COMPLET. MINÉRAL
j l’aille. ....
* j Grains
kil.
ko.
j Paille
* j Grains
TRÈFLE
ENGRAIS
COMPLET
kil.
ENGRAIS
MINÉRAL
kil.
Si je ne craignais d’abuser des citations, je rapporterais encore le Tableau de la sixième conférence, comprenant les rendements obtenus avec le colza, la betterave, la pomme de terre et les haricots (p. 548 et 549), lesquels figurent également en partie dans la quatrième conférence, page 259.
Je le répète, monsieur, tout cela prouve que vous n’avez pas lu les conférences de Vincennes, ce que vous avouez d’ailleurs avec un sans-façon qui exclut de votre part la conscience de la gravité du fait. Je me rappelle très-bien que lorsque vous êtes venu me voir , frappé de l’insuffisance et du décousu de vos connaissances sur ces matières, je vous avais donné le conseil de lire d’abord le résumé de mes conférences par M. Joulie, à titre de préparation, avant de passer à l’étude des questions par le détail. Vous avez trouvé plus commode de vous en tenir au résumé ; à la rigueur ce procédé pourrait se comprendre s’il se fût agi d’une étude pour vous seul; mais du moment que vous vouliez y associer le public et vous élever au rang d’arbitre et de juge, vous aviez d’autres devoirs à remplir. — Ah! laissez-moi croire, monsieur, qu’en matière com^ merciale, vous y mettez plus de scrupules !
LES ENGKA1S CHIMIQUES.
Passant à l’analyse du sol, vous me faites encore sur ce point une querelle qui tient à la même cause, à ce que vous n’avez pas lu mes conférences. Aussi laisserai-je de côté tout ce qu’il y a de personnel dans vos observations, pour aller droit à la critique que vous faites de la méthode et de sa nouveauté. Vous attribuez à M. Bobierre l’invention de la méthode. — Il faut que ces matières vous soient bien étrangères ou que le parti pris de nier tout ce qui émane de moi change, a votre insu, le caractère et la signification des faits les mieux avérés. À propos de cette méthode, vous dites expressément :
« C’est encore là du vieux neuf ; l’idée première appartient en propre à M. Bobierre, et pour en avoir la preuve, il suffit d’ouvrir à la page 31 le volume publié en 1856 parM. Bobierre, sous le titre de : Noir animal. Depuis cette époque, M. Llie de Beaumont a reproduit dans la brochure intitulée : Utilité agricole des phosphates , page 45, le moyen analytique indiqué précédemment par M. Bobierre. Déjà, en 1854, M. Bobierre avait abordé la même question au point de vue analytique dans les considérations théoriques et pratiques (p. 15). »
Voici l’acte d’accusation. Voici ma réponse :
Les sols, même les plus fertiles, ne contiennent que des quantités très-faibles de phosphate de chaux, dont le dosage, à cause de l’argile, est une opération délicate qui exige une main exercée. Lorsque les terres sont de qualité inférieure, la dose phosphorique descend si bas qu’il devient presque impossible de l’extraire, tant est considérable la masse de terre sur laquelle il faut opérer. Pour tourner cette difficulté, M. Bobierre a eu l’idée de semer quelques graines dans les sols de cette nature, et de rechercher ensuite dans la cendre des plantes, par les procédés ordinaires de la chimie , s’il y avait plus d’acide phosphorique que dans la cendre des graines. La plante fonctionne donc ici comme un moyen de condensation, mais en réalité, elle n’indique rien par elle-même. Pour avoir une indication, il faut la brûler et l’analyser. 11 faut disposer d’un laboratoire et savoir la chimie. Puis le travail achevé, en quoi le résultat obtenu éclaire-t-il la partie intéressée sur la limite de rendement qu’on peut atteindre et sur la nature des engrais auxquels il convient de recourir ?
Le procédé de M. Ville conduit à des résultats bien différents. À
son aide, on détermine à la lois ce qui concerne la limite du rendement et la nature de l’engrais que Ton doit employer. On fait plus, on détermine le degré d’utilité de tous les termes dont l’engrais se compose. Du moment, en effet, que la végétation n’est possible ou ne prospère qu’à la condition de trouver réunis dans le sol du phosphate de chaux, de la potasse, de la matière azotée et de la chaux, et que l’absence de l’un de ces quatre termes suffit pour atténuer l’action des trois autres, au point de les frapper presque d’inertie. Cette circonstance nous fournit le moyen le plus simple et le plus sûr de reconnaître ceux de ces quatre agents que le sol contient et ceux qui lui manquent.
Supposez, par exemple, qu’on expérimente sur la même terre les cinq engrais suivants :
1° Engrais complet,
2° Engrais sans chaux,
3° Engrais sans potasse,
4° Engrais sans phosphate,
5° Engrais sans matière azotée.
Si l’engrais d’où la chaux, la potasse, le phosphate de chaux et la matière azotée ont été volontairement exclus, produit autant d’effet que l’engrais complet, n’est-il pas manifeste que le sol contient naturellement l'élément qui fait défaut à l’engrais? Si, au contraire, les rendements se montrent inférieurs, n’est-il pas évident que l’élément qui manque à l’engrais manque également dans le sol? Ici, qu’on veuille bien le remarquer, le témoignage est décisif; l’indication obtenue ne repose pas sur une analyse de la terre dans le sens absolu de ce mot, mais sur des résultats qui se rattachent aux besoins de la culture et varient suivant la nature des plantes que l’on veut produire.
L’économie de cette méthode est une déduction du principe des forces collectives , dont j’ai défini le caractère en commençant. Si M. Rohart avait lu la quatrième conférence de Vincennes, où cette méthode est exposée avec le plus grand détail; frappé du caractère des résultats qu’on lui doit, il se fût montré plus réservé dans ses appréciations.
Mais passons à la critique du fond de la méthode.
« A première vue, dit M. Rohart, l’idée des champs d’expériences paraît excellente, des plus judicieuses. Dans tous les cas, l’application est nouvelle, mais elle ne résiste pas à un examen sérieüx.
Pour conclure avec certitude et utilité, il faudrait multiplier les champs d’expériences dans une proportion effrayante. Ce n’est pas seulement un champ d’expériences pour chaque pièce de terre, mais deux, mais quatre, mais six, mais dix (pourquoi pas dix mille?), qui seraient nécessaires, c’est-à-dire quelque chose d’absolument impossible, pratiquement parlant. Non, l’agriculture ne fera pas cela, parce que ce n’est pas praticable, et qu’à moins de multiplier indéfiniment ces champs d’expériences, on n’obtiendra que des à-peu-près sans valeur, des indications tout à fait incomplètes.
« M. Ville a beaucoup trop vu les choses à travers son imagination, et il a trop souvent prouvé qu’il concluait et prenait parti avec