CONSERVATION
PRÉPARATION ET ÉPANDAGE
Règle générale, il faut conserver les engrais chimiques dans un lieu sec, dans un grenier, par exemple :
Lorsqu’on prépare soi-même le mélange des produits, cette opération sans être précisément difficile, demande cependant certains soins, qu’il est toujours avantageux de ne pas négliger.
Il faut d’abord que le mélange soit aussi intime que possible ; si cette condition n’est pas remplie, les radicelles des plantes ne trouvent pas au même moment dans leur sphère d’activité les divers agents dont les bons effets tiennent en partie à leur présence simultanée.
Lorsqu’on veut faire soi-même les mélanges, il est nécessaire de se procurer le phosphate acide de chaux, plusieurs mois d’avance. Au moment où il vient d’être préparé, ce produit a une consistance pâteuse, qui rend les mélanges difficiles, mais au bout de deux ou trois mois, il se dessèche et devient pulvérulent.
Voici, au surplus, comment il faut procéder :
On étend d’abord le phosphate de chaux sur le sol et on le recouvre avec le plâtre. Au bout de vingt-quatre heures on mêle les deux produits à la pelle et on les laisse en tas pendant un jour ou deux. Le premier mélange est étendu de nouveau sur le sol, et on y incorpore les autres produiis au moyen d’un pelletage énergique, dont on complète l’effet en écrasant les parties agglomérées à l’aide d’un pilon de bois à large tête que l’on construit soi-même en fixant un manchevertical au milieu d’un morceau de madrier de 20 à 30 centimètres de diamètre sur 10 centimètres d’épaisseur : — Le mélange terminé il faut absolument le passer au crible et le soumettre à un nouveau pelletage.
Qu’on se pénètre bien de cette indication : Pour qu’un engrais produise tout son effet, il faut que chaque filament de racine puisse absorber en même temps tous les produits qui entrent dans sa composition.
Or, ce résultat ne peut être obtenu que si le mélangées! bien homogène.
L’épandage des engrais chimiques demande aussi des précautions exceptionnelles. Le mieux, sans comparaison, est de se servir des excellentes machines que l’on possède maintenant pour répandre les engrais pulvérulents; avec elles, le résultat ne laisse rien à désirer. Si j’ajoute qu’un épandage bien fait peut élever le rendement de 2 ou 3 hectolitres de grain par hectare, on voit combien il est important d’y veiller.
Lorsqu’on ne possède pas de machine, et que l’épandage doit être fait à la main, le mieux est de mêler l’engrais avec son volume de terre fine et sèche, et de le semer à la volée comme s’il s’agissait d’un semis de grains. Lorsqu’on opère dans ces conditions, il faut diviser, au préalable, l’engrais en un certain nombre de petits tas, qu’on répartit d’avance sur les lots de terre auxquels ils sont destinés.
S’il s’agit d’une culture de graminées, de pois ou de fèves,