I.E M.VRÉtTiAL. Ft la patience
VINCENT. Uelevez voHs , mon frère... et vous reconnaîtrez peut Otre la parole de Dieu
* Vinceni , le Maréchal. Demi-raiitpo jurqu'à le En de l’acte.
LEg ENFANTS TROUVÉS. 19
î travers la voix dos hommes... '^-enc» et tenez-vous là... caché derrière le pilier... la nuit qui s’approche nous favorise. . . et jurez qu’en présence de ce qui va se passer ici vous aurez la force et la jwtience.
LE MABÊcn.vL. Je jure , mon père , de m'abandonner h vous.
Tt>CE.\T, à part, en Iratertanl la scène.
Marthe a dû amener .Marie. (Ourriinl ta porte à gauche.) Oui!... venez, ma fille.
SCÈ?iE VU.
Les Mêmes, MARIE, KABILS *.
MARIE. Vous avez voulu , mon père , que j’attendisse de nouveaux ordres avant de partir !i l’abbaye ?
nxcENT. Oui, ma fille... mais ce n’est pas moi que vous devez entendre en ce moment.
MARIE. Et qui donc, mon père ?
VINCENT. Vous allez le savoir, mon enfant.
Il monte U srène et vt ouvrir la porte du fond.
MARIE , à part^ C’est peut-être l’abbesse venue ici T ^ '
VINCENT, à Fabius, qui rient à lui. Vous voyez, mon fils, que je liens ma parole.
MARIE, apercevant Fabius. Fabius!
VINCENT. Vou.s pouvez l’écouter, ma fille. .. je suis là... près de vous.
II su relire près du M.irérhsl au foud.
EARIUS. Marie, ne vous effrayez pas.., l’amour, je dois fétoiiffcr à jamais dans mon sein, et si je suis ici maintenant, c’est pour vous prier, vous supplier.
MARIE. .Vlarie ne peut rien en ce monde.
FABIUS. Vous pouvez tout.
MARIE, Que voulez-vous ?
FABIUS. Vous demander un sacrifice digne, non pas seulement d’un cœur sublime, mais d’une sainte.
MARIE. Et lerpiel ? *
FABIUS. .Vlarie, il faut que vous rentriez dans la demeure du maréchal.
MARIE. .VIoiî
FABIUS. Et ce n’est pas tout encore, il faut que, renonçant au service du Seigneur, vous retourniez auprès du maréchal, non pas cüiiime amie, comme compagne, mais comme épouse.
MARIE. Et c’est vous qui me parlez ainsi?..
FABIUS. Je vous ai dit que je n’avais pour souvenir de mes parcuts inconnus qu'un
portrait de ma mère Eh bien ! hier,
comme je venais de quitter le maréchal , uii sentiment que vous ne (lourriez comprendre
me fit revenir sur mes |»as je voulais lui
parler, pénétrer jusqu'à lui; et conime je traversais rapidement scs ap|iartcmcuLs, j’ar-
* Fabiii», Marie, Vincent, le Marècbsl au fond, près du pilier.
rivai dans une chambre où je vis le portrait d’une femme, celui de ma mère...
MARIE. Ue voire mère !
FABIUS. Oui, Marie! le maréchal eut jadis
un fils que l’on croyait mort et ce fils,
c’est moi !
MARIE. Vous ?
LE MARÉCHAL. I.ui , uion filsî (Finfenl Vnrrètani, et à demi-voix.) Attendez, mon frère... il faut faire jiénilencc.
MARIE. Est-ce possible !
FABIUS. Contran, le soldat, était prés de moi... • Quel est ce portrait ? lui demandai-je. — C’est celui de la femme du maréchal, morte depuis plus de vingt ans. — Quoi ! morte ici, près de lui î — Non, réyiondit Contran ; c'est une sombre histoire , et je ue puis vous la dire. » .Vlais je l’avais devinée, moi, et comme frapiB' de la foudre, j’ai fui la maison de mon père , à qui j’ai pris son bien , son rêve , sa vie , et je suis venu près de vous , Marie , pour vousdire que le maréchal, qui repart en guerre, n'y va chercher ni l’oubli iii la gloire, mais la mort...
MARIE. La mort I
* FABIUS. Je le sais, je le jure, il n’y a qu’une force au monde qui puisse l'en délouriier. Celte force, c’est vous, Marie; et Fabius , qui tombe à vos pieds , n’est plus il
cette heure un amant mais un fils qui
vient vous supplier de sauver sou |)èrc.
MARIE, acac risdulion. Je le sauverai, Fabius !
FABIUS, se relevant. Je l’espérais, Marie |
MARIE. El vous deviez l’e-spérer... oui, si je puis, eu enipè'chant la monde mon bienfaiteur , accomplir le vœu de Fabius , jo le ferai... même s’il doit m’en coûter la vie.
FABIUS. El après tant de sacrifices, .Marie, Dieu détruira dans nos cœurs cette (lassiou qu’il semble réprouver... cl alors le fils peutêtre pourra venir un jour s’asseoir au foyer de son père... mais... attendez, Marie... ne lui dites pas que son fils eviste , car hier il maudis.sail les orphelins nourris loin du sein de leurs inéics.
VINCENT, bas, au Maréchal. Ce sont des enfants trouvés... maréchal...