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ENGRAIS COMPOSÉS

Classâflcation des engrais. — Les engrais commerciaux que nous avons étudiés jusqu'à présent, se groupent en plusieurs catégories ; la première comprend les engrais ne contenant qu'un seul élément vraiment utile; tels sont :

Le nitrate de soude. . •

Le sulfate d*aminoniaque

La chair et le sang desséchés ) Engrais azotés.

La corne et le cuir torréfiés

I^s déchets de laine, de drap, de corne, etc.

Les phosphates de chaux naturels

Les scories de déphosphoration

Les cendres d*os et les os dégélatinés } Engrais phosphatés.

Les superphosphates

Les phosphates précipités /

Le chlorure de potassium ''

Le sulfate de potasse f t-

Les salins; les sels de Stassfurt bruts; les ( ^ ^ 4 •

potasses brutes, etc ]

La chaux | „ , .

, ^ , / Engrais calcaires.

La marne et ses analogues S ^

On trouve dans cette catégorie les matières fondamentales qui fournissent, séparément et à l'état concentré, Tazote minéral ou organique, l'acide phosphorique, la potasse, la chaux; ce sont les engrais simples.

La seconde catégorie comprend les engrais contenant à la fois deux ou plusieurs éléments fertilisants ; nous y trouvons :

Les guanos \

Les poudres d'os 1

Les noirs de raffinerie } ^"«"^^^ f ^f ^'

Les superphosphates d'os l Phosphatés.

— de guanos '

T .^ , j ^ J Engrais azoté et po-

Le nitrate de potasse i J ^ ^

'^ 1 tassique.

Les cendres de bois | ^"«"^ ^T^T"

] et phosphaté.

Enfin une dernière catégorie comprend tous les produits dont la valeur est à la fois constituée par la présence de trois éléments : azote, acide phosphorique , potasse. Ces produits peuvent être considérés comme des engrais complets; tels sont :

Les fumiers, matières de vidange, poudrettes, gadoues, etc. Les tourteaux, les résidus des industries végétales, etc.

Les engrais naturels se divisent donc en engrais simples et engrais complexes.

Engrais naturels complexes. — Il ne nous appartient pas de changer la nature de ceux-ci ; nous devons les utiliser tels qu'ils se présentent à nous, malgré les inconvénients qu'ils offrent et que nous ferons mieux ressortir, en établissant le parallèle avec les engrais simples. , . :

Avec les engrais simples, rien n'est plus facile que de répondre à tous les cas de la pratique agricole ; on peut les employer isolément ou les combiner deux à deux, trois à trois, dans la proportion voulue pour obtenir le maximum de résultats avec le minimum de dépenses ; on peut aussi à sa volonté donner exactement la quantité de principes fertilisants qu'on juge nécessaire. S'agit-il, par exemple, d'une terre de défrichement, riche en azote et en potasse ? on s'adressera au phosphate naturel, qui apportera le seul élément utile dans cette circonstance, c'est-à-dire l'acide phosphorique. S^agit-il d'un sol calcaire, où seule l'addition d'engrais potassique est reconnue nécessaire? on s'adressera au chlorure de potassium ou au sulfate de potasse. Dans chaque cas, on donnera donc uniquement l'élément qui fait défaut, et toute la dépense faite pour l'achat de l'engrais sera productive.

Si le sol manque de deux principes à la fois, on peut combiner les engrais simples de manière à ne donner de chacun d'eux que la quantité réellement utile.

Avec les engrais de la deuxième catégorie, la même facilité n'existe pas ; pour fournir l'élément nécessaire, on donne souvent en surplus une substance inutile qui occasionne une dépense sans résultat. Dans le cas des terres de défrichement, par exemple, la poudre d'os n'est pas à sa place, parce qu'en même temps que l'acide phosphorique,, réellement nécessaire, elle apporte de l'azote, principe coûteux dont l'emploi constituera une véritable superfétation. Pour une terre qui réclame exclusivement l'engrais azoté, le nitrate de potasse sera encore aussi déplacé, parce qu'il apporte, en même temps que l'azote, de la potasse, dont cette terre n'a pas besoin. Considérons même le cas où Ton doit fournir à la fois les deux éléments contenus dans une ma-

tière fertilisante, de la potasse et de Tazote nitrique, par exemple; ce ne sera pas encore le nitrate de potasse qui aura nos préférences, en admettant même que les questions de prix n'aient pas à intervenir, parce qu'avec ce sel on n'est pas libre de faire varier la proportion des deux principes suivant les besoins, lié qu'on est par la composition du produit.

L'agriculteur, en un mot, aura toujours une plus grande facilité d'appliquer les matières fertilisantes de la manière la plus judicieuse et suivant les exigences des récoltes, lorsqu'il s'adressera aux engrais simples, fournis par le commerce à des cours bien établis; il peut les employer soit isolément, soit réunis dans des proportions calculées ; avec eux, il donne au sol ce que celui-ci exige, et rien que ce qu'il exige.

Ce qui précède, ne nous conduit pas à proscrire remploi des engrais qui sont complexes par leur nature même; nous avons montré tout le parti qu'on peut en tirer, lorsqu'on sait les utiliser rationnellement, et nous nous garderions bien de nous priver de ces matières, dont il ne nous appartient pas de changer la composition, et qui ont une place importante parmi les matériaux fertilisants. Mais ces considérations nous amènent à déconseiller Tachât des engrais artificiels complexes ou complets, que le commerce offre à l'agriculteur et qui sont constitués par la réunion de divers engrais simples. Ces mélanges ont tous les inconvénients que nous avons signalés ; ils en ont d'autres encore que nous mettrons en relief.

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