‹ Les engrais chimiques (volume 2)Chapitre 56 sur 100 · COMPOSITION DANS 1,C00 PARTIES DE FUMIER SEC · texte numérisé non relu

COMPOSITION DANS 1,C00 PARTIES DE FUMIER SEC

ÉLÉMENTS FONDAMENTAUX DE LA PRODUCTION VÉGÉTALE

ACIDE

PHOSPHO-

EAU

AZOTE

RIQUE

POTASSE

CIIAUX.

Fumier de Vincennes. . .

— de Bechelbronn. .

— de Bouxwiller. .

Dans 1,000 de résidu de purin. ....

Soude-potasse.

DES CHAMPS D’EXPÉRIENCES

Je l’ai dit à plusieurs reprises, et je n’hésite pas à le répéter, c’est par les champs d’expériences que j’aime à vernies agriculteurs préluder à l’emploi des engrais chimiques. D’abord une tentative sur une échelle aussi réduite, lût-elle malheureuse, ne peut jamais prendre les proportions d’un mécompte financier, et je confesse que c’est là, pour moi, une considération d’une très-grande importance ; mais ce qui est plus décisif, c’est que rien n’impressionne un homme pratique comme les contrastes que ces champs lui révèlent; en face de ces contrastes, il sent instinctivement qu’il y a là une puissance jusqu’ici méconnue ou mal appliquée.

La raison des différences que les rendements accusent, ne lui apparaît pas d’abord bien distinctement, son esprit hésite, mais il vient un moment où la lumière se fait, et alors c’est presque avec la conviction et la ferveur d’un sentiment religieux qu’il parle des effets qu’il a observés, et des grandes lois dont ils sont à la fois le symbole et la démonstration. On en peut juger par celte lettre :

« La récolte de betteraves sera plus que médiocre autour

m LES ENGRAIS CHIMIQUES.

de moi, seul je suis heureux, et je le suis surtout par l’application de vos méthodes, je vous bénis, et je recueille avec bonheur les fruits de ma foi inébranlable en vos idées.

« Je dis ma foi inébranlable, je le dis avec intention, car à partir de l’époque où l’on a pu s’apercevoir que j’appliquais vos méthodes, on m’a fait une guerre tantôt ouverte, tantôt sourde, et toujours implacable.

« On a cherché à prémunir mes propriétaires contre moi en leur disant que mes succès étaient éphémères, que je me préparais d’amers regrets en dépensant follement des sommes énormes, et que j’en viendrais à l’épuisement de leur terre.

« On a fait plus, mes champs .d’expériences sont admirables, ils portent avec eux la preuve la plus frappante de la certitude de vos méthodes. Cela ne faisait pas le compte de mes ennemis; on a brisé certains poteaux indicateurs* pour dérouter l'attention it l’examen des visiteurs, on a bouleversé les autres, on est allé jusqu’à les changer, et à mettre, par exemple, le poteau indicateur: Engrais minéral à la place du poteau : Engrais complet , et puis on a répété partout que vos engrais n’avaient aucune valeur sérieuse et que ces expériences exprimaient tout le contraire de vos promesses. Heureusement le pays s’est aperçu de la fraude; la vérité se fera jour, et j’espère même qu’on connaîtra l’auteur de cet inexplicable méfait. »

Ajoutons que l’auteur de cette lettre, qui a débuté par un champ d’expériences, en possède aujourd’hui de 8 à 10, et qu’il a mis 120 hectares au régime des engrais chimiques.

On voit par cet exemple, auquel j’aurais pu en ajouter beaucoup d’autres, si j’ai raison d’insister pour qu’on commence par de petits champs d’expériences. M. Lavaux, à la ferme de Choisy le-Temple, où les engrais chimiques sont employés sur près de 300 hectares, a commencé par un modeste petit champ d’expériences.

DES CHAMPS D’EXPÉRTENCES.

Après ce que je viens de vous dire, on ne sera pas surpris si je parle en détail et avec une sorte de prédilection, des règles auxquelles il faut s’astreindre, pour retirer d’un champ d’expériences tout ce qu’il est permis d’en attendre.

Un agriculteur judicieux, et animé du désir de bien faire, doit se livrer à deux ordres d’essais pour connaître les véritables besoins de son sol : multiplier, d’ici, delà, sur toute l’étendue de son domaine, les semis juxtaposés de pois et de froment sur des carrés de 1 à 2 mètres.

Si les deux plantes réussissent également bien, l’indication est certaine, le sol est pourvu à la fois de minéraux et de matière azotée. Si les pois réussissent et que le froment ne donne qu’un rendement moyen, on peut tenir pour certain que la terre, pourvue de minéraux, manque de matière azotée. Enfin si le rendement du froment, sans être excellent, est meilleur que celui des pois, c’est l’indice que la terre contient de la matière azotée, mais manque de minéraux.

Voilà à coup sûr un moyen bien facile pour acquérir des indications positives sur les différences de composition que peuvent présenter les diverses parties d’un domaine. Mais ces indications, quoique fort utiles, ne suffisent pas; il faut pousser plus loin et rechercher quels sont les minéraux qui font défaut dans les couches superficielles et dans les couches profondes du sol. On y parvient sans difficulté au moyen des champs d’expériences.

Dans une exploitation de quelque imporlance, on fera sagement d’en établir plusieurs. L’un, que j’appellerai le champ principal, devra comprendre toutes les plantes qui composent l’assolement qu’on a adopté.

Le choix de l’emplacement est une condition de grande importance ; il faut, autant que possible, choisir une pièce de terre qui, par son exposition, sa nature et son degré de fertilité représente la qualité moyenne du sol de l’exploitation. Le champ principal doit se composer de 10 parcelles de 1 ai e, chacune séparées par un chemin de 1 mètre de large.

UV2

J’ai dit que ce champ devait comprendre toutes, ou du moins les principales plantes de l’assolement, ce qui exige au moins deux ou trois séries parallèles de culture; parmi lesplantes qu’on doit préférer, si on peut les essayer toutes, je citerai le froment, le colza, ou même encore la betterave et une légumineuse, pois ou haricots. Au moyen du froment et des pois, on sera renseigné sur Fêtât de la couche superficielle,et, par labetterave ou le colza, sur celui des couches profondes. Or, ce sont là deux éléments auxquels il faut avoir égard, lorsqu’on veut faire de la culture à grand rendement, avec intelligence, sûreté et économie.

J’ai dit que chaque plante doit être soumise à 10 modes de fumure différents sur 10 parcelles séparées; voici l’indication exacte de ces fumures :

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