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DANS LE SOL

L'état de solubilité sous lequel on applique les engrais potassiques amène ceux-ci à la terre sous une forme immédiatement accessible aux végétaux.

iio LES ENGRAIS.

L'azote organique et les phosphates naturels se présentent, au contraire, sous une forme insoluble. Nous avons dû longuement étudier le mécanisme qui leur fait affecter, au sein de la terre, la forme la plus favorable à la nutrition végétale , c'est-à-dire les procédés de solubilisation. Pour les sels potassiques, nous n'avons pas à nous préoccuper de ce côté de la question.

Il ne faudrait cependant pas croire que les sels potassiques introduits dans la terre gardent leur forme primitive; loin de là, ils sont profondément modifiés dans leur constitution, et, de solubles qu'ils étaient auparavant, ils finissent par affecter une forme presque insoluble. Autant nous a paru utile la transformation en produits solubles des engrais organiques azotés et des phosphates, autant nous semble utile Taction diamétralement opposée qui s'exerce sur la potasse. La terre, se comportant vis-à-vis des principes fertilisants d'une manière tout à fait différente, semble chercher à appliquer à chacun d'eux la réaction la plus favorable au développement végétal, solubilisant ceux qui, à l'état naturel, sont réfractaires aux racines^ insolubilisant au contraire ceux qui, trop solubles, pourraient avoir une action trop énergique sur les organes végétaux ou s'éliminer par les eaux de drainage.

La transformation en composés peu solubles, pouvant rester fixés dans le sol, a des conséquences très heureuses pour remploi des engrais potassiques. Nous devons entrer dans quelques détails pour expliquer comment la potasse, donnée comme engrais, perd sa solubilité primitive, et nou§ insisterons sur ces propriétés absorbantes du sol, si bien étudiées par M. Way.

Mécanisme de la dissolution dans le sol. — Les engrais potassiques donnés à la terre , sous quelque forme que ce soit, se dissolvent en peu de temps; la terre,

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même alors qu'elle semble sèche, contient encore des quantités d'eau bien supérieures à celles qui sont nécessaires pour les dissoudre.

Le mécanisme de la dissolution est en tous points analogue à celui que nous avons exposé pour le nitrate de soude (tome II, p. 127); nous avons pu, avec les différents sels potassiques, répéter les expériences que nous avons déjà décrites et assister aux mêmes phénomènes ; c'est-à-dire que chaque cristal mis en terre attire Thumidité ambiante, dessèche la terre environnante et s'entoure d'une sphère humide formée par la solution du sel. Les mêmes conséquences pratiques en découlent : les graines tombant dans les parties humides, où la dissolution est à l'état concentré, seront tuées'; si. au contraire, elles tombent dans les parties sèches, elles ne lèveront pas, par suite du manque d'eau. En résumé, l'application simultanée de la graine et des sels potassiques peut être non seulement sans effet, mais même nuisible à la levée régulière.

La diffusion ne peut s'opérer que par l'intervention des pluies; alors elle est rapide et complète.

Pouvoir fixateur du sol -vis-à-vis des sels potassiques. — Si, au bout de quelque temps après l'application d'engrais potassique, on opère le lavage de la terre, on constate que la potasse n'entre plus en dissolution aussi facilement qu'avant d'être mise en contact avec la terre. Cette dernière exerce donc un véritable pouvoir absorbant sur la potasse , la fixe et la soustrait à Taction de l'eau. En parlant de l'emploi des sels ammoniacaux, nous nous sommes étendus sur la fixation de cet alcali par les éléments du sol. On peut rapprocher la manière de se comporter de la. potasse de celle de l'ammoniaque; des réactions analogues entrent en Jeu, et les mêmes matériaux interviennent pour opérer la fixation.

Celle-ci s'effectue par des phénomènes d'ordre chimique et d'ordre mécanique.

Actions mécaniques. — Nous savons que certaines substances amenées à un grand état de division ou douées d'une porosité spéciale, comme, par exemple, le charbon animal, ont la faculté de retenir et de condenser les produits solubles mis en contact avec elles. Dans le sol, les matières qui ont cette faculté ne manquent pas, et Ton sait que Targile jouit de cette propriété ; Thumus lui-même a quelque analogie avec le noir animal; de plus Toxyde de fer et l'alumine, libres ou unis à la silice, forment des combinaisons gélatineuses qui emprisonnent et retiennent les éléments solubles. Cette action physique peut donc s'exercer dans la plupart des terres; elle est d'autant plus énergique que les matériaux fixateurs, argile, humus, oxydes gélatineux, sont plus abondants.

Actions chimiques. — Rôle du calcaire. — Mais si cette propriété était limitée à la seule action de ces agents mécaniques, elle n'aurait pas l'intensité qu'on lui a reconnue. L'action chimique est prépondérante. Voici en quoi elle consiste : lorsque la terre renferme du carbonate de chaux, il s'opère, entre ce composé et le sel potassique, une double décomposition qui donne naissance à du carbonate de potasse. L'acide primitivement combiné à la potasse s'unit à la chaux et s'élimine dans les eaux de drainage. Si l'on a employé du chlorure de potassium, la potasse reste fixée et du chloi*ure de calcium s'élimine; si l'on a employé du sulfate de potasse, c est du sulfate de chaux qui s'élimine dans les eaux de drainage. Cette double décomposition entre les sels de chaux et les sels potassiques est clairement démontrée. Quant au carbonate de potasse ainsi produit, on ne sait point au juste par quelle réaction il reste fixé

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dans le sol. C'est Thumus qui paraît être le principal agent de cette absorption; le carbonate de potasse se fixe sur lui de la même manière que les mordants se fixent sur les tissus, et forme Une sorte de combinaison, mal définie, mais possédant une certaine résistance.

En outre, le carbonate de potasse est engagé dans des combinaisons insolubles avec les silicates hydratés constituant l'argile. Nous pouvons comparer ce phénomène à celui qui donne naissance aux laques ; en introduisant de Targile dans une solution de matière colorante, on constate qu'elle entraîne cette dernière dans une combinaison insoluble. Il n'est point rare de voir des matières colloïdes s'emparer ainsi de substances dissoutes et les entraîner avec elles en les retenant énergiquement ; or nous savons que l'humus et l'argile sont des colloïdes au premier chef. ,

Ces propriétés fixatrices appartenant en propre à Targile et à l'humus, on doit s'attendre à les trouver absentes des sols auxquels manquent ces deux éléments. Aussi les terres constituées exclusivement par du calcaire ou du sable sont-elles dépourvues de tout pouvoir absorbant; mais si le calcaire est mélangé d*un peu d'argile ou d'humus, immédiatement il acquiert la propriété de retenir la potasse. Il en est de même des terres sableuses, à moins toutefois que le calcaire en soit absent.

Dans ce qui précède nous avons admis que la terre contient du carbonate de chaux et que, par suite, il peut s'opérer une double réaction qui élimine, en combinaison calcaire, l'acide combiné à la potasse. Pour que la fixation de cette dernière s'effectue, la présence du carbonate de chaux est donc indispensable; aussi les terres argileuses, ou celles qui sont riches en matières organiques, ont-elles la propriété de retenir des quantités notables de potasse, à la seule condition de renfermer du carbonate

de chaux. Sans la présence de ce dernier composé, elles n'auraient que Faction mécanique très limitée que nous avons signalée plus haut.

Déperditions des sels potassiques. — Il ne faudrait pas croire que cette propriété de retenir la potasse soit absolue et illimitée; elle n'est point absolue, en ce sens que lorsqu'on traite de la terre par de Teau, il s'efTectue un partage entre les deux milieux; le liquide dissout une proportion de potasse d'autant plus faible que la terre est mieux pourvue de principes absorbants, qu'elle est moins riche en potasse et que Teau est employée en moindre quantité. Il y a là des questions d'équilibre variante l'infini avec les diverses conditions. Cette propriété n'est pas illimitée, puisque si l'on donne à la terre des quantités notables de sels potassiques, la fixation n'a plus lieu. Ma;s nous sommes là dans des conditions exceptionnelles, qui ne se réalisent jamais dans la pratique agricole. Là, en effet, le sol n'est pas en contact avec des quantités d'eau assez grandes pour lui enlever des proportions notables de potasse ; les eaux de drainage traversant le sol et se chargeant de sels potassiques dans les parties supérieures, abandonnent cette potasse aux couches sous-jacentes plus pauvres en alcali , en vertu de ce même partage qui fait que tantôt c'est l'eau qui enlève de la potasse à la terre, tantôt la terre qui enlève de la potasse à l'eau. Aussi avons-nous vu que les eaux de drainage en s'écoulant des terres ne leur soustraient pas des quantités appréciables de l'alcali fertilisant.

En second lieu\ on ne donne jamais que des quantités de sels potassiques telles, qu'elles soient bien loin de saturer le pouvoir absorbant du sol; aussi, en se plaçant dans les conditions de la pratique , est-on autorisé à dire que l'absorption des sels de potasse

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par la terre est presque absolue et presque illimitée. M. Way a constaté dans ses expériences que les sols pouvaient en général absorber entre i et 3 grammes de potasse par kilog. En admettant que la couche arable d'un hectare ait un poids de 4.000.000 kilog., elle se-* rait suffisante pour retenir Ténorme quantité de 4.000 à I2.0OD kilog. de potasse.

J II. — Conditions et époques de l'emploi des sels

POTASSIQUES.

Applications aux différents sols. — Nous ne nous préoccupons pas ici de l'opportunité de Temploi des fumures potassiques ; cette question, qui dépend de la richesse des sols en potasse, a été traitée précédemment. Nous avons seulement à envisager les terres au point de vue de la manière dont elles se comportent vis-à-vis des sels potassiques et plus particulièrement au point de vue de leur aptitude à les conserver.

D'après ce qui vient d'être dit, on peut, sous ce rapport, établir une classification des sols arables et poser les principes relatifs à Tépoque d'application des fumures potassiques.

Terres franches, -^ Nous savons que l'argile et rhumus sont les véritables fixateurs de la potasse; nous savons aussi que celle-ci n'est susceptible d'être fixée énergiquement qu'à la condition de rencontrer du calcaire.

Tous les sols contenant en pro{)ortion suffisante ces trois éléments gardent donc la potasse qu'on leur donne. Ce sont les terres franches qui se trouvent remplir le mieux ces conditions; on n'a pas à craindre qu'elles laissent perdre par les eaux de drainage les sels

potasse qui leur sont confiés, aussi peut-on les leur nner avant l'hiver, même pour les plantes semées

printemps. Le sel potassique, non sujet à des dérditions, a ainsi le temps de subir les transformais qui doivent lui donner toute son activité. Terres fortes. — Les terres fortes contiennent en gérai beaucoup d'argile et des quantités notables d'huis. Quand elles sont susceptibles d'être cultivées es renferment toujours une certaine dose de calcaire, i y existe naturellement ou qu'on leur a incorporé r des marnages ou des chautages; elles se comporit vis-à-vis des sels potassiques comme les terres nches, c'est-à-dire qu'elles les retiennent énergique- :nt. On peut donc, longtemps à l'avance, leur confier potasse sans avoir à craindre de déperditions. Il y a cependant des considérations qu'il faut faire trer en ligne de compte dans l'application de la tasse à de pareils sols. Nous avons vu que les sels tassiques, et particulièrement ceux qui sont méigés de chlorure de magnésium, ce qui est très quemment le cas, maintiennent dans le sol une taine humidité. Or, les terres fortes sont par ellesmes disposées à retenir l'eau. Les sels potassiques,

augmentant cette tendance , peuvent mettre ces res dans un état d'humidité assez grand pour que la ;étation en souffre. D'un autre côté, l'argile a pour potasse une grande affinité; elle ne la cède pas faiment aux racines, et il faut, au préabable, en quelt sorte saturer cette affinité pour que les plantes puisit trouver de l'alcali disponible pour leurs besoins, première considération nous porterait à diminuer la 1 portion des sels potassiques; la seconde, au contraire, 'augmenter. Il est donc prudent de ne tomber dans :une exagération, ni dans un sens, ni dans l'autre.

L*automne est l'époque la mieux choisie pour donner de la potasse à de pareilles terres ; aucune déperdition n'est à craindre, et les réactions qui enlèvent aux sels potassiques une partie de leurs propriétés hygroscopiques ont pu se produire avant ledépartde la végétation.

Terres calcaires. — Les sols exclusivement calcaires, comme les craies de la Champagne, manquent d'humus et d'éléments argileux; ils ne contiennent donc pas les principes absorbants et laissent s'échapper la potasse avec les eaux de drainage. Si on leur donnait cet élément longtemps à l'avance, on aurait à craindre sa disparition avant l'époque où la plante en a besoin. Il faut prendre pour habitude de n'appliquer la potasse à de pareils sols qu'au moment du labour précédant les semailles, en mettant seulement la quantité destinée à la récolte de l'année. Celle qu'on donnerait en plus ne se retrouverait pas pour les cultures suivantes. On peut, du reste, être assuré que, même à faible dose et appliquée tardivement, la potasse produira de bons effets, les sols calcaires étant ceux qui répondent le mieux et le plus rapidement à la fumure potassique.

Terres sableuses. — Les terres sableuses consomment rapidement les matières organiques; elles sont pauvres en humus, et par leur nature même, pauvres également en argile. Elles sont très perméables et se laissent facilement traverser par les eaux pluviales ; donc elles n'ont que des propriétés absorbantes très faibles pour les sels solubles. A de pareils sols, il n'est pas prudent de confier longtemps à l'avance de fortes doses d'engrais potassiques. Il faut au contraire modérer les fumures, les répéter chaque année et les appliquer seulement avant les semis de printemps, lorsqu'on n'a plus à craindre les grandes pluies de l'hiver.

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Leur effet, du reste, y est rapide, à la condition toutefois que le sol soit suffisamment humide ; on sait que les terres légères se dessèchent vite; les sels n'y produisent pas alors les mêmes résultats; les bons effets des engrais chimiques sont, en général, subordonnés à rhumectation du sol.

Les sels de potasse cependant, surtout ceux qui contiennent du chlorure de magnésium, ont, comme le nitrate de soude, la propriété de maintenir une certaine humidité dans le sol et de s'opposer, par conséquent, à la dessiccation, ce qui peut avoir quelques avantages; M. Wolff, en opérant sur une terre légère, a constaté que pendant les chaleurs de l'été, lorsque la terre non fumée ne contenait plus que i à 2 pour 100 d'eau, celle qui avait reçu du kaynîte en contenait encore de 5 à i3 p. 100.

Tout considéré, la période qui s'étend entre la fin de février et le commencement de mai nous paraît être la plus favorable pour l'application des engrais potassiques aux sols sablonneux.

Terres tourbeuses, — Les sols tourbeux sont riches en matières organiques, souvent aussi ils contiennent de l'argile en quantité notable ; mais le calcaire leur manque. Les doubles décompositions qui amènent la potasse à se fixer sur les éléments absorbants ne peuvent donc pas se produire; aussi de pareils sols n'ont-ils pas de tendance à retenir cet engrais, que les eaux en éliminent avec une grande facilité. Ces terres se comportent donc vis-à-vis des sels potassiques, mais pour d'autres raisons, comme la craie ou les sables, et il ne faut leur donner la potasse que pour les besoins de Tannée, et en renouvelant la dose à l'époque des nouvelles semailles.

Terres non calcaires. — Nous avons exposé la

double décomposition qui se produit entre les sels potassiques et le calcaire du sol; cette réaction est d^une importance capitale. En Tabsence du calcaire, en effet, le sel potassique ne se transforme pas en carbonate de potasse, et ne se fixe pas sur la matière organique et sur l'argile; le sel, en un mot, restera dans la terre à Tétat même où il a été donné. Si les pluies ne surviennent pas, il formera, avec les liquides du sol, une dissolution plus ou moins concentrée, qui pourra être nuisible aux racines. Si, au contraire, elles surviennent en abondance, le sel, faiblement retenu, s'écoulera en partie dans les eaux de drainage et sera mal utilisé.

Dans toute terre manquant de chaux, qu'elle soit tourbeuse, sableuse ou argileuse, l'application des sels potassiques doit être précédée d*un chaulage ou d'un marnage : c*est une condition indispensable du succès.

Si, dans des sols où l'analyse dénote des quantités manifestement inférieures dépotasse, l'application des sels potassiques ne répond pas toujours aux espérances qu*on avait conçues, on doit se demander si l'insuccès n'est pas attribuable à l'insuffisanee du calcaire dans le sol.

Le sel potassique pourra se montrer sans effet dans un sol avant le chaulage, et produire ensuite dans le même sol chaulé des effets remarquables. C'est ce qu'une longue expérience a enseigné pour les terres sablonneuses de Lupitz et les terres humeuses de Cunrau.

Entraînement du calcaire, — Dans les terres très peu calcaires, les sels potassiques ont une action spéciale qu'il convient de mettre en relief. Nous savons que l'acide du sel, en réagissant sur le calcaire, fait passer la chaux à un état soluble, surtout lorsque Tengrais employé est sous forme de chlorure. L'application des engrais potassiques est donc une cause

)erdition pour la chaux, ei leur emploi répété, in sol déjà pauvre en calcaire, peut être sous •port préjudiciable, si on ne prend pas garde idre, par des chaulages ou des marnages, l'élécalcaire ainsi éliminé.

àchlœsing cite un exemple de l'action des chloalcalins sur l'élimination de la chaux à l'état de re de calcium. En examinant comparativement solutions obtenues par déplacement dans un sol ant des chlorures alcalins et dont l'un ne renpas de chaux, tandis que l'autre a été réguUèt chaulé, ce savant a constaté que le premier mne en dissolution, à l'état de chlorure, une té de chaux égale à :

i3 k[log. pour le sot z — pour le sous-sol.

que celui qui a été chaulé en a abandonné : lOo kilog. pour le sol

voii par là avec quelle énergie la chaux s'élisous l'influence du chlorure de potassium. Si 11 de chlorure on a employé du sulfate de pol'effct est le même, quoique moins accentué, ite de la moindre solubilité du sulfate de chaux. >lication aux différentes cultures. — Étant que le sol est insuffisamment pourvu de potasse a culture qu'on a en vue, nous e.'ominerons les à suivre pour obtenir des engrais potassiques les jrs résultats.

?rvation générale. — Les sels de potasse ont îrtaine causticité, qui tient en partie à leur na-

ture propre , en partie aussi aux substances étrangères qu'on y trouve le plus souvent mélangées, en partie enfin aux produits de la réaction dans le sol.

Nous savons que lorsqu'on met, par exemple, du chlorure de potassium dans le sol, il se forme autour de chaque cristal une solution concentrée du sel; puis, par double décomposition, du chlorure de calcium prend naissance; il se mélange avec le chlorure de magnésium et le chlorure de potassium. Les graines déposées dans ce milieu caustique germeront mal; si la graine elle-même n'est pas atteinte dans ses facultés vitales, la plantule, au moment de la levée, sera très défavorablement impressionnée; la flétrissure de la tigelle se produira, et la mort même pourra suivre, si les racines ne se dégagent pas rapidement de ce milieu caustique, ou si des pluies abondantes ne viennent pas diffuser et diluer les liquides du sol. Ce phénomène du fléchissement des organes végétaux est fréquemment observé dans la pratique, et l'on a maintes fois remarqué des levées irrégulières, dans les cas où Ton a distribué des sels potassiques dans les lignes de semis ou dans les poquets ou trous creusés pour recevoir les semences. Dans les plantations de pommes de terre, par exemple, non seulement la levée est irrégulière, mais si les sécheresses persistent, le mal peut être assez grand pour que la récolte soit compromise.

Les mêmes effets caustiques se manifesteraient, si l'on appliquait les sels potassiques en couverture sur des récoltes naissantes.

Aussi est-ce avec de grandes précautions qu'il faut appliquer l'engrais potassique. Si on le mettait en même temps que la graine, le germe qui le rencontrerait en quantité abondante à sa proximité serait tué;

si on le donnait en couverture à des plantes en végétation, il se produirait un fléchissement par suite de l'effet du sel sur les parties feuillues et même sur les racines. Mais lorsqu'on a donné des sels de potasse à Tavanceet à un moment où la terre est dépourvue de végétation, ils ont eu le temps de se diffuser dans le sol, et nulle part les organes végétaux ne les rencontrent alors à l'état concentré; de plus, par les réactions qu'ils subissent et par Taction des eaux pluviales, les sels potassiques s*épurent en quelque sorte, perdant les éléments qui les rendent caustiques et les impuretés nuisibles. Cest ainsi que du chlorure de potassium souillé de chlorure de magnésium finit par se transformer en carbonate et en humate, qui semblent tout à fait inoffensifs, tandis que le chlorure de magnésium qui souillait le sel potassique, ainsi que le chlorure de calcium produit par ce dernier, s'éliminent dans les eaux de drainage. De là Tutilité de donner les sels de potasse longtemps à l'avance et, autant que possible, jamais sur les plantes en végétation.

Ces observations générales nous permettent de poser des règles très simples pour le choix du moment le plus favorable à Tapplication aux différentes cultures.

Céréales d'hiver. — Pour les céréales d'hiver, il convient de mettre les engrais potassiques avant le labour, à une époque aussi éloignée que possible des semailles. Il est bon qu'ils soient à l'avance diffusés dans le sol pour ne pas se trouver à dose massive à la proximité du grain. Pour la même raison, il faut répandre le sel potassique avec la plus grande uniformité, évitant de le laisser s'accumuler dans les raies, oîi il a plus d'occasion de rencontrer la graine.

Plantes de printemps, — Pour les plantes de printemps, le mieux est de répandre les engrais potassiques

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au labour d*âutomne, afin de leur laisser le temps de s'incorporer à la terre ; ce n'est que dans le cas oti le sol n'a pas de propriétés absorbantes qu'il faut attendre la fin des pluies d'hiver.

Betteraves à sucre et pommes de terre. — Pour ces deux plantes, on doit adopter comme règle absolue de ne jamais donner l'engrais potassique au moment du labour de semaille ; elles craignent les solutions, même très étendues, de sels potassiques. C'est toujours avant l'hiver, ou mieux encore à la récolte précédente, qu'on doit appliquer la ftimure potassique; en un mot, aussi longtemps que possible avant l'époque du semis, pour lui donner le temps de s'assimiler au sol. Cette recommandation est le résultat d'un très grand nombre d'observations faites en Allemagne. L'application printanière de l'engrais potassique nuit à la qualité et à la quantité de la récolte de betterave sucrière et de pomme de terre; elle abaisse le rendement et nuit à la production de sucre et de fécule, tandis que l'application automnale ne produit aucun résultat de ce genre.

Prairies artificielles. — Pour les prairies artificielles, trèfles, sainfoin, luzerne, on doit donner les sels de potasse avant le semis; si le sol a des propriétés absorbantes suffisantes, il est préférable d'enfouir dès l'origine, par le labour d'hiver, la quantité de potasse nécessaire pour la durée de la prairie. Si l'on ne peut procéder dès le début à cette fumure copieuse, si, par exemple, la nature du sol fait craindre des déperditions, on procède à des fumures en couverture, comme pour les prairies naturelles.

Prairies naturelles. — L'emploi des sels de potasse en couverture s'impose pour les prairies naturelles, puisque le sol n'est Jamais dépourvu de végétation et que Ton ne saurait appliquer cet engrais autrement. Étant

donné qu'une prairie naturelle manque de sels potassî ques, il faudra choisir, pour les lui appliquer, une époque où la végétation est arrêtée et où les pluies peuvent dissoudre le sel et l'incorporer à la terre; c'est au commencement ou à la fin de l'hiver que cette application se fait le mieux; il n'y a point à craindre, à ce moment, une action délétère sur la végétation, et dans les sols de prairies, riches en humus, possédant des propriétés absorbantes énergiques, une déperdition de la potasse par entraînement dans le sous-sol est peu à redouter. Cependant, si les prairies sont sujettes à être inondées, il conviendra de choisir de préférence la fin de l'hiver.

Vigne. — Pour la vigne, l'époque d'épandage des engrais potassiques variera suivant la nature du sol et le climat. On choisira de préférence l'automne dans les sols moyens, susceptibles de retenir la potasse, et le premier printemps pour les terres légères ou exclusivement calcaires. En général, dans le Midi, où les sécheresses sont précoces, il vaut mieux opérer à l'automne, afin que l'engrais ait le temps d'être amené par les eaux à la portée des racines.

Dans les régions méridionales, on doit poser en principe que pour toutes les plantes à racines profondes, et particulièrement pour la luzerne et la vigne, les engrais potassiques ne peuvent agir que s'ils sont déposés dans le sol en décembre ou en janvier au plus tard. Appliqués à une époque plus tardive, ils ne produisent aucun effet, à moins que l'année ne soit exceptionnellement pluvieuse.

Ilconvientd'observer en outre que, pour lesplantesqui enfoncent très profondément leurs racines dans le sol, les déperditions de potasse sont moins à redouter; et même en sols légers, il est bon de se placer dans des conditions telles, que l'engrais puisse rapidement être

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entraîné dans les couches fréquentées par les racines.

§ III. — Comparaison des différents sels potassiques.

Comparons entre elles les différentes formes sous lesquelles la potasse se présente à l'agriculture. Le chlorure, le sulfate, le carbonate, le nitrate se trouvent généralement à Tétat isolé, à un certain degré de pureté; ce sont les sels de potasse les plus répandus dans le commerce; mais dans les produits qui n'ont pas été raffinés et qu'on consomme à Tétat naturel, tels que les salins et les potasses brutes, les sels d'osmose, les cendres, le kaynite, les sels bruts de Stassfurt, nous voyons souvent ces divers sels réunis en proportions variables et associés à des substances quelquefois utiles comme les phosphates, quelquefois inertes comme le sable, la silice, etc., quelquefois nuisibles comme les sels magnésiens.

Les sels isolés ont seuls une composition sensiblement constante ; dans les produits que nous avons énumérés en dernier lieu, les proportions de potasse varient considérablement, et ce qui varie plus encore, ce sont les formes qu'affecte la potasse.

Nous avons vu qu'au point de vue du prix de l'élément fertilisant, de grandes différences existent entre ces diverses formes; et que, par ordre croissant de prix, les sels se classent de la manière suivante :

i^ Chlorure.

3« Sulfate.

3* Nitrate.

4«> Carbonate,

La potasse à l'état de chlorure est de beaucoup la plus économique à employer, et si Ton envisageait

seulement dans cette comparaison la question de prix, on lui donnerait sans hésiter la préférence ; cette préférence se justifiera s'il est démontré que l'action des différents sels sur le sol et sur les récoltes est identique. C'est ce que nous allons examiner.

I *" Comparaison au point de vue de l'action sur le sol. — Nous avons vu que, dans un sol normal, tous les sels potassiques subissent une double décomposition; la potasse se combine à l'acide carbonique; il se forme du carbonate de potasse, Tacide du sel se combine à la chaux. Quelle que soit la nature du sel employé, l'élément fertilisant qui nous intéresse est ramené au même état dans le sol. Il semble donc assez indifférent d'employer la potasse sous l'un ou l'autre des états qu'elle affecte, dans les produits commerciaux; et faisant abstraction de l'action directe des sels potassiques ou de leurs produits de décomposition sur le végétal, nous pouvons poser en principe que pour enrichir la terre en potasse, on doit s'adresser au sel potassique fournissant la potasse au prix le plus avantageux.

Nous devons cependant examiner individuellement les sels potassiques pour nous rendre compte de leurs réactions, et savoir si les produits secondaires auxquels elles donnent lieu sont de nature à modifier l'appréciation que nous venons de formuler.

Carbonate de potasse, — Le carbonate de potasse ne paraît pas subir de décomposition; il est tout prêt à être fixé par les éléments absorbants; il ne donne donc pas naissance à des produits secondaires capables de jouer un rôle utile ou nuisible. La terre peut en absorber de grandes quantités, sans que les déperditions soient à craindre. Son alcalinité paraît avoir une action favorable, soit sur la matière organique dont elle augmente la sojubilité, soit sur les silicates dont elle peut dégager les

principes fertilisants. Il est permis de comparer, en quelque sorte, son action à celle de la chaux; tous les avantages que nous signalerons en étudiant le chaulage résulteront, dans une certaine mesure, de l'emploi du carbonate de potasse.

Si le carbonate de potasse était un produit plus courant et d'un prix moins élevé, relativement aux autres sels potassiques, il y aurait lieu, dans bien des cas, et particulièrement dans les sols riches en matières organiques, de lui donner la préférence, en raison des propriétés spéciales que nous venons d'énumérer.

Sulfate de potasse, — Le sulfate de potasse donne naissance, par une double décomposition avec le carbonate de chaux, à du sulfate de chaux et se transforme lui-même en carbonate de potasse. Cette transformation paraît assez rapide; le plâtre qui en résulte, étant peu soluble, s'élimine lentement de la terre. En apportant l'acide sulfurique, qui manque à bien des sols et qui est si utile à certaines récoltes, le sulfate de potasse sert à deux fins.

En parlant des superphosphates (t. II, p. 5 60), nous avons fait observer que leurs bons effets sur des sols même riches en acide phosphorique, comme certains sol& calcaires, pouvaient en partie être attribués à Tacide sulfurique qu'ils apportent. La même observation s'applique au sulfate de potasse, avec plus de raison encore. En effet, une fumure de 200 kilog. de sulfate de potasse à l'hectare correspond à un plâtrage d'environ 1 5o kilog. Il faut, en outre, observer que le sulfate de chaux qui se produit par précipitation chimique au sein de la terre est à un très grand état de diffusion et d'assimilabilité. Il n'est donc pas impossible que la supériorité du sulfatçde potasse, constatée dans quelques cas, trouve son explication dans cet apport d'acide sulfurique.

Nitrate de potasse. — Le nitrate se comporte comme sulfate et le chlorure, c'est-à-dire que la potasse qu'il iferme se transforme en carbonate , tandis que l'acide rique s'unit à la chaus ; mais le nitrate de chaux proit a une grande tendance à s'enfoncer dans les profon jrs du sol; celui que la végétation n'a pas pu absorber définitivement perdu, comme nous l'avons explié (tome II, p. 1 36), à propos de la déperdition de l'azote rique. Dans le cas du nitrate de potasse, les règles imploi doivent viser autant l'azote que la potasse. Ze qui doit préoccuper le praticien, c'est de savoir si

mélange de nitrate de soude et de sulfate ou de chlore de potassium ne produira pas, à un prix inférieur,

mêmes résultats que le nitrate de potasse. Nous pénis que, dans la grande majorité des cas, il en est réelleint ainsi, et ce n'est pas au nitrate que nous conseilis d'avoir recours pour enrichir le sol en potasse. Chlorure de potassium. — Quant au chlorure de posium, qui est de beaucoup l'engrais potassique le plus [ployé, en subissant sa transformation en carbonate

contact du calcaire du sol, il donne naissance à du lorure de calcium. Tandis que le plâtre et le nitrate de lux, produits de ladécomposition du sulfate et du nitrate potasse, jouent un rôle utile, le chlorure de calcium,

contraire, est non seulement inutile, il est encore jstique, et ses effets sur la végétation peuvent être per- :ieux. Mais en raison de sa grande solubilité, il est rapiment éliminédansleseaux de drainage, et si l'on a soin ppliquer le chlorure avant l'hiver ou avant la fin des lies, le carbonate de potasse reste seul acquis au sol et :hlorure de calcium s'en va, entraînant avec lui une antité de chaux correspondante. Lorsque le sol est riche calcaire, il n'y a pas lieude se préoccuper de cette perte

chaux produite par tous les sels potassiques; il n'en

est pas de même dans le cas d'une terre qui contiendrait de petites quantités de chaux. Par exemple, une fumure de 3oo kilog. de chlorure de potassium enlève près de 200 kilog. de carbonate de chaux au sol, sous la forme de chlorure de calcium définitivement entraîné jdans les eaux de drainage.

Sulfocarbonate de potasse. — Nous devons dire quelques mots des réactions qui accompagnent l'emploi dessulfocarbonates, dont Tutilisation comme insecticide est devenue très générale dans beaucoup de régions. Le sulfocarbonate s'altère lentement au contact de Tair atmosphérique; Tacide carbonique réagit sur lui en dégageant du sulfure de carbone et de l'hydrogène sulfuré et en produisant du carbonate de potasse. Dans le sol, où l'acide carbonique est plus abondant, cette transformation a une bien plus grande activité, et c'est sur cette propriété qu'est fondé l'emploi du sulfocarbonate. Celui-ci est appliqué aux vignes après avoir été dissous dans une grande quantité d'eau; il se répand dans les interstices du sol à un grand état de diffusion; il agit d'abord sur les insectes par le simple contact, mais au bout de très peu de temps, le sulfure de carbone et l'hydrogène sulfuré se dégagent et modifient l'atmosphère du sol de manière à la rendre toxique pour le phylloxéra, tout en respectant les racines des plantes. La potasse, amenée par cette transformation à l'état de carbonate, se trouve dans les conditions les plus favorables à l'assimilation et rentre dans le cas du carbonate de potasse.

Silicate de potasse. — Nous avons vu que la potasse se présente dans les roches à l'état de silicate, principalement en combinaison avec le silicate d'alumine; lorsque ces roches sont amenées à un certain état de division, comme c'est le cas des sables granitiques, et bien plus en-

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ore des argiles, la potasse qui s'y trouve peut ûtre renue graduellement assimilable par les agents du sol; si on introduit, dans une terre qui manque de potasse, de es sables granitiques ou de ces argiles, on fait une fulure potassique, pÊu énergique à la vérité, mais dont is effets pourtant deviennent sensibles à la longue. Il ne lut pas considérer ces matières comme un engrais prorement dît, mais plutôt comme un amendement, qu'on eut introduire dans des terres pauvres en potasse, :lles que certains sols crayeux, lorsque les frais de cette pération sont très minimes. On transforme alors le )1 non pas seulement au point de vue de sa composion chimique, mais encore de ses propriétés physiues. C'est alors par grandes masses qu'il convient d'oérer pour obtenir un effet appréciable.

Certaines roches, dont nous avons donné la composion, contiennent des proportions de potasse très consiirables ; si, par une pulvérisation mécanique, on les menait à un haut degré de division, elles pourraient ;rvir d'engrais potassiques, à la condition d'être emloyées à fone dose. Mais le prix des engrais potassiiies salins, dont l'action est infiniment plus rapide, n'est is assez élevé pour qu'il y ait lieu de s'adresser à des roduits silicates, dont l'effet ne saurait jamais être imparable à celui des selssolubles et dont, en somme,

prix de revient serait relativement élevé, soit A cause ;s transports, soit à cause de la pulvérisation préalable.

Quant à chercher à transformer en silicates, même sobles, les différents sels potassiques, comme le proposait iebig, c'est une erreur économique et agricole dont

pratique a fait rapidement justice.

En résumé, tous les sels potassiques finissent par se Etnsformcr en carbonate au sein d'une terre qui contient

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des éléments calcaires. Mais comme cette réaction n'est pas toujours très rapide et très complète , c'est seulement dans le cas où le sel de potasse a été donné un certain temps à Tavance que les effets peuvent être regardés comme identiques. Si, par exemple, l'engrais potassique â été appliqué avant l'hiver, il a eu tout le temps , avant le départ de la végétation du printemps, d'affecter sa forme définitive; les substances nuisibles qui l'accompagnaient, telles que le chlorure de magnésium, ou celles qui ont pris naissance par la double décomposition, telles que le chlorure de calcium, ont été entraînées par les eaux et n'entravent plus la végétation.

Application aux différents sols. — Quand il s'agît de terres contenant l'élément calcaire, il est donc à conseiller d'employer de préférence la forme qui fournit la potasse au prix le plus bas : c'est généralement le chlorure qui est dans ce cas; on aura soin de l'appliquer avant l'hiver.

Quant aux terres qui manquent de chaux et dans lesquelles la transformation du sel de potasse n'est pas possible, il ne semble se produire aucune modification dans le sel donné. Si celui-ci n'est pas originairement à l'état de carbonate, il n'est point retenu par les éléments terreux et se trouve être enlevé par les pluies. 11 y a donc des précautions à prendre lorsqu'on veut confier les engrais potassiques à de pareils sols, puisque non seulement ils ne sont point retenus, mais encore parce qu'ils gardent pendant tout leur séjour dans le sol un état sous lequel ils peuvent avoir une action nuisible, comme c'est le cas pour le chlorure.

Il y a donc deux règles d'emploi qui découlent de ces considérations: i® à de pareilles terres on ne doit pas confier à l'avance des sels potassiques, parce qu'ils sont éliminés; 2® il faut choisir de préférence les sels po-

une action nuisible sur la végémdres, etc., leur conviennent de de potassium vient en dernière

marnage avaient précédé la fuentrcrait dans le cas des terres drait pas croire qu'il suffise d'un ige ayant introduit dans la terre peu supérieures à celle de l'en- Icaire doit se trouver en grand it son effet, comme aidant à la il agit par une action de masse r f)ar doses relativement énor-

sel de potasse soit retenu. La qui s'opère entre le calcaire et 1 loin d'être intégrale, si le preaniité pour ainsi dire illimitée, e potasse.

u point de vue de l'action — Nous avons vu qu'au bout ;ls de potasse sont ramenés, dans ilcaire, à une forme unique, celle avons-nous à envisager ici, au 1 sur la végétation, que le pre- Toduction dans le «ol, pendant oins en partie, leur état primiment à tenir compte des subsles qui accompagnent le sel de icnt de sa réaction dans le sol.

:e. — Le carbonate de potasse ve être, dès l'origine, à un état médiatement tirer parti; aussi de et énergique. Les salins et ivent surtout leur cftîcacité si

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bien constatée à Tétat de carbonate sous lequel existe la plus grande partie de leur potasse.

On sait que les carbonates alcalins ont une assez grande causticité, et on peut s'étonner de les voir inoffensifs visà-vis des racines des plantes. Cela tient à ce que le carbonate, se fixant sur les éléments humiques, ainsi que sur les silicates et les oxydes hydratés, perd presque totalement sa causticité; cela peut tenir encore à ce que, au contaa de Pacide carbonique du sol, il se transforme en bicarbonate , composé dépourvu de causticité.

Le carbonate de potasse destiné aux usages agricoles n'est jamais employé à l'état pur; il contient des sulfates, quelquefois des phosphates et des traces de substances rares, qui ont peut-être leur utilité pour la végétation. Les engrais contenant du carbonate de potasse, tels que les salins, les potasses brutes, les cendres végétales ont donc une supériorité réelle sur les autres engrais potassiques.

L'incorporation de ces produits au sol n'a aucun effet fâcheux sur les racines, puisque leur causticité primitive est annulée au contact de la terre ; mais il faudrait se garder de les appliquer en couverture sur les plantes en végétation ; en effet, les parties aériennes, atteintes par le carbonate de potasse dont rien n'aurait modifié la causticité, seraient brûlées à son contact.

Les salins, les potasses brutes, les cendres végétales elles-mêmes, en touchant les organes foliacés, produisent des taches qui peuvent amener la flétrissure et qui, tout au moins, entravent la végétation.

Nitrate de potasse. — Le nitrate de potasse est à peu près inoflfensif par lui-même; il s'applique sans danger et sans précautions spéciales, toutes les fois qu'on a à donner en môme temps une fumure azotée. Comme c'est l'azote qui constitue en grande partie sa

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valeur, c'est sur les règles d'emploi des nitrates qu'on devra se guider.

Il agit rapidement sur la végétation; mais il offre l'inconvénient d'être absorbé en nature par certaines plantes qui le fixent dans leurs tissus à un état inutile, et dans ce cas il ne donne pas tous les effets qu'on serait en droit d'en attendre.

Sulfate de potasse. — Le sulfate de potasse, qui est généralement à un assez grand degré de pureté, apporte, outre la potasse, de l'acide sulfurique et peut favoriser la végétation autant par l'un que par l'autre de ses deux composants. Il est peu caustique par lui-môme, ainsi que par les substances qui l'accompagnent; aussi n'est-il point à craindre qu'il ait sur les racines et même sur les feuilles un effet pernicieux; il se change d'ailleurs rapidement en carbonate au contact du calcaire du sol. Certaines plantes, telles que les légumineuses, qui ont besoiri'simultanément de soufre et de potasse, sont très sensibles à l'action de ce sel.

Chlorure de potassium, — Le chlorure de potassium a une certaine causticité; mis en présence des racines, il semble ralentir la végétation et amener une flétrissure momentanée, tout au moins aussi longtemps qu'il garde sa forme primitive. Il est d'ailleurs presque toujours accompagné d'une certaine quantité de chlorure de magnésium, sel qui peut exercer une influence analogue sur les organes végétaux , surtout si le sol est peu perméable et n'en permet pas l'élimination rapide. De plus, le chlorure de potassium, réagissant sur le calcaire, produit du chlorure de calcium, dont les effets ne sont pas non plus sans inconvénient sur la végétation. Mais lorsque, appliqué à l'avance, il a eu le temps de se transformer en carbonate et de se débarrasser, par l'eau de pluie, du chlorure de magnésium qu'il

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contient et du chlorure de calcium qu'il forme, ses effets sur la végétation ne sont plus à redouter. Cest sur les jeunes plantes, et particulièrement sur les plus tendres, par exemple celles qui viennent de germer, qu'il peut avoir Tinfluence la plus nocive. Aussi doit-on éviter de le mettre en contact avec la graine ou avec la semence. Son action est tout autant à redouter sur les parties aériennes. Là où il touche les feuilles, il produit une brûlure, et peut môme amener la flétrissure et la mort. Il ne faut donc pas l'employer en couverture sur des plantes en végétation; au moment où la végétation est arrêtée, c'est-à-dire pendant l'hiver, on peut rappliquer sans inconvénient sur les prairies naturelles ou artificielles. En dehors de cette époque, il ne doit jamais ère mis en contact avec les organes végétaux.

Mélanges de sels, — Chacun des sels potassiques se comporte, lorsqu'il est en mélange, de la même façon que s'il est à l'état isolé. Si donc nous avons affaire à des mélanges, nous appliquerons à chacun des éléments qui le constituent les raisonnements précédents. Mais il y aura, en outre, à faire intervenir les considérations relatives aux substances étrangères qui les accompagnent.

Dans certains cas, ces substances sont par elles-mêmes des engrais; les cendres, par exemple, contiennent de la chaux et de l'acide phosphorique; dans d'autres cas elles sont inertes ou même nuisibles; les sels bruts de Stassfurt et les salins contiennent des chlorures de sodium et de magnésium, du sulfate de magnésie. En parlant de la soude, de la magnésie, etc., nous étudierons jusqu'à quel point l'intervention de ces matières peut être avantageuse ou funeste.

En résumé, les formes importantes de la potasse sont le carbonate, le nitrate, le sulfate et le chlorure. Au

ons reconnu une réelle supériorité; ns son emploi toutes les fois que le ans ce sel se rapprochera du prix de :hlorure. Le nitrate n'a, en tant que tasse, aucune supériorité qui perà cet élément la plus-value fixée par lerciates.

mlturales. — C'est surtout sur le te, qu'il est plus facile de se procurer choix des agriculceurs devra porter; , à égalité de potasse, un peu plus re. Nous avons Mt, au point de vue araison de ces deux sels; il sera utile d'oeil sur les expériences culturalcs, de déterminer quelle est de ces deux ivient le mieux aux diverses récottes.

es expériences les plus dignes de foi, que pour les céréales il n'y a pas lieu iction entre leur action; en voici un à MM. Wagner et Dettweiler :

, acide phosphorique

tasse 3.631 2.g38

, acide phosphorique

Dris à Gembloux et confirmés par la au chlorure de potassium une légère sulfate pour la fumure du lin.

les plantes de culture, maïs fourrage, "ragère et pour les prairies naturelles, der aux agriculteurs de choisir le sel

potassique qui offre la potasse au prix le plus bas. C'est en France le chlorure qui remplit cette condition. Plus diffusible que le sulfate, il offre l'avantage, dans les années sèches, de retenir Thumidité et de maintenir la fraîcheur dans les sols sableux.

Il y a cependant des cas bien déterminés où la fumure au chlorure de potassium est inférieure ; c'est celui de la culture du tabac, des betteraves à sucre et des pommes de terre.

Suivant les observations de M. Schlœsing, le sulfate conviendrait particulièrement au tabac qui, comme on sait, est une des plantes les plus exigeantes en potasse. 11 se montre supérieur au chlorure, en ce sens que ce dernier sel est absorbé en nature et reste dans la plante sous sa forme primitive, sans y jouer un rôle utile; le sulfate, au contraire, au lieu d'être absorbé en nature, subit une décomposition qui laisse l'acide sulfurique au sein de la terre, tandis que la potasse absorbée par le végétal s'y combine avec les acides organiques et contribue aux qualités recherchées dans le tabac et particulièrement à la combustibilité.

Pour mettre ces faits en évidence, nous reproduisons les chiffres de M. Schlœsing :

Pour 10 gr. de Ubnc.

FÏTMTniR

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