TUBERCULOSE
Il y a longtemps que Ton a remarqué combien la tuberculose des parents avait une influence néfaste sur le développement des enfants, môme lorsque ceux-ci ne sont pas eux-mêmes entachés de tuberculose.
Hirtz de Strasbourg a consacré sa thèse inaugurale à ce sujet (\). Mais c'est surtout Lasègue qui a mis ce point en lumière.
Lasègue faisait remarquer avec quelle fréquence on observe la coïncidence de la tuberculose et du défaut de développement de la virilité, qu'il a été le premier à caractériser du nom d'infantilisme. Il a inspiré sur ce sujet la thèse d'un de ses élèves (2), Faneau de la Cour, et, dans la préface qu'il a écrite pour cette thèse, il n'évalue pas à moins d'un tiers des sujets les tuberculeux qui présentent un défaut de développement de la virilité. « En avançant dans la vie, nous voyons, dit-il, disparaître par la phtisie pulmonaire ces êtres avortés, dont le développement paraît avoir été influencé dès les premières années par une prédisposition, disons mieux, par un corps étranger qui était en eux. » Phrase remarquable pour l'époque, et dans laquelle on est tenté de voir un pressentiment des doctrines qui devaient être démontrées ultérieurement : 4'origine parasitaire de la tuberculose, et les arrêts de développement par castration parasitaire.
Quels désordres produit la tuberculose dans l'organisme, pour que l'arrêt de la croissance en soit une conséquence aussi fréquente? Nous ne pourrons le dire qu'après avoir étudié l'anatomie pathologique des infantiles. Remarquons seulement pour le moment que ce n'est pas le seul fait d'être tuberculeux qui cause cet arrêt.
fl) HiRTz. — Thèse de Strasbourg, 1836.
(2) Fankau de la Cour. — Thèse de Paris, 1871.
42 ËTIOLOGIE.
Combien d'enfants atteints par la tuberculose se développent normalement pour un, qui, comme Victor Ch. . . reste^ à vingt et un ans, semblable à un enfant de huit ans. L'insuffisance du développement de la virilité, telle que la signale Lasèguc, est bien loin ellemême d'être constante chez les jeunes tuberculeux. 11 est d'observation courante que les tuberculeux sont au contraire et bien malheureusement très prolifiques, semblables à ces arbres dont une blessure ou une maladie a profondément lésé le tronc et qui, pour leur dernière année de vie, multiplient leurs fleurs et leurs fruits. (De là la pratique des vignerons d'inciser circulairement au printemps le bois des ceps qui doivent être arrachés après la prochaine vendange.) Lasègue semble du reste considérer l'infantilisme plus comme une cause prédisposante à la tuberculose, que comme la conséquence de l'infection tuberculeuse.