‹ Les engrais chimiquesChapitre 103 sur 154 · NOMBRE · texte numérisé non relu

NOMBRE

1>’HECTAR£3.

34 Blé. 21 hect. 50 par hectare, à 20 fr. 35 Thectol. 14,870 fr. 4,000 kil. de paille par hectare, à 4 fr. les

100 kil 5,440

3 Seigle. 20 hect. par hectare, à 12 fr. l'hectol. . . . 720

3,500 kil. de paille par hectare, à 5 fr. les 100 kil 525

8 Orge. 45 hectol. par hectare, à 12 fr. Fhectol. . . 4,320

3,200 kil. de paille par hectare, à 2 fr. 50

les 100 kil 032

11 Avoine. 55 hectol. par hectare, à 7 fr. 86 l’hectol. 4,755 3,200 kil. de paille par hectare, à 3 fr. les 100 kil 1,050

9 Betteraves. 40,000 hectol. par hectare, à 19 fr.

les 1,000 kil 6,840

9 Colza. 18 hectol. par hectare, à 28 fr. fhectol . . . 3,636

Paille. 45 fr. à fhectare 405

2 Lin vendu sur pied. 1,000 fr. fhect 2,000

18 Prairies artificielles. 5,200 kil. à l’hectare, à 6fr.

les 100 kil 5,616

94 A reporter 50,815 fr.

94 Report 50,815 fr.

4 Hivernages fixes. 6,500 kil. à l’hectare, à 6 fr.

leslOOkil 1,460

2 Pommes de terre. 120 kil. à l’hect., à 6fr. l’hectol. 1,440

Vaches, veaux, lait, beurre, fromage 16,425

Moutons 5,380

Porcs nourris avec grains perdus, volailles 1,200

Fumier de ferme, pour mémoire »

100 Total des recettes 76,820 fr.

Dépenses 74,580

Profit 2,240 fr.

Vous le voyez, dans un des départements les mieux cultivés de France, où la terre se loue à raison de 100 à 150 fr. par hectare, avec le fumier de ferme tout seul, le rendement du froment ne dépasse pas 21 hectolitres, et celui de la betterave 40,000 kilogrammes par hectare, ce qui explique la pauvreté du résultat financier.

Pour changer cette situation et porter le rendement du froment à 30 hectolitres et celui de la betterave à 60,000 kilogrammes, quel parti prendre ? Accroître le bétail ? Etendre la part des cultures fourragères ? Mais pour cela il faut une nouvelle avance d’au moins 400 fr. par hectare, soit 40,000 fr. Or, avec ce surcroît de capital, s’il est possible (et j’en doute) qu’on atteigne les rendements prescrits, j’affirme que le bénéfice net ne sera pas accru. Essayez d’établir ce qu’il en coûte de porter l’élève du bétail au-delà d’une certaine limite, et vous reconnaîtrez que le fumier revient à un prix ruineux.

Changez la solution : ayez recours à une importation d’engrais. L’avance qu’il faut faire à la terre n’est plus de 400 fr., mais de 120 à 150 fr. par hectare, soit 12 à 15,000 fr. pour la totalité du domaine. Les rendements atteignent dès la première année la limite voulue, et cette fois le surcroît de récolte se traduit par un surcroît de bénéfice au moins égal à l’importance de l’avance faite à la terre en engrais supplémentaire. Vous voudriez en vain le nier, la conclusion est forcée : les nouveaux procédés

sont plus sûrs, plus rapides, plus économiques et plus rémunérateurs que les anciens.

Si les 400 à 500 résultats dont je puis invoquer le témoignage n’avaient pas le don de vous convaincre, parce que ce sont pour la plupart des tentatives isolées, pesez l’importance de ces déclarations fondées sur les résultats obtenus depuis plusieurs années dans des exploitations de plus de 100 hectares.

M. Autier, qui dirige avec une rare distinction la ferme de Saint-Denis, près de Lechesne, dans les Ardennes (196 hectares), m’écrivait à la date du 13 février dernier :

« Ma ferme est soumise à l’assolement suivant :

Betterave. — Avec 50,000 kilogrammes de fumier.

Blé.

Trèfle.

Avoine.

Foins annuels.

Colza. — Avec 30,000 kilogrammes de fumier.

Blé.

Avec ces 80,000 kilogrammes de fumier répartis sur une période de sept années, j’ai obtenu jusqu’ici:

17 à 20 hectolitres de blé parhectare|;

30 à 35 hectolitres d’avoine ;

16 à 17 hectolitres de colza.

Avec une dépense supplémentaire de 100 fr. d’engrais chimique par hectare, ma récolte s’est élevée cette année :

hect.

Sur 60 hectares de blé, à 30.72

Sur 23 hectares d’avoine, à 44.88

Sur 11 hectares de colza, à 24.67

Les terres qui avoisinent ma ferme sont riches et d’une

valeur au moins double des miennes, mais on n’y emploie nulle part d’engrais chimiques. Les résultats que j’obtiens à leur aide dépassent les leurs de plus de 30 p. jOO. y>

Vous le voyez, ici tout est net et précis, la surface, le produit et le bénéfice, et la déclaration a d’autant plus de portée qu’elle

a pour auteur M. Autier, dont les comptes attribuaient au fumier une valeur inférieure à son prix de revient.

Sous la pression de résultats analogues, M. Debaind, ingénieur civil, devenu cultivateur à Saint-Remi, dans le département de Seine-et-Oise, n'est pas moins explicite :

Aux fermiers de la Beauce qui cultivent de vastes espaces fumés avec parcimonie, il dit : « Concentrez votre fumier sur la moitié de vos terres ; i> — pour les autres : « Ayez recours aux engrais chimiques, et vous doublerez vos produits. »

Aux fermiers du Nord, dont le bétail est souvent hors de proportion avec leur moyen de production : « Réduisez votre bétail ; associez les engrais chimiques au fumier. Vous n’augmenterez peut-être pas vos récoltes, votre agriculture étant florissante ; mais vous diminuerez votre fonds de roulement et les chances de perte auxquelles vous expose la mortalité de vos animaux. »

M. Belin, l’un des représentants les plus autorisés et les plus considérables du département de Seine-et*Marne, conclut dans le même sens.

Enfin, le doyen de l’agriculture française, par l’âge, le savoir et la notoriété, le vénéré M. Schattenmann, dont une mort récente vient, hélas ! de nous séparer, éclairé par trois années consécu^ tives d’expériences, s’est cru obligé de faire aux agriculteurs de son temps cette grave et solennelle déclaration :

« La France, disait-il, doit avoir hâte de s’approprier dans

LES LIMITES DU POSSIBLE L’üSAGE DES ENGRAIS CHIMIQUES, AFIN d’être EN SITUATION DE POURVOIR A SES PROPRES BESOINS ET DE NE PAS ÊTRE DEVANCÉE PAR LES AUTRES NATIONS ! »

Après un tels concours de témoignages, ne sommes-nous pas autorisé à dire : Trêve de discussion ; la cause est entendue !

Si nous passons des intérêts de la pratique à la doctrine des engrais chimiques considérée sous le rapport scientifique, nous trouvons que la question a marché d’un pas plus rapide encore. Sur les questions pratiques, il y a des doutes; ici, ils ont complètement cessé. Pour le prouver, il me suffira de rappeler une à une les quatre à cinq propositions dans lesquelles la doctrine des engrais chimiques se résout :

lo U engrais chimique complet participe des propriétés fertilisantes du fumier^ dont il contient toute la partie active.

Après les résultats aujourd’hui connus, cette proposition estelle contestable?

Principe des forces collectives : Vaction de chacune des quatre substances dont V engrais complet se compose (phosphate de chaux y potasse^ chaux, matière azotée) exige, pour se manifester, le concours des trois autres.

Qui serait tenté d’élever la voix pour mettre en doute la vérité de cette deuxième proposition?

3o Principe des dominantes : chacun des quatre termes de V engrais complet remplit une fonction subordonnée ou prépondérante à V égard des trois autres^ suivant la nature des plantes.

Une objection est-elle possible sur ce point?

40 Analyse du sol par la culture.

Sont-ils assez nombreux les exemples qui ont démontré la sûreté de la nouvelle méthode?

Si, contre toute attente, de nouveaux doutes devaient se produire, je trouverais sans peine, dans les faits mis dans la circulation par l’initiative privée, de quoi les réduire à néant. Que pourrait-on raisonnablement objecter à ces observations?

Sur une lande inculte, choisie dans l’une des parties les plus pauvres de la Bretagne, et défrichée tout exprès, on a institué deux cultures parallèles de sarrasin et de froment. On a obtenu :

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