‹ Les enfants s'amusentChapitre 41 sur 56 · IMPOSITION · texte numérisé non relu

IMPOSITION

Au moins, je vais traiter une étrange matière... On -ait que le député Morcau, surnommé l'Amer Moreau [lar les vengeresses ironies du noble faubourg, vient (Icdéposer une proposition tendant à imposer la nohlosse. M. Aurélien SclioU a déjà signalé quelques-uns ili's inconvénients de cette loi qui frapperait l'acteur r.aron, le cbocolat Marquis, l'éditeurLeduc, les descendants d'Auguste Comte, les pince-Monseigneur, et coûterait au sympathique directeur de la Porte-St-Martin,déjà lort éprouvé par une saison désastreuse, 20,000 fr pour ài^'^ner du Quesnel, 40,000 francs pour signer du Quesncl (li's Tournées Dramatiques.

M. Moreau, esprit simpliste, n'a pas prévu lesperturl)ations amenées dans toutes les classes de la société par un impôt qui désolerait les villes de Reaumont-le-Viro'.nte, Bar-Ie-Duc, Choisy-le-Roi et les pêcheurs de lOmbre-Chevalier, réduirait à la mendicité le vidame <le Lardillon de Laboucle de Monbissac, et contraindrait \o poète des Erynnies à s'atïubler, par économie, du nom sonore de Leroturier-Dftlille.

Irappé de ces multiples inconvénients, un de nos honorables, — intime ami de feu Margue — a eu l'idée d'un impôt destiné à remplacer celui de M. Moreau, et présente avec lui, d'ailleurs, une certaine analogie, puisqu'il s'occupe également fie la partie (Comment

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dirai-je'?) de la particule. Je ne sais si je me fais suffisamment comprendre. Du haut des cicux, ta demeure! dernière, bon général Cambronne, es-tu content ? -^ Pour empocher une table de vaciller, vous la calez; dans l'espèce, destinée à équilibrer le budget,, cette pro-| position fait cale.

Donc, le gouvernement distribuerait, à l'avenir, des chalets de nécessité, comme aujourd'hui des bureaux de tabac, aux veuves des fonctionnaires bien pensants, munies des papiers nécessaires. Inutile de dire (juc ces édicules seraient entourés de tout le confort d('siral)lc : eau, gaz, (gaz surtout!, et orchestre d'instruments à vent exécutant le Çnim, l'ou.sse-Pon.sse-Po/l.a, ainsi que de vieilbs Courantes.

On l'admettra bien, il serait injuste, qu'un riche oisii' put flâner une demi-heure sans payer une plus forte rétribution que le prolétaire pressé, ne restant que le temps strictement nécessaire sur les lieux : aussi, on procédera à rétablissement d'un compteur horaire, et même stercoraire. Quant à la qualité de matière imposable, elle sera évaluée à l'aide d'un compteur culométrique dont les frais d'installation seront retenus sur le cautionnement des titulaires — un cautionnement est indispensable, attendu que plusieurs des préposées pourraient être tentées de manger leur fonds.

Cette idée, qui ne manque pas de selles, sera défendue par un député dont le nom n'est pas encore connu . (Sera-ce Barascud. Chichié, Lachièze, ou quelque autre collègue de feu Proust '.').

En tout cas, il serait possil)le que le ministère posât la question de cabinet.

FANTAISIES BUDGETAIRES

Qu'elle résulte d'une confiance excessive dans les divers altrape-gogos tendus à la crédulité publique par des perceurs d'isthmes dans la Lune ; de tirages à cinq invétérés, régulièrement complétés par d'autres cinq ; ou d'une couteL.se sympatliio pour les horizontales en général et en cabinet particulier : quand labanqueroule, la hideuse banqueroute, est à la porte d'un citoyen français, électeur, éligible et vacciné, qu'arrive-t-il :' 11 arrive des huissiers porteurs de menaces rédigées en un langage obsolète que, méchamment, ils ont consignées sur des papiers d'un prix excessif.

Plus heureux, plus heureux cent fois les financiers de l'Etat : lorsque ces messieurs éprouvent quelque difficulté à budgéter honorablement, ils ne perdent pas de temps, et, dès l'abord, nomment une commission qui rit de l'état des choses, tant elle est bonne fille, et dont les inventions semblent devenir plus joviales à mesure qu'elle s'enfonce davantage au dessous de ses affaires. Plus on est dessous, plus on rit. Cette belle humeur se traduit en propositions de nouveaux impôts d'une exquise fantaisie ; un souffle d'angoisse passe sur le troupeau des pâles contri])uables et, dans les verts cartons, asile héréditaire où pour jamais on les croyait ensevelis, s'agitent et bruissentde sinistres projets .

Quand je pense qu'un impôt sur les vieux garçons est

réclamé par une pétition que viennent de déposer à la' Chambre des députés un grand nombre de citoyens — et de citoyennes je pense — pour lesquels le célibataire, voilà l'ennemi ! Les Français, dont la malice est surabondamment prouvée par la création du vaudeville, ont adopté avec entrain cette idée saugrenue qui fait son chemin soutenue par les gens mariés : et nous voici sérieusement menacés.

0 mon Dieu, ù Vous qui pouvez tout, est-ce que vous ne pourriez pas illuminer d'une lueur de bons sens ces obtuses cervelles parlementaires ? Est-ce que vous ne pourriez pas faire comprendre à ces hypo-sous-vétérinaires qu'il est douloureusement idiot, pour arrêter la décroissance de la natalité, de frapper les gens à la bourse ?...

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