ENGRAIS. RÉCOLTES. LE SOL. LE SOL
Azote 600 kil. 590 kil. » 10 ldi.
Acide phosphorique 120 154 14 kil. »
Potasse 141 269 128 »
Chaux 508 281 » 48
Il n’y a point ici à se faire illusion, la terre est décidément en déficit, les engrais proposés sont insuffisants, et leur emploi trop prolongé finirait par porter atteinte à la fertilité du sol. Et pourtant, dans la réalité, ces engrais suffisent et la terre ne s’épuise pas. Ces faits, en apparence contradictoires, sont faciles à concilier.
Pour simplifier la discussion, j’ai admis que la culture précédente était faite à main d’homme, et que tout était vendu, paille et grains; mais, messieurs, vous n’ignorez pas que si la paille de froment est, dans certains cas, d’un écoulement facile, il n’en est plus de même de la paille et des siliques de colza, qui n’ont pas un cours commercial et dont il serait souvent à peu près impossible de tirer aucun parti. Dans cette situation, il est naturel de leur chercher un emploi. Supposons qu’on les brûle, et qu’on répande sur le sol les cendres provenant de leur combustion. La terre récupérera ainsi en potasse et en acide phosphorique plus qu’il ne faut pour compenser notre déficit de tout à l’heure.
Celte restitution a donc pour conséquence immédiate de changer le sens de la balance. La terre était en perte, et maintenant, au contraire, elle reçoit un excédant.
Pour vous montrer combien les résidus de récolte, sans valeur commerciale, peuvent, dans la pratique, en acquérir une importante comme source de fertilité ; permettez-moi de replacer sous vos yeux la composition de deux récoltes de colza, et de refaire notre balance de tout à l’heure, dans la supposition que la paille et les siliques ont été brûlés sur le sol, et qu’on n’exporte que la graine.