‹ Les enfants retardataires; arrêts de la croissance et troubles du développementChapitre 3 sur 35 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

moins à des altérations physiques, organiques, que Ton fait remonter la cause première des retards de la croissance. Par suite, leur traitement tombe désormais du domaine de la pédagogie dans celui de la médecine.

D'autre part, les retards du développement intellectuel ont été bien distingués des déviations du fonctionnement cérébral tenant à des lésions du cerveau même. Les lésions du cerveau survenant pendant la vie fœtale ou même dans le bas âge ont pour conséquence l'idiotie. Ce n'est pas à Vidiotie que nous consacrons ce livre. Les idiots ne sont pas plus des retardataires qu'un amputé des deux jambes n'est un nain. L'idiot est incurable, parce que telle ou telle partie de son cerveau est fonctionnellement détruite. On ne la fera pas plus repousser qu'on ne redonnera des jambes à notre amputé. Tout au plus peut-on créer par l'éducation et l'habitude des suppléances fonctionnelles imparfaites.

Chez les retardataires au contraire, le développement peut reprendre à un moment donné et se compléter, il en est du moins ainsi pour un certain nombre de ces sujets. Le médecin doit aujourd'hui apprendre à saisir le déterminisme de ces arrêts de croissance ; il saura parfois y remédier et aura la joie d'avoir rendu à la vie normale des êtres autrement condamnés à rester de grands enfants, et, chose plus terrible, de vieux enfants.

Page 1