UN DRAME
Une heureuse indiscrétion ne permet de déflorer
' Strogofez, pièce en un tas d'actes (et plus encore
de tableaux qui fera couler beaucoup d'encre dans les
bureaux de rédaction, bien des larmes aux petites
places, et le Pactole dans la caisse du Ghàtelet.
Les auteurs de ce drame empoignant ont mis à la scène un dramatique épisode de la lutte qui fit tant de victimes, dans la première partie de ce siècle, en Belgique et en Portugal.
La guerre ayant éclaté entre ces deux valeureuses nations, Lisbonne fut bloquée (1822) parles troupes brabançonnes; le roi de Portugal ne pouvait envoyer de dépêche au marquis Alonzo Boneur, son allié, car les fils étaient coupés et, d'ailleurs, le télégraphe ne fui inventé que plus tard. 11 choisit donc un nomme sur, •/.. dévoué a Dieu, au Roi, à la Patrie. • Pars, et reviens vainqueui
Après avoir essuyé de nombreuses épreuves et le crachat qu'un traître lui lance au visage, Micaél rencontre sa mère ; elle veul s • jeter dan- ses bras : « Vous sur! dit le Portugais, comprenant que nul ne doit soupçonner en lui le courrier du Roi, L'orches- [uisse un air du Prophète : il n'y a pas que la conduit.- de Jean de Leyde, il y a aussi la musique dont, on 1
Fait prisonnier, on lui passe (c'est, je crois, une anacoluthe) on lui passe, dis-je, la lame d'un sabre devant les yeux, ce qui le rend aveugle. — J'oubliais de vous dire que cette lame est préalablement rougîe à blanc.
Enfin, il arrive chez le marquis, dont les troupes délivrent Lisbonne; les Belges reçoivent une pile, comment dirai-je ? une pile électrique ! et Micaël en éprouve une telle joie qu'il recouvre la vue.
« Que veux-tu pour ta récompense? » demande le roi.— Ça m'est égal, répond le fier Portugais, j'ai fait ce que je devais pour Dieu, pour le Roi, pour la Patrie ! »
Et Micaël Strogofez reçoit les palmes académiques.