‹ Les enfants retardataires; arrêts de la croissance et troubles du développementChapitre 24 sur 35 · INTOXICATIONS · texte numérisé non relu

INTOXICATIONS

Parmi les intoxications chroniques, c'est l'alcoolisme qui est le plus souvent en cause (1).

« L'hérédité alcoolique peut ne se traduire que par une faiblesse congénitale. Magnus Huss avait déjà signalé la diminution de la force physique, l'abaissement de la taille, la stérilité relative et l'accroissement de la mortalité comme des effets de l'abus de l'eau-de-vie de Suède.

«Dans les pays de vignobles où, par suite des maladies de la vigne, les eaux-de-vie se sont peu à peu substituées au vin, les officiers de recrutement constatent d'année en année une diminution de la taille, llatureau note que, dans l'arrondissement de Domfront, celui du département de l'Orne où se commettent le plus d'excès d'alcool sous forme d'eau-de-vie de poiré particulièrement, la taille s'est plus abaissée que dans les autres arrondissejnents ; quelques cantons n'ont pu fournir aucun conscrit ayant la taille réglementaire. »

Morel avait déjà noté que les individus qui se livrent à l'alcoolisme dès leur jeunesse restent de petite taille et n'acquièrent jamais un développement musculaire normal. Les descendants de buveurs sont dans le même cas. Frêles, avec une poitrine étroite et aplatie, n'ayant qu'un système pileux peu accusé, ils portent le sceau de l'infantilisme^ Une conséquence de l'affaiblissement progressif de la lignée des alcooliques.

(1) L'alcoolisme chronique, in Legendre, article Hérédité, in Traité de pathologie générale Ae BoacHAfit), t. 1 p. S66.

IiNTOXIGATIONS. 47

c'est qu'elle est vouée à rimpuissance et à la stérilité et ne tarde pas à disparaître (1).

Voici un exemple de retard physique et psychique chez le fils d'un alcoolique mort de delirhun tremens. Toutefois il s'agit ici plus de féminisme que d'infantilisme.

D..., vingt ans, né à Puteaux; son père était un ivrogne ; il est mort dans un accès de delirmm t remens : sa mère est morte d'unes affection cardiaque.

Bien qu'âgé de vingt ans, il n'en parait pas plus de seize ; il est d'une taille peu élevée ; ses formes sont efféminées ; il est assez bien musclé, mais plutôt comme une femme que comme un homme. Le système pileux est peu développé ; le visage imberbe; il y a seulement quelques poils follets sur la région sternale. La poitrine est arrondie ; les mamelles grosses comme des oranges, comme celles d^une fille de quinze ans ; le mamelon est rose, très bien développé, la peau est blanche et délicate. ^ Le pubis est assez bien garni ; comme chez la femme, les poils s'arrêtent brusquement, et forment un triangle très nettement limité; la verge est très courte, les testicules petits. D... prétend qu^il n*a jamais vu de femmes; mais il a des érections fréquentes et des éjaculations. La voix a le timbre grêle et aigre de celle d'une fillette de douze à tr%ze ans. Il existe encore des dents de la première dentition^ qui aurait été retardée au dire du sujet. La seconde dentition a été également retardée.

D... est peu intelligent. Bien qu'il soit allé longtemps à l'école, il sait à peine lire et compter, il ne connaît même pas la table de Pythagore, il ne sait pas écrire. C'est un vagabond habitué des prisons. Il a déjà subi cinq condamnations pour maraudage, vagabondage, vol à l'étalage. Il ne témoigne aucun regret; aussitôt sorti, il recommencera et se fera enfermer de nouveau (2).

Voici encore un exemple que nous empruntons à Edmond Fournier.

Infantilisme et obésité chez un descendant d'alcooliques, — Garçon âgé de seize ans et demi, infantile, absence complète de barbe et de poils, organes génitaux peu développés, obésité, intelligence faible. Le père est alcoolique, fils et petit-fils d'alcooliques invétérés.

Lorsque l'alcoolisme de l'enfant s'ajoute à rhérédité alcoolique, les conséquences sont encore plus désastreuses. Lancereaux a observé une fille de quatorze

Legrain. — Hérédité et alcoolisme, 1899. Laobwit. — Les bisexués, p. 2».

48 ÉTIOLOGIE.

ans, atteinte de cirrhose hépatique alcoolique et de paralysie atrophique alcoolique des membres inférieurs. Elle ressemblait à une enfant de cinq à six ans au plus. Tout habillée, elle ne pesait que 30 livres. La hauteur de sa taille, du talon au vertex, n'atteignait que 97 centimètres. Sa tête était petite. La physionomie avait un caractère sérieux et triste. Elle ne riait jamais, mais elle avait Tintelligence vive. Cette enfant, depuis l'âge de vingt-deux mois, avait ingéré chaque jour près d'un litre de vin; depuis Tàge de sept à huit aps, après chaque repas, sa mère lui administrait un petit verre de crème de menthe, de chartreuse ou de raspail pour faire la digestion, puis des vins de quinquina, de malagapour la fortifier, du byrrh pour ouvrir l'appétit. Le père et la mère étaient eux-mêmes alcooliques.

Moins fréquemment observées que l'alcoolisme, les autres intoxications des parents ou du jeune enfant peuvent avoir des conséquences analogues. Les empoisonnements par le plomb, le mercure, le sulfure de carbone, le tabac (ouvrières des manufactures), l'opium et ses dérivés peuvent avoir les mêmes conséquences. Les vices d'alimentation, une alimentation vicieuse ou insuffisante, l'abus d'aliments toxiques, (moules, par exemple, chez les Fuégiens) ont aussi pour conséquence la déchéance de l'individu et de la race. Une mauvaise hygiène, des souffrances physiques ou morales du père ou de la mère à l'époque de la conception, et de la mère pendant la grossesse ont des résultats analogues. On connaît bien, à Paris, la faiblesse particulière de la génération qui a tiré au sort en 1891, révélée par la grande proportion d'exemptions du service militaire pour exiguité de taille ou faiblesse de constitution. C'est la génération née en 1871, la génération des « enfants du siège », étudiés par Féré (1).

(1 ) Féré. — Les enfants du siège. Progrès médical, 1884, p. 245.

Les infections, les intoxications qui frappent dans sa totalité un organisme en bas-àge, au début de son développement, amènent facilement, nous venons de le voir, des troubles, des arrêts, des déviations de ce développement. 11 peut en être de même de lésions qui, au lieu d'agir sur la totalité de l'organisme, sont des lésions locales, au moins primitivement ; mais elles retentissent finalement sur le développement général du jeune être, et, de même que les infections, to xi-infections et intoxications, elles peuvent aboutir aux états de dystrophie que nous étudions.

Les maladies du cœur, les maladies du foie, celles de la rate, celles ô,\x corps thyroïde peuvent produire ces résultats. Les maladies du cerveau entravent aussi notablement le développement, mais avec élection sur telle partie du corps, ou telle fonction cérébrale, selon le point du cerveau lésé. De graves lésions cérébrales infantiles peuvent ne léser que partiellement l'organisme, causer, selon leur localisation cérébrale, l'hémiplégie avec ou sans atrophie ou athétose, l'idiotie, la cécité,. etc. Mais, en dehors des parties dont les centres sont ainsi lésés, le développement continue le plus souvent sa marche. Aussi nous n'insisterons pas davantage sur ces sujets.

En effet, ce ne sont pas les organes de la vie de relation, mais bien les organes de la vie végétative, de la vie de nutrition qui influent le plus, cela se comprend, sur la croissance, phénomène de nutrition par excellence. Nous allons étudier successivement à ce point de vue les maladies du cœur, des poumons, des vaisseaux, des reins, du foie, de la rate, du corps thyroïde.

Affections du cœur. — Une série de publications récentes, contenant des observations très suggestives

Apert. — Enfants retardataires. 4

bO ÉTIOLOGIE.

nous facilitent Tétude des relards de développement liés à des lésions cardiaques survenues dans le tout jeune âge ou même dans la vie fœtale. Le regretté Armand Delpeuch a publié (i) une observation qu'il intitule « Rétrécissement mitral et arrêt de développement » et qu'il a fait suivre de commentaires des plus suggestifs ; Gilbert et Rathery (2) ont consacré un travail au « Nanisme mitral » ; Luigi Ferranaini a écrit sur T « Infantilisme mitral » une série d'articles (3)' avec quatre observations.

Déjà antérieurement, sous l'inspiration de Huchard, Cailleux avait écrit sa thèse « De la longue durée du rétrécissement mitral pur » (4) ; il montre que c'est l'adaptation des autres organes par leur diminution fonctionnelle, qui permet au cœur atteint de sténose mitrale de suffire à sa tâche. C'est dans la sténose des jeunes adolescents, et surtout dans la sténose infantile que cette diminution atteint son apogée. Il en résulte un véritable infantilisme mitral qui a pour effet de rétablir l'harmonie nécessaire entre le cœur et l'organisme tout entier.

Dans ces différentes publications, je vais puiser quelques observations :

Voici d'abord celle de Gilbert et Hathery :

Homme de cinquante-quatre ans, chétîf et malingre. On est frappé de sa petite taille (1™,42S il P^se à peine 84 livres. Seul de sa famille, il est petit ; son père et ses trois frères sont tous grands (lm,65 à 1™,80); sa mère était plutôt petite, et atteinte d'une affection cardiaque depuis longtemps, lorsqu'elle est morte à soixante-dix-huit ans.

Dans toutes ses réponses, cet homme témoigne d^un état psychique particulier. Très bavard, parlant vite, zézayant, il écoute à peine les questions qu'on lui pose, ou n*y répond pas directement. Il est très occupé de lui, attachant énormément dlmportance aux moindres circonstances de la vie, vantant toutes

(1) Delpeuch. — Société médicale des hôpitaux^^% avril 1899.

(2) Gilbert et Rathery. — Presse médicale des 9 et 12 mai 1900. (3^ Luigi Fbrrannini. — Rifot^ma Medica des 5, 6 et 7 décembre 1900.

(4) Cailleux. — Thèse dé Paris, 1898.

ses qualités, réelles ou imaginaires, sans cependant prendre grand soin physique de sa personne, car il arrive à rhopital couvert d'éruption parasitaire et de pigmentation cutanée de même origine. C'est, de plus, un cramtif ; la moindre demande Tefiraie et ce n'est qu'après bien des paroles rassurantes qu'on arrive à connaître son histoire.

Son teint est pâle, de nombreuses rides sillonnent son visage ; toutes ses dents sont tombées et il présente un certain degré de prognathisme. Les cheveux ont toujours été peu abondants ; la barbe et la moustache sont assez fournies ; les sourcils manquent presque complètement ; au niveau du pubis, sous les aisselles, il y a quelques rares poils; on n'en note ni sur le thorax ni sur Tabdomeo.

Le larynx est peu saillant ; à la palpation, le corps thyroïde est peu volumineux. Le thorax n est pas déformé (périmètre tboracique passant par les deux mamelons, 78 centimètres) ; Tabdomen est légèrement ballonné (périmètre abdominal passant par les deux épines iliaques antérieures et supérieures, 79 centimètres) (1). Le malade est voûté, courbé sur lui-même.

On note à la main droite une cicatrice résultant de l'amputation d'un doigt supplémentaire.

Les organes génitaux paraissent indemnes ; le malade accuse des propriétés géoésiques.

On entend au cœur, au niveau de la pointe, un raclement diastolique; le dédoublement du second temps se perçoit tiès net à la base du cœur.

Suivent plusieurs autres observations semblables. L'observation de Delpeuch (2) est particulièrement intéressante. La voici :

Les pièces que je soumets à l'examen de la Société proviennent d'une malade qui est venue ces jours derniers mourir asystolique à l'hôpital Gochin. Elle avait fait, l'année dernière, un plus long séjour dans notre service, et nous avions pu déterminer alors la nature de l'affection dont elle souffrait, un rétrécissement mitral. Mais ce qui avait surtout attiré et retenu notre attention, c'est l'aspect même de cette grande fille de vingt-cinq ans. Malgré sa taille, sensiblement supérieure à la stature moyenne des Françaises adultes ; elle paraissait être très jeune, n'avoir qu'une quinzaine d'années. Elle nous offrait, en somme^ un exemple de ces arrêts de développement qui coïncident avec des altérations cardio-vasculaires et qu'on a groupés, avec tant d'autres syndromes disparates, sous l'étiquette très discutable d'infantilisme.

({) A remarquer cette prédominance des dimensions abdominales sur les dimensions thoraciques, qui est un caractère féminin.

(2) Delpeucu. — Société médicale des hôpitaux, 28 avril 1899

52 ÉTIOLOGIE.

Dans 80D passé pathologique, on relève les* faits suivants : sa mère est morte de la poitrine après deux ans de maladie et alors qu*elle-même n'avait que sept ans ; un de ses frères est mort de convulsions ; elle a perdu un autre frère et une sœur, le premier d^une affection qu'elle ignore, la seconde d'une variole. Son enfance à elle a toujours été maladive : vers deux ou trois ans, elle a souffert d'une adénite cervicale que Ton dut ouvrir (la cicatrice de l'incision se voit sur le côté gauche du cou, vers Tangle de la mâchoire); vers quatorze ans, elle a élé atteinte, pour la première fois, d'un érysipèle de la face assez grave ; depuis lors, sept récidives se sont produites, toujours plus atténuées ; à quinze ans survînt une variole qui a laissé peu de marques ; enfin, Taonée suivante ap[)arut un rhumatisme articulaire, rhumatisme bénin qui n'aurait frappé que quelques jointures, n'aurait duré que quinze jours et aurait cédé facilement au salicylate de soude. Elle se souvient qu'à ce moment, elle portait déjà, au dire du médecin, une lésion cardiaque, mais celle-ci devait exister bien avant cette attaque légère, car, depuis quelques années, elle avait des palpitations, ne pouvait courir, ni faire un effort, sans être arrêtée par la suffocation.

Retenons ces deux notions : une hérédité tuberculeuse, une vieille lésion cardiaque. De cette double source, source unique peut-être au fond, a découlé toute l'histoire de notre malade.

Nous aurons à revenir plus loin sur cette observavation de Delpeuch dont nous ne donnons ici que la partie étiologique. L'étude anthropométrique qu'il a faite de sa malade, les résultats de l'examen anatomique et les conclusions que l'auteur en tire au point de vue de la pathogénie de l'infantilisme et de la distinction de diverses variétés dans l'infantilisme trouveront leur place dans les chapitres suivants.

Affections des poumons. — C'est ici la tuberculose pulmonaire chronique qui est surtout en cause. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit de l'influence dystrophiante de la tuberculose infantile, et nous renvoyons aux deux observations d'infantilisme avec tuberculose que nous avons données (page 39).

Affections des vaisseaux et des reins. — On a signalé la coïncidence d'arrêts du développement avec une aplasie artérielle entraînant elle-même une néphrite interstitielle atrophique ; c'est ce qui nous

force à étudier dans un même chapitre les maladies des vaisseaux et celles des reins, ces annexes de l'aorte abdominale. En fait, dans les observations qui suivent, aplasie artérielle, aplasie rénale et arrêt de développement général marchent de pair. Mais quel est le primum movensi Nous le discuterons plus tard. Tenons-nous en maintenant aux constatations cliniques. Souques et Caslaigne (1) ont observé un sujet dont l'histoire peut se résumer ainsi :

Garçon de dix-sept ans, petit (l™,48), grêle, visage complètement glabre, atrophie génitale, quelques poils clairsemés au pubis, aisselles absolument lisses. Il ne paraît pas plus de douze ans. Né avant terme, il a toujours été malingre, n'a marché ryi'k deux ans et demi et a uriné au lit jusqu'à sept ans. Sujet à des colères, mais sans crises de nerfs, intelligence normale. Père aliéné. Dernier né d'une famille de douze enfants dont dix sont morts en bas âge, la plupart de méningite ou de convulsions internes.

Ce sujet étant mort de rhumatisme cérébral, Tautopsie révéla une aplasie du système artériel dans sa totalité. L'aorte a le volume d'un index de moyen calibre, les branches qui en partent sont toutes très grêles. Au contraire, l'artère pulmonaire a son volume normal, ainsi que toutes les branches veineuses. Les reins sont très notablement lésés ; le droit pèse 82 grammes, le gauche 10 i grammes. Ils sont atteints de néphrite atrophique lente. A noter une scarlatine dans les antécédents, dans la convalescence de laquelle Tenfant aurait uriné rouge.

Sans rechercher dans ce cas l'origine et la filiation des phénomènes' constatés, enregistrons leur coïncidence: infantilisme, avec aplasie artérielle généralisée et néphrite atrophique.

On a vu inversement des phénomènes de masculisme allant jusqu'au pseudo-hermaphrodisme associé chez la femme à une sténose aortique extrême (Betimann) (2).

Affections du foie et de la rate. — Nous réunissons

(!) Souques et Castaignb. — Société médicale des hôpitau.r, 1899, p. 566.

(2) Bbttmann. — Spécimens of extrême aortic stenosis ; masculine pseudo-hermaphrodism, nephrolithiasis, calcareous myofibroma of the utérus. Cincinnati Lancet CliniCf 1900, XLV, 456- 456. (Nous n'avons pu nous procurer cette observation.)

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forcément dans un même chapitre Tétude des affections du foie et de la rate, considérées au point du vue de leur influence sur la croissance. En effet, c'est dans les affections qui touchent à la fois ces deux organes que cette influence est évidente. Nous n'avons pas trouvé d'observation probante où l'un de ces organes fut touché à l'exclusion de l'autre. Nos observations se rapportent en effet presque toutes à la cirrhose hypertrophique biliaire et aux affections du même groupe, réunies par Gilbert, sous le nom de « famille biliaire. » Ou bien encore il s'agit de cirrhose d'origine paludique avec participation et hypertrophie notable de la rate.

C'est dans la maladie décrite par Gilbert sous le nom de cirrhose biliaire hypersplénomégalique que l'influence dystrophique est le plus marquée. « La cirrhose biliaire hypersplénomégalique, dit Gilbert, retentit d'une façon intense sur le développement général des malades jeunes qu'elle frappe. Les enfants restent grêles, chétil's. Leur taille et leur poids sont de beaucoup inférieurs à la taille et au poids des individus normaux de leur âge. Plus tard la puberté avorte ou est considérablementretardée;chezla femme, dans certains cas, la menstruation ne s'était pas encore établie après la vingtième année ; les seins ne se développent pas ; le système pileux reste tout à fait rudimentairc; les adolescents présentent les apparences d'enfants de douze à quinze ans. Dans quelques cas, on a noté des troubles dentaires portant sur les incisives, érosions cupuliformes, échancrures du bord libre comme dans la dent d'Hutchinson, sans que, bien entendu, il y ait lieu d'invoquer l'action dystrophiante de la syphilis héréditaire. »

Hasenclever a publié (1) l'histoire d'une famille

(1) Hasbnclever. — Berliner klinische Wochenschriff, 5 juin

Maladies locales. 55

dans Ia(|uelle chez trois enfants apparut dans le jeune âge une cirrhose biliaire entraînant un arrêt de développement marqué, ainsi que le prouve le tableau comparatif de la taille et du poids chez ces enfants et chez ceux qui restèrent indemnes.

Hayem (1) a publié deux cas d'ictère infectieux chronique splénomégalique ayant débuté dès le jeune âge ; ces deux sujets étaient restés infantiles.

Ce n'est pas l'imprégnation prolongée de l'organisme par la bile qui a ici une influence toxique dystrophiante. L'arrêt de développement peut se constater également dans les cirrhoses biliaires anictériques. P. LerebouUet en a rapporté un exemple des plus nets. Le sujet, âgé de seize ans, avait cessé de grandir depuis le début de la maladie, c'est-à-dire, depuis l'âge de douze ans ; ses neuf frères et sœurs s'étaient au contraire normalement développés. 11 existait une hypertrophie considérable du foie et de la rate sans ascite, mais avec une circulation veineuse notable. L'autopsie révéla des lésions de cirrhose biliaire évidente.

De même dans les deux observations suivantes de Lancereaux, il existait des lésions splénohépatiques considérables et l'ictère existait à peine.

Garçon de vingt et un ans, polisseur sur métaux. De petite taille, d'apparence faible, absolument imberbe, avec un pubis presque glabre et des testicules qui ont au plus le volume de ceux d'un enfant de douze ans, il prétend n avoir pas éprouvé jusqu'ici le moindre désir vénérien. Son teint est jaunâtre, légè<remeot subictérique, son abdomen très développé. Les veines superflcielles de la région sus-ombilicale sont dilatées, et des vergetures cutanées indiquent que le développement abdominal a dû être très considérable ; aussi ce garçon nous raconte qu'il a eu de Tascite et qu'on lui a pratiqué trois ponctions. Aujourd'hui, il n*a plus d'ascite, mais il est facile de s'assurer que la cause de ce symptôme était dans l'état du foie et de la rate.

Ces deux organes se font remarquer, en effet, par une augmentation de volume et une altération des plus manifestes. Le foie, lisse, induré, relativement mobile, commence à quelques

(1) Hayem. — Presse médicale^ mars 1898.

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millimètres au-dessus du mamelon et dépasse de trois travers de doigt le rebord costal; son bord est épais, ferme, fortement échancré dans Tintervaile des deux lobes. La rate occupe tout rhypocondre gauche et une grande partie de la cavité abdominale, car elle s'étend jusqu^à Tombilic et recouvre une portion du lobe gauche du foie ; elle forme comme un gâteau épais qui mesure ae 40 à 42 sur 20 à 22 centimètres. 11 n'y a plus trace d'ascite, mais il persiste un certain degré d'ictère, et bien que les fèces ne soient pas décolorées, l'urine n'en renferme pas moins de la matière colorante biliaire. D'ailleurs, il existe des taches purpuriques disséminées à la face antérieure des deux jambes, des épistaxis fréquentes, et un gonflement avec saignement des gencives.

Le cerveau, le cœur, les poumons ont leurs fonctions normales ; l'appétit est bon, il n'existe ni diarrhée, ni vomissements.

Malade, âgé de trente ans, jardinier, petit, mince, imberbe, avec des testicules à peine développés; il présente, comme le précédent, en même temps qu^une légère teinte ictérique de la peau, une augmentation considérable du volume de la rate et du foie, avec cette seule différence qu'il est un peu plus chétif, quoique son foie et sa rate soient relativement moins volumineux. Le premier mesure 25 centimètres au niveau de la ligne mammaire, le second 32 centimètres sur 21.

Affections des glandes génitales. — La destruction ou Tannihilàtion fonctionnelle dès le jeune âge des glandes génitales, testicule ou ovaire, entraîne, sur le physique et le moral de Tindividu atteint, des modifications bien connues. Que la castration soit chirurgicale, ou qu'elle soit réalisée par un processus pathologique (orchites infectieuse, ourlienne, typhique, blennorragique, tuberculose testiculaire, syphilis testiculaire), les conséquences sont les mêmes. Le développement génital de Tindividu s'arrête à partir de ce moment. Les orchites ourliennes des jeunes soldats en sont un exemple frappant. Si elles sont doubles, généralisées et destructives, la barbe cesse de croître les formes s'arrondissent, les seins prennent un certain développement ; il y a une tendance au féminisme (i). Inversement, chez la femme dont le'fe ovaires ont été

(1) Lereboullbt. — Gazette hebdomadaire^ 1877. — Charvot. — Société de chinivffie, 1891.

détruits ou enlevés chirurgicale ment, on peut voir une tendance au masculisme, poils au menton, voix forte, accentuation des saillies musculaires.

Les signes de féminisme que Ton rencontre si souvent chez les dégénérés et les aliénés, et, inversement, les signes de masculisme fréquents chez les dégénérées et les aliénées ont été attribués par certains auteurs à un insuffisant fonctionnement des organes génitaux chez ces malades (1).

Lorsque Tannihilation des glandes génitales est survenue dans le jeune âge, les modifications sont considérables. Il ne faut pas croire en effet que les glandes génitales soient complètement silencieuses avant la puberté. Déjà, à la naissance, le nouveau-né femelle se distingue du nouveau-né mâle par une taille plus petite, des formes plus arrondies, un ventre plus saillant, un bassin plus large. Dès Tâge le plus tendre, les différences physiologiques et psychologiques se dessinent entre garçons et filles et vont s'accentuant dans les premières années de la vie. Le besoin de mouvements et de cris des garçons, la vivacité de leur physionomie tranchent avec la douceur et le calme précoce des petites filles. On sait du reste qu'on observe dès la naissance un rudiment de spermatogénèse chez le petit garçon (2), un début d'ovulation chez les petites filles. La poussée mammaire des nouveau-nés traduit cette poussée génitale dont les menstruations et les pubertés anticipées signalées parfois chez le nouveau • né (3) ne sont que l'exagération anormale.

Chez les sujets mâles, l'absence de migration du testicule de l'abdomen vers les bourses entraîne tou-

(1) DupRÉ. — Développement anormal du système pileux chez les aliénées, Congrès des neurologistes de Limoges^ 1901.

(2) LoiSEL. — La préspermatogénèse, Congres de médecine^ 1900, section d'histologie, p. 40. — Prenant. — Etude sur la structure du tube séminifère. Thèse de Nancy, 1887.

(3) Traité des maladies de l'enfance de Grancher, Comby et Marfan, t. III.

58 ÉTI0L06IE.

jours un ceftain degré d'altération du processus spermatogénétique. Dans les testicules en ectopie abdominale profonde, ce processus est même nul ; il est plus ou moins entravé dans les ectopies incomplètes, inguinales ou funiculaires (i).

Les elTets de la castration dès le jeune âge ont été étudiés beaucoup mieux chez l'homme que chez la femme. La castration du mâle en bas âge se pratique encore fréquemment de nos jours dans les sociétés raahométane et chinoise, et les eunuques ont pu y être bien étudiés par diflFérents observateurs (2). Ce n'est que tout récemment que l'audace des chirurgiens a multiplié dans la société européenne les castrations de femmes; encore s'est-il agi pour ainsi dire constamment de sujets en plein développement génitaL

Pour toutes ces raisons, c'est chez le mâle qu'il nous faut étudier l'influence sur le développement ultérieur de l'annihilation fonctionnelle de la glande génitale.

Les eunuques n'ont naturellement aucun caractère de virilité. Le visage et le corps sont glabres; la face est arrondie, lunaire, sans expression ; les formes du corps et des membres sont indécises, une couche adipeuse, uniforme, remplace les saillies musculaires ; si la verge a été conservée, elle est minuscule.

Le caractère n'a non plus rien de viril, sans pourtant acquérir la grâce et la douceur du caractère féminin. L'énergie manque ; la souplesse et l'habileté la remplacent ; ce n'est que dans les civilisations en décadence, àByzance, que les eunuques ont pu parfois jouer un rôle politique, dans des cours où l'intrigue était plus utile que la grandeur de caractère.

Un point a été l'objet de controverses et mérite

(1) Branga. — Société de biologie^ 1899 et 1900. — Griffiths.— Retained lestes«in man and dog. Journal ofanatomy^ 1895, p. 209 et 221.

(2) Matignon, Médecin de la légation française de Pékin. — Superstition, crime et misère en Chine.

pourtant bien d'attirer notre attention, c'est la taille des eunuques. On la croit d'habitude plus élevée que la normale. Matignon pense que cette opinion est erronée ; elle a pris naissance parce que les voyageurs ont vu surtout les eunuques impériaux, choisis parmi les plus robustes ; souvent au contraire les eunuques sont petits, peu robustes, souffreteux. D'autres les décrivent comme ayant une taille très élancée, les faisant facilement reconnaître même de loin (1). Dans quelques cas d'atrophie ou d'ectopie testiculaires* remontant à l'enfance, que j'ai pu observer, il s'agissait de sujets gros et gras, obèses, à seins développés, à bassin élargi, à faciès lunaire, à voix féminine, à caractère indécis. Lataille n'étaitni supérieure, ni inférieure à la normale.

L'observation suivante de Dalché (2) semble montrer qu'un certain infantilisme pour ainsi dire régressif, peut même survenir lorsque la fonction testiculaire est pathologiquement interrompue chez un adulte.

En voici le résumé :

Dystrophie orchidienne (pseudo-myxœdème syphilitique ?). — Homme de trente-six ans, se plaignant d'une lassitude générale qui, depuis plusieurs mois, Tempêche de se livrer à tout travail. Face ronde, bouffie, pâle, vague apparence myxœdémaleuse, gonflement assez mou des membres inférieurs. La barbe, les poils du tronc et du pubis sont rares ; cet homme dit les avoir perdus depuis sa maladie. Corps thyroïde difficile à apprécier, organes génitaux petits, testicules atrophiés ayant les caractères des testicules syphilitiques.' Impuissance générale complète depuis plusieurs mois, parole lente, intelligence faible, mouvements rares et pleins de nonchalance.

Dans les antécédents héréditaires ou collatéraux, rien d'analogue. Chancre à vingt ans, orchite à trente ans.

Le traitement ioduré et les frictions mercuri elles n'ont donné aucun résultat. L'orchitine (Yvon) a au contraire produit une transformation.

11 ne me semble pas possible de qualifier de myxœdème la maladie dont a été atteint ce sujet; tout au plus pourrait-on dire pseudo-myxœdème syphilitique. Mais quelle que soit l'idée

(1) Godard. — Observations médicales et scientifiques sur TEgypte et la Palestine, Paris, 1867.

(2) Dalchô. — Société médicale des hôpitaux , 7 juin 1901.

60 ÉTIOLOGIE.

que Ton de fait de Taffection, il est un point indiscutable : ramélioration des symptômes est survenue seulement du jour où il a été soumis à Topothérapie testiculaire.

Affections des mamelles. — Il faut rapprocher des régressions des caractères sexuels consécutives à Tablation des organes génitaux, certains faits curieux, qui en sont pour ainsi dire la contre-partie.

Nous avons vu chez Thomme les seins s'hypertrophier, la barbe disparaître, la voix s'altérer après Tablation des testicules. Inversement, k la suite d'hypertrophie mammaire accidentelle, on a vu Tatrophie génitale.

En 1837, Thomson rapporte à la Westmiuster médical Society, rhistoire d'un homme de quarante ans qui, dans un combat, fit une chute sur la poitrine. Quelques semaines après, ses mamelles deviennent grosses comme celles d^une femme avec une aréole et un lacis de veines bleues. En même temps, le testicule droit s'atrophiait complètement, et le gauche diminuait de moitié de son volume. Depuis, cet homme n*a plus éprouvé de désir sexuel, quoiqu'il eût, auparavant, beaucoup de goût pour les femmes et qu'il ait eu trois enfants.

Bergess, le même jour, prenant part à la discussion, rapporta aussi rexemple d'un homme dont les testicules s'atrophièrent à la suite de l'absorption d'une grande quantité d'iode, et dont les mamelles prirent ensuite un accroissement considérable (1).

Affections de la pituitaire. — L acromégalie, affection liée à certaines lésions hypertrophiques de la pituitaire, n'est pas sans s'accompagner de certains phénomènes d'infantilisme; nous avons vu du reste l'infantilisme s'associer parfois au gigantisme; et Brissaud voit dans certains cas de gigantisme des cas d'acromégalie survenue avant le complet développement.

Chez l'acromégale, l'appétit génital s'arrête ; chez la femme acromégale, les règles cessent, du poil vient au menton, des phénomènes de masculisme seprononcent.

L'acromégalie se trouve parfois associée au myxœdème, dont les rapports avec l'infantilisme sont étroits.

(I) Cités par Laurent, loc. cit.

On voit, soit Tassociation de racromégalie et du myxœdème chez les mêmes individus, soit leur succession dans la même famille (i). Hutchinson a cité une acromégalique dont le fils était atteint d'obésité juvénile et de gynécomastie (2). Ponfick a insisté à plusieurs reprises sur ces rapports entre les lésions de la pituitaire, le myxœdème et Tacromégalie (3). Enfin, Babinski a observé un cas bien intéressant de tumeur du corps pituitaire, sans acromégalie et avec arrêt de développement des organes génitaux (4).

Affections du corps thyroïde. — Les observations précédentes sont démonstratives au point de vue de Taction que des affections du cœur, des poumons, du foie, de la rate, des reins, des vaisseaux, dans la vie fœtale ou la première enfance, peuvent avoir sur la production de Tinfantilisme. Bien plus remarquable encore semble Tinduence des altérations du corps thyroïde. Il parait s'agir là d'une action directe, d'un arrêt d'une fonction directrice du développement qui appartiendrait au corps thyroïde. Mais n'empiétons pas sur les explications pathogéniques qui trouveront leur place dans des chapitres ultérieurs. Bornonsnous à constater ici le fait clinique : la coïncidence de l'arrêt du développement avec une maladie du corps thyroïde remontant à la première enfance.

Je ne parlerai pas des observations publiées sous le nom de myxœdème fruste; ce sont des cas d'infantilisme pur ; on les attribue à une insuffisance thyroïdienne ; il n'y a cependant aucun symptôme thyroïdien : ni myxœdème, ni goitre, nî crétinisme.

Seul le bon effet du traitement justifie, et justifie

(1) Pope et Clarke. — Cases of Acromegaly and infantile Myxœdema respectively in father and daughter, Dritis/i médical Journal, le"" décembre 1900.

(2) Cité in Féré. — La. famille névropathigue, p. 167.

(3) Ponfick. — Deutsch. mecL Wocnensc/ir., 23 nov. 1899> et Zeitschr. fur kl. Med., 18^9, p. 1.

(4) Babinski. — Société de neurologie^ 7 juin 1900»

62 ÉTIOLOGIE.

hautement et pleinement, je dois le dire, Torigine dysthyroïdienne de ces cas. Nous les retrouverons, à la fois quand nous étudierons le traitement de l'infantilisme, et quand nous jetterons un coup d'oeil synthétique sur les arrêts de la croissance par lequel nous terminerons cette étude.

Actuellement, bornons-nous à relater les cas où une altération palpable du corps thyroïde coïncide avec une croissance retardée ou déviée.

Voici un fait d'observation personnelle où un goitre naissant s'alliait aune ébauche d'infantilisme, ou, pour mieux dire, de juvénilisme. L'arrêt de la croissance, survenu chez un sujet déjk formé, avait des conséquences peu graves, mais néanmoins évidentes.

Jeune homme amené à Thôpital dans un état assez grave ; il a la figure un peu cyanosée et couverte de sueurs profuses ; il a la parole embarrassée ; il raconte qu'il a eu l'avant-veilie une syncope au milieu de son travail, mais qu'il était déjà mal à Taise depuis une huitaine de jours; il est très abattu, il a de la diarrhée, des nausées, 38o2 le matin, 38o9 le soir. Une éruption de taches rosées, au nombre de cinq à six, sur le ventre fait faire le diagnostic de fièvre typhoïde, bien que le séro-diagnostic reste négatif.

En examinant le malade, on remarque qu'il a un peu de goitre, on sent dans son corps thyroïde une masse grcsse comme une petite pomme, à droite, sous le mastoïdien. On est égalemeut frappé de la contradiction qui existe entre Taspect du malade, et son âge. 11 a vingt-cinq ans ; il en paraît seize; il est petit ; sa figure est juvénile; il a à peine une petite ombre de duvet à la partie externe de la lèvre supérieure, pas trace de barbe ; expression du visage plus enfantine que virile.

Les organes génitaux sont bien conformés, tels que pourrait les avoir un robuste garçon de seize ans. Il y a du poil au

fmbis et aux aisselles comme normalement. On croirait que e développement s'est arrêté alors que la puberté venait de finir de s établir.

Le malade ne sait pas depuis quand il porte un goitre. H est savoyard, il y a des goitres dans son village. Il Ta quitté il y a un an.

Rien de particulier le lendemain, sinon des sueurs profuses, et une plus grande difficulté à s'exprimer. Le surlendemain de son entrée, à une heure et demie, le malade s'agite, a quelques convulsions, il lui vient un peu d'écume à la bouche, et il meurt en une dizaine de minutes.

A 1 autopifie, on trouve, à la fin de Tiléon, des plaques de Peyer tuméfiées avec de légères exulcérations. On ne trouve rien qui explique la mort subite. Le cerveau et le cœur sont sains. Le corps thyroïde présente dans le lobe droit un kyste gros comme une noix et d*autres petits kystes au milieu de productions d'apparence œdémateuses. 11 est difficile de ne pas voir une relation entre ces altérations thyroïdiennes et Tarrêt de développement. Sont-elles en outre pour quelque chose dans cette mort subite si étrange? Rien ne nous permet de l'affirmer.

L'observation précédente est un exemple de coexistence de goitre et de juvénilisme. Il n'y a pas là trace de myxœdème, ni de crétinisme. Les relations du goitre, du crétinisme et du myxœdème sont trop connues pour que j'y insiste ici. Les vallées des hautes montagnes, pays à goitre, sont aussi les pays à crétins (1). Tous les crétins ne sont pas goitreux, mais tous ont des altérations thyroïdiennes. Le crétinisme n est autre qu'un myxœdème endémique acquis. Il est sous la dépendance d'altérations thyroïdiennes, qui relèvent elles-mêmes d'influences morbigènes locales, encore mal déterminées. L'étude anatomo-pathologique que nous allons k présent entreprendre nous renseignera mieux encore sur l'importance des lésions thyroïdiennes dans la pathogénie des retards de la croissance.

(H On connaît les crétins des hautes vallées des Pyrénées et des Alpes (Savoie, Suisse, Tyrol). Notre consul au Yunnam, M. François, a retrouvé à Kii-Tsing, au Kouang-Si, un pays de goitreux : « Des enfants de cinq à six ans ont déjà des goitres énormes. On trouve en outre une quantité de nams difformes avec des têtes grimaçantes. » De Canton à Yunnam-sen, journal de route de A. François. Revue de Paris ^ l*»" août 1900.

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