VÉGÉTAUX
La potasse se trouve à l'état de diffusion dans le sol ; mais elle se concentre dans le végétal qui, sous un vo-
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lume relativement faible, nous présente Talcali auparavant disséminé dans un poids considérable de terre.
Extraction de la potasse des cendres de bois. — Nous avons constaté, dans le chapitre précédent, que la potasse était abondante dans les produits végétaux cultivés ; mais il est rare que les récoltes soient destinées à Tincinération; leur potasse fait retour indirectement au sol par le fumier; quelquefois aussi par les sous-produits des industries qui traitent les matières végétales.
La destination du bois, au contraire, est de nous servir de combustible; après avoir été brûlé, il laisse comme résidu des cendres riches en potasse, que depuis longtemps on a utilisées pour l'industrie ou pour Tagriculture.
La teneur des cendres de bois en potasse varie dans de très larges limites; elle est comprise entre ioet25 pour 100 de cendres pures.
C'est en majeure partie à Tétat de carbonate qu'on rencontre cette base, qui était unie aux acides organiques de la plante. Le carbonate de potasse a beaucoup d'usages industriels, et son prix est relativement élevé. Aussi son emploi en agriculture est-il restreint.
Mais le carbonate de potasse des cendres ayant été pendant de longues années la principale source de la potasse, nous ne pouvons pas omettre d'en parler, en même temps que des autres sels potassiques.
Combustion du bois; — Les bois brûlés dans les foyers domestiques ne servent pas en général à l'extraction de la potasse; leurs cendres sont employées directement pour l'agriculture ou pour les lessives destinées au blanchissage. Ce n'est que dans des conditions spéciales qu'on a pensé à utiliser le bois pour la production de la potasse. Lorsque, par exemple, le bois
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a une valeur trop faible pour être transporté, comme dans les régions montagneuses, on le brûle et on extrait Talcali sous une forme réduite, dont l'exportation devient possible. On connaît dans le commerce les potasses d'Amérique, de Russie, des Vosges, de la Bohême, des Carpathes, etc.
La combustion du bois se fait de diverses manières. Pour donner aux cendres obtenues une forme plus réduite, on les introduit dans un tronc de sapin creusé, qu'on allume et qui sert en même temps de combustible et de réceptacle ; les cendres ainsi chauffées diminuent notablement de volume et se transforment en une masse fritée.
La combustion du bois se fait tantôt en facilitant Taccès de Pair, pour obtenir des cendres moins charbonneuses et d'un faible volume; tantôt on limite Taccès de Tair en faisant brûler dans des fosses ou dans des endroits abrités; dans ce cas, les cendres renferment plus de charbon et sont plus volumineuses que dans le premier cas, mais on évite la déperdition par entraînement. On mouille les cendres avec de Teau ou avec une lessive de cendres , et on les calcine à nouveau pour diminuer leur volume; mais ces procédés grossiers sont aujourd'hui en grande partie abandonnés.
Les méthodes employées actuellement consistent à produire l'incinération avec un accès d'air modéré, de manière à éviter les déperditions par entraînement et à laisser aux cendres leur forme pulvérulente pour pouvoir les tamiser.
Lessivage et concentration. — Le lessivage s'opère d'une façon méthodique dans des cuves à double fond , ou par siphonnage. Le carbonate de potasse est extrêmement soluble, mais le sulfate de potasse et le chlorure de potassium qui l'accompagnent le sont moins ;
pour extraire ces derniers, il faut prolonger le lavage.
Les lessives concentrées, marquant au maximum 12® à i5" B^ sont évaporées dans des chaudières, oti elles finissent par devenir sirupeuses.
Le sulfate et le chlorure se déposent les premiers à Tétat de cristaux; le carbonate ne cristallise qu'à la fin.
Ordinairement on concentre jusqu'à ce que la masse devienne pâteuse; on mélange au moyen d'un ringard, en modérant le feu, et on obtient ainsi un produit mixte, qui contient environ 10 p. 100 d'eau et de matières organiques et qu on soumet à une calcination au contact de l'air, pour lui donner une forme granulée; d'où le nom de potasse perlasse.
Composition des produits. — Voici la composition de quelques-uns de ces produits :
Amérique.
(jaalltés
Qualitèi
\o»gt».
Riisflie.
ordinnircs.
inférieares.
Carbonate de potasse..
— de soude —
Sulfate de potasse
Chlorure de potassium.
Terre.
Matières insolubles....
Ces produits sont sujets à de grandes différences de composition; ordinairement on les vend au degré alcaiimétrique qui détermine leur usage industriel. Si on voulait les employer en agriculture, il conviendrait d'y doser la potasse totale.
Potasse extraite des mélasses et vinasses de betteraves. — La betterave à sucre contient 10 à 12 pour 100 de son poids sec de matières minérales, dont la potasse forme souvent près de la moitié.
i" Mélasses, — Pendant les diverses opérations du travail des sucreries, les alcalis se concentrent dans les eaux mères d'où le sucre s*est déposé et qui portent le nom de mélasses. Pour utiliser les matières sucrées que renferment encore ces produits, on les soumet à la fermentation.
Lorsque celle-ci est terminée, on sépare l'alcool par la distillation; le liquide aqueux qui reste, connu sous le nom de vinasse, est utilisé pour l'extraction de la potasse. Sa densité est d'environ 4* B*, On neutralise l'acide par le carbonate de chaux, on évapore à sec et on carbonise le résidu qui porte alors le nom de salins.
Les chaudières d'évaporation sont chauô'ées à feu nu ou à la vapeur ; en agitant la masse au moyen de palettes, comme dans le four Porion , on active beaucoup l'évaporation.
La potasse se trouve principalement à l'état de nitrate; pendant la calcination, celui-ci se transforme en carbonate.
Cette fabrication offre, au point de vue agricole, le très grave inconvénient de faire perdre la totalité de l'azote renfermé dans le jus des betteraves.
Les salins plus ou moins calcinés se présentent sous la forme d'une matière poreuse, de composition très variable et contenant en moyenne 35 pour 100 de carbonate de potasse; à l'état brut, ils peuvent être directement employés comme engrais.
Raffinage, — Souvent aussi on en extrait le carbonate de potasse pour les usages industriels et on obtient, comme sous-produits utilisés par l'agriculture, du chlorure de potassium et du sulfate de potasse.
Le résidu insoluble est formé principalement de carbonate de chaux.
La dissolution évaporée jusqu'à 3o" B^, laisse déposer
la majeure partie du sulfate de potasse qui, après égouttage et dessication, renferme 80 pour 100 de sulfate réel. En continuant Tévaporation jusqu'à 42* Bé, on sépare encore de petites quantités de sulfate, et ensuite, par le refroidissement, on obtient du chlorure de potassium d'une richesse moyenne de 80 pour 100.
Des eaux mères on retire un produit destiné à l'industrie et qui contient près de 92 pour 100 de carbonate de potasse, avec 5 pour 100 environ de carbonate de soude et de petites quantités de chlorure et de sulfate.
2* Eaux d'osmose. — Les mélasses, résidus de la fabrication du sucre de betteraves, ne sont pas toujours mises en fermentation ; souvent on en retire le sucre par le procédé de Tosmose, qui consiste à séparer par la dialyse le sucre des matières minérales. Dans cette opération on obtient, d'un côté, des mélasses dont les sels ont été en majeure partie enlevés et qui fournissent du sucre cristallisé, de l'autre des liquides d'exosmose qui contiennent les parties salines avec de petites quantités seulement de matières sucrées.
Les eaux d'osmose ou d'exosmose, termes qu'on applique indifféremment aux liquides chargés de sels, sont quelquefois employées à l'irrigation où à l'arrosage des fumiers. Leur richesse est variable, suivant les quantités d'eau employées pour opérer la dialyse. Le plus souvent elles servent à l'extraction des sels potassiques. Quelquefois on les traite de la môme manière que les vinasses et on obtient des salins peu différents des salins de mélasses. Mais c'est là un procédé de fabrication peurecommandable au point de vue des intérêts agricoles. Les eaux d'osmose contiennent, en effet, beaucoup de nitrates dont l'azote est perdu par la calcination. Il est préférable de les soumettre à une simple évaporation ; elles donnent comme résidu un mélange de sels, connu sous le nom
de sels d'osmose. Ce mélange, formé en majeure partie de nitrate de potasse , est accompagné de plus ou moins grandes quantités de chlorures de potassium et de sodium et de sulfate de potasse. On peut, par des cristallisations successives, en extraire le nitrate de potasse à un état de grande pureté.
Potasse extraite des résidus de la fabrication du vin. — Le vin contient de notables proportions de potasse à l'état de bitartrate.
Vinasse. — A Tépoque peu éloignée oCi l'on distillait beaucoup de vin pour la fabrication des éaux-de-vîe, on obtenait en abondance des vinasses, contenant environ r p. loo de bitartrate de potasse, qui, par l'évaporation et la calcination subséquentes, donnaient un salin très riche en carbonate de potasse, et qu'on appelait potasse granulée. Mais on a trouvé plus avantageux d'employer le bitartrate de potasse à la fabrication simultanée de l'acide tartrique et du chlorure de potassium. Dans ce but, on extrait le tartre, on le traite par le carbonate de chaux et par le chlorure de calcium ; l'acide tartrique se précipite en combinaison avec la chaux et peut être isolé.
Quant à la potasse, elle reste dans les eaux mères à l'état de chlorure qui s'obtient par l'évaporation.
A l'heure actuelle, cette source de potasse est moins importante, car on ne distille plus autant de vins qu'autrefois.
Lies, marcs, etc, — Les cendres de levures de vin, les lies, les marcs, les sarments de vignes sont riches en potasse; leurs cendres en contiennent de notables quantités et peuvent servir directement comme engrais potassique, ou être traitées industriellement pour la fabrication du carbonate de potasse.