L II. L II
Sable et argile 2.04 0.70 i .46 0.90
Chaux 54.37 55.24 55.72 55.18
Magnésie o.25 o.io 0.06 o.3o
Potasse 0.08 0.06 0.17 0.22
Acide phosphorique.. . 0.07 0.08 0.04 0.08
— sulfurique o.3i traces. » 0.0g
Achat des marnes. — La marne est, dans certaines régions, l'objet d'un commerce important; le prix en est extrêmement variable; il est ordinairement compris entre o fr. 5o et 2 ou môme 3 francs le mètre cube pris à la carrière, mais il dépend absolument de l'abondance des marnières et de l'usage plus ou moins répandu qu'on fait de cet amendement dans les localités avoisinantes.
Pour l'achat et pour l'emploi de cette matière, il faut s'entourer de précautions. L'apparence de la marne ne donne aucune indication sur sa valeur; il n'est pas rare de voir exploiter comme marne une terre dépourvue de calcaire et constituée exclusivement par de Targile plus
OU moins sableuse. Par le tableau précédent, nous voyons combien sont grandes les variations de composition; seule, l'analyse chimique permet de déterminer exactement le taux de calcaire, et Ton ne doit jamais se dispenser de la faire intervenir, si Ton veut agir avec discernement.
La détermination de la chaux totale ne fournit qu'une indication préliminaire; elle doit être complétée par l'examen des propriétés physiques de la marne. Un calcaire, en effet, peut contenir jusqu'à 90 et gS pour 100 de carbonate de chaux, sans que pour cela son utilisation directe soit avantageuse, parce que s'il est dépourvu de la faculté de se déliter, il reste dans le sol à l'état inerte. La marne au contraire possède, comme nous l'avons vu, la propriété précieuse de tomber en poussière ; plus cette propriété est accentuée, plus grande sera la valeur de l'amendement.
L'appréciation de la qualité d'une marne doit donc toujours se faire au double point de vue de la teneur en calcaire total et de la teneur en calcaire actif, de même que nous avons apprécié la valeur de la chaux d'après la chaux totale et d'après la chaux délitable. Cet essai peut, du reste, s'effectuer rapidement, suivant le procédé recommandé par de Gasparin : On place 1 kilog. de marne dans une terrine avec de l'eau, de manière à la couvrir entièrement; après une heure de digestion, on agite et on décante; on renouvelle cette opération jusqu'à ce que l'eau surnageante soit claire. On pèse le résidu sec et on établit ainsi la proportion des parties fines et des parties grossières.
L'aspect d'une marne ne permet pas de se rendre compte de sa qualité ; « car, dit de Gasparin, on trouve souvent des marnes très compactes ayant l'aspect extérieur du marbre et qui cependant se réduisent à l'air,
et assez promptement, en une fine poussière homogène, sans laisser le moindre résidu non délité. D'autres ont plutôt Taspect des poudingues et sont de véritables mélanges de marnes et de nodules de carbonate de chaux non délitables. Certaines marnes sont déjà délitées dans la marnière, et alors il est facile de rejeter ces nodules qui s'en distinguent facilement. »
Si Ton veut avoir des indications complètes sur la valeur d'une marne, il est intéressant de déterminer par l'analyse la richesse en acide phosphorique, en potasse et en azote. Comme la marne est introduite dans le sol à dose très élevée, l'apport de ces éléments, même s'ils existent en très faible proportion, peut devenir important, et quand on discute les effets du marnage, il est utile d'ajouter aux précédentes données ce nouvel élément d'appréciation.
La marne ayant besoin d'être employée à dose beaucoup plus élevée que la chaux pour produire les mêmes effets, il faut se rendre compte des frais de transport, pour calculer le prix de revient de ce traitement. La marne ne peut pas en général être transportée loin des lieux de production; elle est réellement avantageuse à employer là oli elle existe à faible distance et oîi, par suite, les charrois sont peu coûteux. Les conditions les plus avantageuses sont réalisées, lorsque la marne est dans les couches sous-jacentes à une faible profondeur, ce qui est fréquemment le cas dans les argiles à silex du terrain tertiaire, comme dans la Brie et la Beau ce, par exemple. Le transport se fait alors à la brouette, et on répand directement les tas sur la terre au voisinage du point d'extraction.
Lorsqu'il faut l'amener de plus loin, on emploie des tombereaux; il est rare qu'on transporte la marne par wagons, les frais de chargement et de déchargement
augmentant notablement le prix. Il faut faire le moins de frais possible sur une matière si encombrante et d'une si faible valeur marchande.