‹ Les engraisChapitre 38 sur 69 · O.IO · texte numérisé non relu

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traces.

M. Joulie donne la moyenne suivante de composition pour l'ensemble des plâtres parisiens :

Sulfate de chaux 82 . 28

Carbonate de chaux 7.42

Eau 10. 3o

Le plâtre cuit a pour propriété spécifique de faire prise au contact deTeau; cette propriété est précieuse pour les usages industriels, mais elle ne présente aucun intérêt pour Tagriculteur.

Plâtre cru, — On s'est demandé s'il n'y avait pas économie à s'adresser au plâtre cru, au gypse natif, tel qu'il sort des carrières. Celui-ci, en effet, est d'un prix moins élevé, puisqu'il n'a subi aucun frais de cuisson; sa pulvérisation, il est vrai, est un peu plus coûteuse, car il est moins friable et plus dur que le plâtre cuit.

Le plâtre cru, à l'état pur, correspond à la formule CaO SO^, 2 HO; il contient pour 100 :

Chaux 32.56

Acide sulfurique 46.51

Eau 20.93

Il diffère du plâtre cuit simplement par la proportion

plus élevée d'eau qu'il renferme, et par conséquent par une teneur plus faible en sulfate de chaux; les mêmes impuretés s'y rencontrent.

La composition moyenne des plâtres crus de Paris est la suivante ;

Sulfate de chaux 70.4 %

Carbonate de chaux 7.6 —

Argile , sable , etc 3.2 —

Eau 18.8 —

Il est facile de distinguer ces deux produits ; il suffit, en effet, d'en gâcher, une petite quantité avec de Teau ; le plâtre cru restera en bouillie, tandis que le plâtre cuit se prendra en masse compacte.

Achat. — Le plâtre est sujet à des variations de composition notables ; sa forme pulvérulente permet en outre d'y introduire frauduleusement des matières . inertes , telles que sable, chaux, calcaire pulvérisé, etc.

Pour ce produit, comme pour les autres engrais, il est donc nécessaire d'avoir recours à l'analyse chimique, qui s'attachera surtout à déterminer la teneur en acide sulfurique , c'est-à-dire en sulfate de chaux réel. Le dosage de la chaux ne serait pas suffisant, car ce n'est pas la chaux totale qui doit fixer la valeur du produit, mais seulement la chaux sous forme de sulfate. On doit également tenir compte de l'état de finesse, et donner sans hésitation la préférence aux produits les plus fins, qui se répartissent mieux dans le sol. Comme pour la chaux, il faut toujours acheter le plâtre au poids et non pas à l'hectolitre.

On offre souvent aux cultivateurs, sous le nom de plâtre pour l'agriculture, des produits d'un prix minime; c'est pour ceux-là qu'il convient surtout de prendre les précautions que nous avons indiquées, afin d'éviter les

fraudes. S'il s'agit simplement d'une substitution du plâtre cru au plâtre cuit, le préjudice porté à l'agriculteur n'est pas grand. 11 est en effet démontré, par les expériences d'Isidore Pierre, qu'il n'y pas lieu d'établir de différence entre les deux* produits; à égalité de sulfate de chaux et à égalité de jfinesse, le plâtre cru et le plâtre cuit s'équivalent.

On a avantage à faire voyager le plâtre cuit plutôt que le plâtre cru; ce dernier est grevé de plus de lo pour loo de frais, par le transport de l'eau. C'est surtout quand on achète le plâtre au loin qu'on doit attacher de l'importance à sa pureté. Dans les cas où cette considération n'a pas à intervenir, on peut économiser les frais de cuisson et donner la préférence au plâtre qui livre au prix le plus bas le kilog. de sulfate de chaux.

Plâtres résiduaires. — Dans certaines conditions, on fait avantageusement usage des plâtres résiduaires provenant des diverses industries. Nous énumérerons ceux de ces produits qui présentent quelque importance.

Plâtres provenant des salines. — L'agriculture des régions voisines des salines trouve, à bas prix, des engrais plâtrés dans les résidus de la fabrication du sel.

L'évaporation de l'eau salée donne naissance à des dépôts dans lesquels la proportion de sulfate de chaux est ordinairement voisine de yS pour loo, avec 20 pour 100 d'eau; on y rencontre en outre de petites quantités de sulfate de potasse (o,3 à i pour 100) et de chlorure de potassium (o,5 pour 100).

La concentration du sel par la chaleur dans les chaudières d'évaporation donne des incrustations connues sous le nom de schlot. Ce produit est depuis longtemps utilisé à la fumure des prairies artificielles; sa composition est variable , mais le sulfate de chaux et le sulfate de soude en constituent la partie la plus importante. Voici,

d'après Isidore Pierre, la composition moyenne de cette substance :

Sulfate de chaux 40 à 41 %

— de soucie 25 à 53 —

Chlorure de sodium 6àio —

L'analyse des incrustations provenant de Tévaporation des sels gemmes, indique une forte teneur en sulfate de chaux (66 à 78 pour 100).

Résidus des fabriques de soude, — Les usines qui fabriquent la soude par le procédé Leblanc laissent des charrées et des résidus qui, après oxydation des sulfures, des sulfates et hyposulfites, peuvent être utilisés comme plâtre. Wolff donne l'analyse suivante d'un produit de nature :

Eau 9* 00

Matières organiques 4. 00

Acide phosphori que o . i o

Soude 2.20

Ctiaux 34.50

Acide sulfuriquc 41. 3o

Sable 4.00

Vieux plâtras, — On a souvent observé l'action fertilisante des débris provenant des démolitions. Rien n'est plus variable que la comf5osition de ce mélange formé de plâtre, de débris de pierre, de sable, de mortier, etc.; mais presque toujours on y a constaté la présence des nitrates de potasse et de chaux. Aussi doit-on plutôt considérer les plâtras comme engrais azoté; au lieu de les laisser perdre, il convient de les recueillir avec soin et de les introduire dans les composts.

Cendres, — Nous avons, à propos des chaux résiduaires, parlé des cendres de houille et de tourbe ; les ana-

lyses que nous avons citées montreni que la proportion de sulfate de chaux y est souvent très élevée. On pourrait donc considérer les cendres comme engrais à base de plâtre, tout aussi bien que comme amendement calcaire ; c'est en effet sur les légumineuses que leur action semble la plus marquée.

Nous n'insisterons pas davantage sur ces produits, qui ont une importance secondaire et ne sont utilisés qu'exceptionnellement par Tagriculture.

Mais nous dirons quelques mots d'une matière qui, encore peu répandue en France, se trouve au contraire en grande quantité en Belgique, en Allemagne et en Angleterre, c'est le résidu de la fabrication des superphosphates riches (voir tome II, page 471).

Plâtre phosphaté, — Le phosphate naturel est attaqué par Tacide sulfurique ; de la bouillie obtenue, on extrait, par des lavages méthodiques et par des filtres-presses, l'acide phosphorique en dissolution. Le tourteau sortant des filtres-presses constitue du sulfate de chaux, en poudre grisâtre, plus ou moins riche et à réaction acide.

Voici la composition de ces plâtres phosphatés :

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