‹ Les engrais chimiques (volume 2)Chapitre 85 sur 100 · CONSÉQUENCES · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES

44,000 kil. de fumier à 12 fr. les 1 ,000 kilogr 528 fr. 00

854 — d’azote en excès dans les récoltes, à 1 fr. 70

le kilogr 1,451 80

Prix des 44,000 kil. de fumier, d’après M. Roliart. . 1,079 fr. 80 Soit 44 fr. 95 les \ ,000 kil.

Pour réfuter de pareilles extravagances, il suffit, je crois, de les énoncer. Insistons cependant encore.

L’honorable M. Schattenmann, qui a obtenu l’année dernière la prime d’honneur pour le département du Bas-Rhin, a compris avec la sûreté d’un sens pratique supérieur que, dans ces régions, il y avait un avantage incalculable à remplacer les prairies hautes dont les produits sont médiocres et incertains, par des luzernières bien entretenues. Depuis plusieurs années, il a donc abandonné la production du foin pour celle de la luzerne. Il emploie pour fumer ces luzernières un engrais artificiel ne contenant pas d’azote et composé de phosphate acide de chaux, et d'un résidu alcalin, sorte de charrée artificielle que son usine de Bouxwiller produit en grande quantité. Cette culture, qui n’occupe pas- moins de 27’hectares, dont. 18h. 5 de luzerne et 8h. 5 de prairies destinées à disparaître, a reçu comme fumure azotée en J 866, 59,455 kilogr. de fumier, reste de la fumure active de 1865, et 98 tonneaux de purin, répandus l’un et l’autre sur les 8 hectares de prairi ié seulement, la luzerne n’avant reçu, je l’ai déjà dit, que des engrais artificiels sans azote.

D’après M. Schattenmann, le compte de cette culture s’est balancé en 1866 par un bénéfice net de 7,281 fr. 50 c. Or,sionlui appliquait votre système d’interprétation, le résultat devrait se traduire par une perte de 5,910 fr. 70 c , attendu que la récolte représentée par 29,920 kilogr. de foin et regain et par 187,051 kilogr. de luzerne, contient 7,760 kilogr. d’azote de plus que l’engrais de ferme et le purin employés.

Il est vraiment bien fâcheux que le jury pour la prime d’honneur ne vous ait pas compté parmi ses membres, car vous lui auriez certainement démontré clair comme le jour que la culture la plus

LES EINGKAIS CHIMIQUES.

rémunératrice de ce domaine n’est en réalité qu’une fiction, un trompe-l’œil, un mirage, un danger, etc., etc. (1).

Tout ce que je viens de dire pour le trètle et la luzerne s’applique au turneps, qui tire de l’air les quatre cinquièmes au moins de son azote. Comment prouver qu’il eh est ainsi? comme pour le trèfle ? Instituez sur la même terre deux cultures, l’une avec du phosphate acide de chaux, et l'autre avec un mélange de phosphate acide de chaux et de sel ammoniac. Les rendements obtenus dans les quatre cas sont sensiblement égaux, car c’est à peine si la différence atteint un huitième de la récolte totale. Mais, si les matières azotées employées à haute dose produisent un effet à peu près nul sur une terre faiblement pourvue de matière azotée, peut-on

(l) Voici le compte de cette culture, que je dois à l’obligeance de M. Schattenmann :

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