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à traces

Dans la cendre noire, le taux d^azote est très élevé ; la combustion lente à Tair et la lixiviation? le diminuent beaucoup; mais il reste assez élevé pour expliquer en partie les bons effets obtenus par l'emploi de ces cendres pyriteuses, qui nous semblent agir surtout par Tazote et par l'acide sulfurique qu'elles renferment.

Les cultivateurs du Nord estiment beaucoup ces produits; ils emploient tantôt les cendres noires incomplètement brûlées, le plus souvent les cendres rouges; ils vont les chercher quelquefois jusqu'à 20 lieues de distance. Il se fait en Picardie un grand usage des cendres pyriteuses, à la dose de 10 à 12 hectolitres par hectare. C'est particulièrement aux prairies artificielles qu'elles conviennent; elles se comportent alors à la manière du plâtre, et très probablement en apponant de l'acide sulfurique. On s'en sert avantageusement aussi pour les prairies naturelles (4 à 6 hectolitres par hectare) ; leur effet se rapproche de celui du sulfate de fer et consiste surtout à faire disparaître les mousses

et lichens. Employées pour la fumure des plantes sarclées et des céréales, elles peuvent agir par Tazote et la matière organique qu'elles renferment. Leur effet se manifeste surtout dans les sols calcaires ; dans les terrains crayeux de la Champagne , par exemple, on fait usage de cendres pyriteuses du Soissonnais, qui agissent par Tacide sulfuriquc, peut-être par le fer, et certainement aussi comme amendement, en modifiant la coloration du sol.'

Manganèse.

Après le fer, nous devons placer le manganèse, qui entre également dans la constitution des végétaux. Ce métal, très voisin du fer, est répandu dans le sol à un grand état de diffusion ; il est rare qu'on n'en trouve pas quelques traces, au moyen des réactifs sensibles. Comme ce n'est aussi qu'à l'état de traces qu'il existe généralement dans les végétaux, il semble que le sol en contienne suffisamment pour qu*on n'ait pas besoin de penser à une restitution ; cependant, on ne trouve pas d'expérience suivie, permettant d'affirmer que l'emploi des sels de manganèse serait, dans tous les cas, sans effet sur l'augmentation des récoltes. A notre avis, ces essais mériteraient d'être faits, en même temps que ceux de l'application du sulfate de fer.

M. Leclerc a trouvé les proportions suivantes d'oxyde de manganèse dans les sols et les produits végétaux :

Pour 100 de tcm.

Grès vosgien 0.04 à 0.18

Marnes irisées 0.18 à 0.22

Terrain crétacé o. 1 1 à o. 28

Alluvions o .08

Terre granitique 0.06 à o. 14

Coprolithes o. i5

Poudre d'os 0.006

Four 100 de grains.

Blé o.oii

Orge o. 006

Jarosse , o .004

Mais 0.002

Riz o.ooi

Poar 100 d« ecndreK.

Sapin 4.51

Hêtre 5.3i

Vigne 0.19

Tabac 0.18

Le manganèse se révèle dans les cendres végétales par la teinte verte qu'il leur communique; en incinérant des produits végétaux, on est parfois étonné de voir une coloration extrêmement accentuée et on pourrait supposer que cet élément joue un rôle particulier dans Talimentation minérale de quelques-unes de nos récoltes.

Le sulfate de manganèse est d'un prix relativement peu élevé; et, sans nullement engager les agriculteurs à y avoir recours d'une façon générale, nous pensons que des expériences entreprises sur une petite échelle ne manqueraient pas d'intérêt, surtout au point de vue physiologique, car pratiquement, il est permis de dire que les cas où l'addition d'engrais à base de manganèse est utile, doivent être exceptionnels.

Silice.

On a attribué à la silice une action importante sur la végétation et on a cru pendant longtemps qu'elle était un principe constituant des plantes. On lui accordait la propriété de concourir à la formation des cellules et de donner à celles-ci plus de rigidité ; on expliquait la

Sgo LES ENGRAIS.

verse des céréales par Tabsence de cet élémenl. Aujourd'hui, la lumière est faite sur le rôle de ce corps, qui n'est là que comme un produit accidentel et ne remplît aucune fonction utile. On sait, en effet, que les plantes peuvent acquérir tout leur développement, même lorsqu'elles n'ont pas de silice à leur disposition.

La silice existe dans les plantes en proportion telle, qu'elle forme souvent plus de la moitié des cendres. Môme si cette silice était nécessaire au développement végétal, on n'aurait pas besoin de se préoccuper d'en donner comme engrais, puisqu'elle est très répandue dans le sol, soit à l'état libre, soit en combinaison avec des bases, à Tétat de silicates. C'est elle qui forme la principale masse de la terre ; elle constitue le support inerte, autour duquel viennent se grouper les éléments fertilisants et le milieu dans lequel s'enfoncent les racines des plantes.

On ne sait point de quelle manière elle pénètre dans les végétaux; ses propriétés colloïdales sembleraient s'opposer à son introduction à travers les membranes des racines.

Si l'on a préconisé l'emploi des silicates, c'est qu'on a pu penser que la silice contenue dans le sol n'était pas assimilée par les végétaux et que ceux-ci, d'autre part, en avaient un besoin impérieux pour la constitution de leur charpente. Mais aujourd'hui que nos connaissances sur ce sujet sont mieux établies, il n'y a plus aucune raison de ranger la silice parmi les engrais.

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