SCÈNE
CONTRAN, MAUTHi;.'
MAHTitK. des.servant de notre église m’a dit tpie deux fuis hier vous étiez venu pour savoir si notre pasteur était de retour.
CONTIIAN. Est-ce qu’il est arrivé?
MARTHE. Non... mais une lettre nous annonce qu'aujourd’hui même il doit traverser Paris. Peut-être arrivera-t-il ce soir à Clichy, et je me suis échappée un instant pour vous en prévenir en vous faisant [vart de la joie que cela nous cause...
GONTRAN. .Merci, bonne Marthe... il arrivera trop tard pour ine-donner le conseil que je voulais lui demander. {Parlant à ilemivoi.t.) Il faut que d'ici è quelques heures je m'éloigne de Clichy. .. I,e cortège qui ramène les vainqueurs de la Rochelle doit s’arrêter aujourd’hui au village de Vincennes, et je veux y rencontrer le inarédial ; il faut absolument que je le voie avant son arrivée...
MARTHE. L’impatience vous gagne ; Vous ne pouvez l’attendre. ..; "Et vous emmené?.
Marie.?
c.ONTRAJi. Non,.ina sœnr. ( A tlemi-roiu - , et ilésignant le pavillon.) Mais parlons bas, car elle est dans cette chambre.
SIARTHE, à demi-voix. Pourquoi ne l'enmenez-vous pas, la pauvre fille que l’absHiice du maréchal a rendue si triste, si mal-
' heureuse, et que son retour doit consoler?
GONTBAN. .Non, Marthe... le retour du maréchal ne consolera pas Marie.
MARTHE. Que dites-vous?
GOixTBAN. Plus basV... {H Vemmèqe à l'écart.) Pardonne. , mà sœur, si je vous parle : ici d’un malheur que ie n’ai pu conjurer, et { que j'aurais voulu cacW toujours... surtout è vous.. . mais l’instant approche où nous auj rons besoin de tous ceux qui nous aiment.
I II regarde aver prrraunon pour k'assurer qu'il»
MOI ftcuif, ei revieoi à la gauche de Marthe.
HABTHE*. Parlez, |tarlcz, Contran.
, CONTRAN. Lorsque le maréchal s’éloigna.
1 Marie pleurait comme uu enfant qui voit partir son père, et le maréchal, quiluiavaitdonné son anneau de fiançailles, m'ordonna pour la distraire pendant son absence de la conduire sonvent è Paris aux réunions de la reinemère ; et depuis ce temps-là Marie se repent d’avoir engagé sa |>arole , et .semble prévoir . que son mariage ne pourra la rendre heureuse.
I MARTHE. Jéaas.. . Mon Dieu!
CONTRAN. Voilà, .ma sœur, la cause de ses larmes, et vou« devinez maintenant pourquoi je vais au-devant du maréchal ; c’est que ce 'qui peut lui être aujourd'hui conjié comme un m.1lhenr, plus tard il l’apivellerait trahison , et vous connaissez sa violence. Je veux ■ lui conseiller le calme en le prévenant d’un I malheur qui n’est que passager sans doute ; puis je veux vous prier, ma sœur, tandis que j'accomplirai cette |>éiiiblc mission, de vous approcher de Marie pour la distraire dans la solitude.
MARTiiE. Je le ferai , mon frère, et nous prierons Dieu |vour elle..; Je ferai prier tous nos enfants.
CONTRAN. Elle a droit à leurs prières:
vous le sa»er, elle esfleur sœur.. . et vous re- Viendre?
MARTHE. Quand serez-vous parti?
1 CONTRAN. Dans deux heures, sans doute.
MARTHE. Dans deux heures je serai prc's d’elle.
CONTRAN, accompagnant Marthe, qat tort par ta gauche. Merci! [Reiteicemtant la I tcène.) Oli l je n’ai pas pu le dire, .sœur .Vlar- 1 the, que depuis le départ du maréehal l’amour que Marie nesavait même prévoir... est entré I V inlemmeni dans son ûme, et que sanglots et ' prières n’ont pu l’en détourner. Allons! je suis plus tranquille;je tremblais de la laisser seule I depuisqu’ellea reçu lanouvellederarrivéc du maréchal , spn morne silence me fait peur.
Je l’entends, je crois. .Regardant dans le
Î tavillnn.) Oni ! elle a quitté la fenêtre, elle a ferme... elle vient.
Marie. »ori iri^tement Ju pivitlon, ferific (a porif* en ft'rskuyant tes.yeux.
* * Marlhe. Gontian.