelle que Lasègue a caractérisés du nom d'infantilisme. Enfin, parmi les arrêts du développement ph^'sique aboutissant au nanisme et à ridiotie, Bourneville nous a appris à distinguer un type spécial : Vidiotie myxœdémateuse ; il a ouvert ainsi la voie aux travaux qui ont montré l'influence des troubles de fonctionnement du corps thyroïde sur les arrêts de la croissance physique et psychique. Je fais allusion aux beaux travaux de Thibierge, de Hertoghe et de Brissaud.
La conséquence s'imposait : le traitement thyroïdien des sujets retardataires. Les résultats qu'en a obtenus Hertoghe ont été si encourageants, si merveilleux même, qu'une exagération s'est forcément produite. Tous les faibles d'esprit, tous les infantiles, tous les retardés ont été taxés de dysthyroïdie, et certains arrêts locaux de développement physique, tels que l'achondroplasie, ont même été attribués à une origine thyroïdienne. On a oublié un peu trop vite, à ce moment, que bien d'autres altérations viscérales peuvent gêner l'organisme dans sa croissance, et le premier moment d'engouement passé, voici qu'à côté des dystrophies thyroïdiennes, l'on décrit des dystrophies d'autre nature : vasculaire, hépatique, splénique, orchidienne.
Toutefois la tendance générale reste la même : on n'attribue plus tout au corps thyroïde, mais c'est néan-