LIBRAIRIE AGRICOLE DE LA MAISON RUSTIQUE
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La science de nos jours poursuit un double but : elle s’efforce de reculer les bornes de nos connaissances dans toutes les directions, et en même temps elle considère comme un devoir non moins impérieux de travailler à l’amélioration de tout ce <j u i contribue au bien-être des populations.
Parmi les résultats qu’elle a obtenus sous ce rapport, on doit placer en première ligne, la découverte des lois qui règlent l’essor de la vie au sein des sociétés et déterminent leur condition d’existence. C’est ainsi quelle a mis en lumière l’étroite solidarité qui existe entre l’état de la population d’un pays et son régime agricole, ce qui s’explique tout naturellement, puisque les végétaux viennent du sol, que les animaux en naissent et que les hommes ^e nourrissent des uns et des autres.
PRÉFACE
Autrefois, toute l’économie de l’agriculture se réduisait à une seule règle, érigée eu axiome et entrée comme telle dans la pratique : faire de la terre deux parts à peu près égales, affecter l’une à la prairie et aux cultures fourragères et réserver l’autre pour les céréales. De là cette formule devenue en quelque sorte sacramentelle, prairie, bétail, fumier, pour avoir des céréales.
Or, la science, en ouvrant devant nous des voies nouvelles, nous a prouvé jusqu’à la dernière évidence que cette donnée, d’après laquelle la pratique agricole a opéré jusqu’ici, était radicalement vicieuse, attendu qu’en la suivant on appauvrit le sol, et que si l’on persistait à s’y conformer, la production cesserait bientôt de répondre aux exigences qui naissent de l’accroissement de la population.
Je dis, en effet, que l’agriculture qui n’emploie que du fumier et rien que du fumier épuise fatalement la terre. Car d’où vient le fumier? Du fonds. L’usage du fumier atténue les pertes que le sol a subies ; mais, en fin de compte, il ne les répare pas. Lorsqu’on exporte de la viande, la perte est moindre que lorsqu’on exporte des grains, mais il y a toujours perte. Je le répète donc, cet axiome dont on a fait jusqu'ici la base et comme la loi suprême de l’agriculture, n’est en réalité qu’un expédient.
Remarquez, de plus, qu’avec le fumier seul il est impossible d’atteindre les rendements maximum qui sont pourtant les seuls rémunérateurs. Il n’y a donc
PRÉFACE
pas à se le dissimuler, les traditions du passé ne suffisent plus aux nécessités du présent. 11 nous faut des procédés plus expéditifs, plus économiques et plus puissants. Or ces procédés sont trouvés ; une règle, une seule les résume : rendre au sol, par une importation permanente d’engrais, une quantité d’agents de fertilité supérieure à celle que les récoltes lui ont fait perdre. — Mais ici se présente tout naturellement cette question : où prendre ces agents devenus nécessaires, de quelle source les tirer, et comment les employer? Ces entretiens ont pour destination de vous l’apprendre. Et grâce à ces nouveaux agents, au lieu de rester condamné à faire de la viande pour avoir du blé, nous ferons du blé pour avoir un bénéfice d’abord, puis de la paille, de la viande et enfin du fumier.
Lorsqu’on veut n’employer que du fumier, la mise en valeur des mauvaises terres demande beaucoup de temps et un avance de capital véritablement énorme. Avec les nouveaux engrais, le résultat est soudain. On peut obtenir sans délai une récolte de grand rendement sur les terres les plus déshéritées et réaliser un bénéfice dès cette première opération.
Vous voyez donc que c’est le renversement de l’ordre suivi et préconisé jusqu’à présent. Mais, me dirat-on peut-être, est-il bien certain que les agents nouveaux que la science nous a découverts possèdent l’efficacité souveraine qu’on leur attribue? Sans anticiper sur les preuves qu’on trouvera plus loin, je rappor-
PRÉFACE
terni un exemple, (un seul qui suffira certainement, à vos yeux, tant il est significatif.
Sur une lande en friche choisie en pleine Champagne pouilleuse, le président du Comice agricole d’Orney, l’honorable M. Ponsard, a fait deux expériences, l’une avec 80,000 kilogr. de fumier de ferme par heclare, et l’autre avec 1,200 kilogr. d’engrais chimique. Avec le fumier de ferme, on a obtenu 15 hectolitres de froment, et, avec l’engrais chimique, 55. La terre valait 170 francs l’hectare ; la culture au fumier a eu pour résultat une perte de 480 francs, et celle à l’engrais chimique un bénéfice de 450 francs. On m’objectera, que le fumier n’a pas épuisé son action en une seule année, alors que l’engrais chimique a dû épuiser la sienne. Je pourrais répondre que cette supposition est démentie par les faits. Admettons -la cependant, le résultat en sera-t-il moins significatif? Le pire qui pût arriver, ce serait d’être forcé de recourir à une nouvelle fumure pour avoir une nouvelle récolte. Or le premier résultat nous en donne les moyens.
Vous le voyez donc, avec les nouveaux procédés, l’agriculture acquiert une liberté d’action qui lui était inconnue. 11 ne peut plus être question de lenteur, d’attermoiement; plus de ces énormes dépenses qu’entraîne la culture fondée sur l’élève du bétail ; plus de constructions dispendieuses; plus de capitaux engagés à longs termes ; comme l’a dit avec juste raison M. Lecouteux, l’agriculture engage et dégage son capital, pour ainsi dire, année par année.
PREFACE. vu
Mais ici se présente tout naturellement une question de la solution de laquelle dépend le triomphe ou la chute du nouveau système. Ces agents, appelés dans notre pensée à devenir le principal levier de l'agriculture, d’où viennent-ils? Des entrailles de la terre, où ils existent à l'état de dépôts inépuisables, où ils gisent depuis des milliers d’années, et où une Providence tutélaire semble les avoir tenus en réserve pour réparer l’imprévoyance du passé et nous préserver de ses inexorables conséquences.
Mais si ces produits, dont l’efficacité ne peut plus être mise en doute, sont à notre portée en quantités inépuisables, qui ne voit que leur emploi, de plus en plus généralisé, doit, en élevant la fertilité du sol, améliorer nos conditions d’existence et imprimer un essor tout-puissant à l’accroissement de la population !
Le but vers lequel nous devons tendre s’impose donc en quelque sorte à nous. L’initiative privée, d’accord sur ce point avec l’intérêt bien compris de l’État, doit s’efforcer de changer l’économie de notre régime agricole.
A cette condition, et à cette condition seulement, on peut voir la prospérité renaître dans nos campagnes, et s’étendre bientôt à toutes les classes de notre population indistinctement.
La nature a tout fait pour nous. Assis entre deux mers qui nous mettent en rapport presque immédiat avec les deux extrémités de l’Europe, nous jouissons d’un climat plus favorisé que celui d’aucun autre pays,
PRÉFACE
et cependant quelle est notre situation agricole? 11 laut bien avoir le courage de l'avouer, elle nous place presque à la queue des autres nations européennes.
Le rendement moyen du froment n’est en France que de 1 4 hectolitres par hectare. Or, dans ces conditions, le prix de revient du blé est de 47 à 18 francs l’hectolitre, prix qu’il est aisé de faire descendre à 10 ou 12 francs.
Remarquons même que si le rendement moyen s’élève à 14 hectolitres, c’est grâce à huit ou dix de nos départements du Nord, où le rendement dépasse 30 hectolitres, et que, si on en faisait abstraction, la moyenne tomberait à 8 hectolitres tout au plus. Or, demandezvous quelle peut être la situation d'un pays dont l’agriculture est en réalité si précaire. Quelle est au vrai notre situation? Le ralentissement qui se manifeste dans l’accroissement de notre population est là pour nous l’apprendre.
La population de la France (*), y compris les provinces annexées de Nice et de la Savoie, est de 58,067,000 habitants. Elle en a gagné 680,335 dans la dernière période quinquennale. D’après ces données, la période dédoublement serait en France de 151 ans; elle est de 69 ans en Prusse, de 47 ans pour l'Angleterre, de 50 ans pour la Russie, et de 25 ans pour l’Amérique. En 1820, nous étions une des premières puissances de l’Europe par le nombre de notre popu-
(4) Moniteur du 19 janvier 1807.
PRÉFACE. ix
lation ; dans vingt ou trente ans, nous serons une des dernières.
Une chose m’a toujours surpris, c’est que les historiens et les hommes d’Etat s’enquièrent si peu des conditions qui règlent l’essor de la vie au sein des sociétés, et qui font pourtant qu elle est ici exubérante, pleine de sève, et là languissante et énervée.
Tout est solidaire dans un État, le commerce, l’agriculture et l’accroissement de la population.
De ces trois formes que revêt l’activité sociale, l’agriculture est de beaucoup la plus importante, par le capital quelle représente, par le revenu qu’elle crée et par l’influence prépondérante qu’elle exerce sur le bien-être du pays. Or, si on met en parallèle les progrès faits par l’industrie manufacturière et l’agriculture, on est confondu en constatant à quel point la dernière est restée en retard.
Si nous voulions citer des exemples, il nous seraij facile de montrer qu’à beaucoup d’égards l’industrie a décuplé au moins ses forces productives depuis le commencement de ce siècle, alors que l’agriculture a à peine doublé les siennes.
Pourquoi un progrès si rapide d’un côté et tant de lenteur de l’autre? La réponse est facile. Lorsque l’homme substitue à son travail manuel celui des machines, la progression qui s’ouvre devant lui n’a pas de limite; lorsqu’il exploite le sol, il n’en est plus de même; l’accroissement des produits dépend moins de lui et de la perfection des outils qu’il emploie, que de la quantité
PREFACE
d'agents de fertilité dont il dispose. Or, quand on veut tout tirer du fonds qu’on exploite, et le fumier et les denrées d’exportation, on a bien vile atteint la limite qu’il est impossible de dépasser. On ne peut meme se maintenir qu’à la condition d’ajouter aux éléments de fertilité que le sol possède ou produit, un surcroît, permanent d’agents de même nature tirés du dehors. Tant qu’on a ignoré la nature de ces agents précieux et qu’on n’a pu les employer, il n’y avait aucun moyen de sortir des rendements précaires. Mais, je le répète, prolonger cette situation serait aujourd’hui sans excuse, parce que nous connaissons les moyens de la faire cesser.
Ici, j’entends une nouvelle objection, on me dira: sous le rapport économique, législatif et financier, la situation faite à l’agriculture oppose un obstacle insurmontable à l’application des nouvelles méthodes. Hélas ! nous devons l’avouer, si d’un côté tout est à peu près fait, de l’autre, au contraire, tout ou à peu près tout reste à faire. Mais le mal est-il sans remède? Bien loin de là, et il dépend des agriculteurs de le faire cesser quand ils le voudront. L’enquête, qui a tant laissé à désirer sous beaucoup de rapports, aura eu du moins cet excellent résullat de mettre en lumière les changements qui sont impérieusement réclamés dans notre législation, comme aussi de nous indiquer les institutions dont la fondation ne peut plus être ajournée.
En première ligne, tout le monde, comices et sim-
l’UÉI'ACE.
pies particuliers, est unanime pour demander qu’on étende à l’agriculture les bienfaits du crédit, qu’on la fasse entrer dans le droit commun, et pour cela qu’on abroge ou tout ou moins qu’on amende dans un esprit libéral l’article 2102 du Code Napoléon.
Aux termes de cet article, tout ce qui garnit la ferme ainsi que les produits des récoltes sont sous la main du propriétaire à titre de privilège spécial pour les fermages échus ou à échoir, le fermier n’en peut disposer sous aucune forme.
Il suit de celte disposition qu’un fermier possédant un cheptel de cent mille francs ne trouve pas de crédit, n’ayant aucun gage à offrir, et ne peut par conséquent se livrer à aucune amélioration.
Le dernier paragraphe de l’article 2102 a admis une exception, il dit : « Les sommes dues pour les frais des récoltes de l’année sont payées sur le prix de la récolte, celles dues pour les ustensiles, sur le prix de ces ustensiles, par préférence aux propriétaires dans l’un et l’autre cas. »
Cette exception est insuffisante, tout ce qui tend à améliorer le régime du sol, tout ce qui doit élever le rendement, ajoute en réalité à la valeur du fonds et a droit, par conséquent, au même privilège que le propriétaire. — Dans cette catégorie de créances privilégiées, il faut donc comprendre les achats de bétail et surtout les achats d’amendements et d’engrais. Qu’il me soit permis d’insister de préférence sur les dépenses de celte dernière nature, parce que les avan-
PRÉFACÉ.
xn
tages qui s'y rattachent sont plus immédiats et me sont mieux connus. Qui ne sait, d’ailleurs, que ces dispositions législatives existent en Angleterre et en Écosse, et que tout le monde s’en applaudit, le fermier comme le propriétaire ?
Tout agriculteur exploitant une terre qui rend sur le pied de 15 hectolitres par hectare peut, moyennant une dépense d’engrais de 4 00 à 150 francs, en élever le rendement à 50 hectolitres, et déterminer par conséquent un excédant de produit dont la valeur est de 500 francs au moins.
Est-il juste que celui qui aura fait l’avance de l’engrais, n’ait aucun recours, aucun droit sur la récolte qu’il aura doublée et soit primé par le propriétaire?
Quand on pense aux résultats que produirait, pour la fortune publique, l’emploi un peu généralisé d’un surcroît d’engrais, on ne peut s’expliquer qu’aucune mesure législative n’ait encore été prise pour favoriser l’emploi d’engrais d’un titre sûr, dont le remboursement ne serait exigible qu’après la récolte (‘).
Une autre réforme non moins urgente et réclamée non moins vivement est celle des droits de mutation.
La taxe qu’il faut payer pour la transmission par voie d’achat et de vente de la propriété foncière est excessive chez nous. Le droit est en principal de
(!) Voyez ce que j’ai dit sur cette question dans la Conférence faite à la Sorbonne en 1865, sur la crise agricole, page 24.
J'UEFACE.
5 1/2 pour 100, avec un décime en sus, c’esl un peu plus de 0, et avec les deux décimes perçus en ce moment, c’est un peu plus de 6 1/2. Un droit aussi lourd gêne extrêmement les transactions ; avec un droit assez médiocre pour ne faire reculer ni vendeurs ni acheteurs, la propriété territoriale changerait demain avec beaucoup de facilité, et finirait par arriver en la possession des personnes qui ont le plus d’aptitude à la faire valoir. En Angleterre les droits de mutation ne sont que de 1 1/2 pour 100.
A cet égard, nous avons du moins la satisfaction de constater que le Corps législatif est saisi d’un projet de loi destiné à atténuer les inconvénients si grands de celte situation.
S’il est aujourd’hui une vérité élémentaire par rapport à la richesse privée et à la prospérité des États, c’est que toute industrie, pour remplir sa destination et être bien productive, réclame le concours du capital. Le manque de capital a été une des principales causes du retard qu’a éprouvé parmi nous le progrès agricole. Ce n’est pas que depuis 1789 le législateur n’ait cherché, par différentes voies, les moyens de mettre les capitaux à la portée de l’agriculture, mais il faut bien convenir qu’il n’y a guère réussi. En 1856, et plus tard en 1860, on a cherché à combler cette regrettable la.cune. Mais le crédit foncier ne peut fournir à l’agriculture le capital roulant qui est le nerf de la production, et le crédit agricole, paralysé par l’article 2102, h’a guère servi jusqu’ici qu’à escompter
PRÉFACE
le papier des intermédiaires auxquels il prête sur nantissement ( 1 ).
A ces causes déjà si graves d’infériorilé, il faut en ajouter deux outres contre lesquelles l’honorable M. Michel Chevalier a protesté avec autant d'autorité que d’éloquence, comme président de la commission pour l’Exposition universelle de 1862. C’est l’état d'ignorance où on laisse les populations rurales.
« J’ose affirmer, dit l’éminent économiste, que dans nos campagnes, parmi la population mâle, entre trente et cinquante ans, il n’y a pas une personne sur dix qui sache lire et écrire; parmi les femmes il faudrait dire une sur vingt.
« Une population qui vit dans des conditions semblables est en dehors de la vie civilisée, et, à moins de rêves chimériques, on n’est, pas autorisé à faire grand fond sur elle pour un progrès général des arts agricoles, ou pour un accroissement rapide de la richesse publique et des ressources de l’État. »
Ajoutons, comme dernier trait à ce triste tableau, que notre vicinalité ne répond pas à nos besoins ; les chemins de fer sont insuffisants, leurs tarifs trop élevés, les canaux n’ont pas assez de tirant d’eau pour produire l’économie qu’on doit en attendre, sans compter que l’achèvement des grandes artères toujours promis se trouve toujours ajourné.
En rappelant ces faits, je suis plus préoccupé de
(*) Voyez, sur ce sujet, les deux excellente> brochures publiées par M. Rivet.
PREFACE
définir une situation que de me faire l’organe d’une plainte, car l’Empereur a pris à cet égard une initiative qui ne peut manquer de donner avant peu satisfaction aux justes réclamations du pays.
Au-dessus de ces réformes, il y aurait encore grandement lieu de s’enquérir des moyens d’arrêter le morcellement de la propriété qu’amène fatalement la loi des héritages, dont nos mœurs nous imposent cependant la conservation.
11 y a là un problème dont les pouvoirs publics se sont déjà émus, et dont la solution, consacrée par plusieurs législations étrangères, ne saurait être considérée comme impossible.
Mais aborder une telle question serait soulever une controverse qui louche à toute notre organisation sociale, et que, pour ce motif, je crois devoir écarter, voulant me renfermer dans le cadre que le caractère pratique de ce livre m’a d’avance tracé.
Résumons-nous. — Les agents auxquels les végétaux doivent leur formation, et la terre sa fertilité, nous étant connus, l’on peut composer, à leur aide, des engrais supérieurs au fumier de ferme.
Le progrès nous conseille et notre intérêt bien compris nous impose l’obligation de faire de ces agents un emploi régulier et plus étendu. Par là, nous accroîtrons la fertilité du sol, et nous améliorerons les conditions d’existence faites autrefois à nos populations.
Pour que l’emploi de ces agents soit possible d’une manière générale, trois réformes législatives sont in-
PREFACE
dispensables. Il faut amender l’article 2102 du Code Napoléon, pour que l’agriculteur puisse user de ce qu’il possède en faveur du crédit que son industrie réclame. Il faut que les droits de mutation soient abaissés, le crédit agricole réellement fondé et l’instruction primaire plus largement distribuée et mieux appropriée aux vrais besoins des campagnes. En nous dévoilant les sources de la production végétale, la science a fait son œuvre, c’est maintenant à l’État et aux agriculteurs à faire la leur.
La dernière enquête a appris aux agriculteurs à se réunir et à se concerter. Il dépend d'eux de faire triompher leur cause. 11 n’est douteux pour personne que l’Empereur ne soit fort désireux d’améliorer la situation de nos campagnes. Si le crédit agricole n’a pas réussi, nous savons tous que l’Empereur n’a ménagé ni son initiative ni sa cassette. Pour changer la situation si éprouvée de notre agriculture, le moyen est aussi simple qu’infaillible. Il faut que les agriculteurs s’habituent à ne compter que sur eux.
Dans un an, au plus tard, l’époque du renouvellement du Corps législatif sera venue, qu’ils se réservent pour ce moment, et qu’aux élections générales ils imposent à leurs mandataires l’engagement de réformer l’article de 2102 dans un sens libéral et d’abaisser les droits de mutation, de faire créer l’escompte à quinze mois en faveur des engrais, du bétail et des machines. Enfin une large constituliQn de l’enseignement agricole à tous les degrés.
PREFACE
xvn
Si en traçant les l'ègles qu’il convient de suivre, lorsqu’on veut appliquer les données nouvelles que la science vient d’ouvrir devant nous, ces éludes produisent quelque bien pour la prospérité du pays, n’oublions pas à qui nous en sommes redevables. Souvenons-nous que le champ d’expériences de Vincennes est une fondation de l’Empereur, qui en fait seul les frais depuis huit ans, et à qui l’agriculture doit reporter l’honneur de l’impulsion incontestée que le progrès agricole cri a reçu.