Betteraves récullces dans les rej lais de Dunkerque
Cori ^wiiKiec.
A la première conclusion, qu’au moyen des engrais chimiques on élevait la récolte sans nuire à la qualité de la betterave, j’en ajoute une seconde : c’est que le travail industriel des racines obtenues avec l’engrais chimique est plus facile parce qu’il ne contient ni chlorures, ni sulfates alcalins dont bien peu d’autres engrais sont exempts.
Élever la récolte sans nuire à la qualité, c’est beaucoup sans doute, mais ce n’est point assez. J’ai recueilli deux observations qui semblent indiquer qu’on peut augmenter à la fois la richesse saccharine et le rendement.
En 1866 un agriculteur de la Belgique, M. Verlat- Carlier, à Vizé-lès-Liége, me signala une partie de son exploitation où il lui était devenu impossible d’obtenir des betteraves, à quelque dose de fumier qu’il eût recours.
Sur mes indications, on soumit ces terres à deux expériences comparatives. Dans l’une on employa du phosphate acide de chaux, enterré dans les couches profondes du sol, et l’engrais complet n° 2 répandu à la surface; dans l’autre l’engrais complet seulement. Les betteraves de la première expérience accusèrent 13 p. 100 de sucre et celles de la seconde seulement
Un excès de phosphate de chaux m’a donné en 1867, à Vincennes, des betteraves titrant 12 p. 100 de sucre, alors que celles venues avec l’engrais ordinaire répandu à la surface ne titraient que 10 p. 100.
Devons-nous conclure de ces deux tentatives que la question est résolue et qu’il dépend de nous d’élever
la richesse saccharine de la betterave? Les problèmes agricoles sont trop complexes, et leurs résultats influencés par des conditions trop variées pour nous hâter à ce point. Ces deux observations ne sont à nos yeux qu’un premier indice dont il faut suivre le développement par de nouvelles expériences.
Résumons-nous :
L’engrais chimique l’emporte sur le fumier et les autres engrais du commerce.
La matière azotée est la dominante de la betterave, et il faut l’employer à la dose de 80 à 100 kil. par hectare, mais il faut toujours l’associer à des quantités corrélatives de phosphate de chaux, de potasse et de chaux.
De toutes les matières azotées, les nitrates sont les plus efficaces, puis viennent les sels ammoniacaux et enfin les matières animales.
Lorsqu’on veut associer les engrais chimiques au fumier, il faut employer le fumier très-consommé à la dose de 50,000 kil. par hectare, l’enterrer à l’automne dans les couches profondes du sol et l’épandre à la surface 600 kil. d’engrais complet n“ 2, ou mieux encore 800 kil. d’engrais complet intensif n® 2.
Passant du rendement à la qualité de la racine, nos conclusions ne seront pas moins nettes:
Un excès de matière azotée est nuisible.
Les sulfates et surtout les chlorures alcalins le sont plus encore, en gorgeant le jus de sels qui s’opposent à la cristallisation du sucre. Mais avec les en-
grais chimiques on éviie cet inconvénient comme vous pouvez vous en convaincre par ce parallèle :
M. Cavaüier, an Mesnil-Saint-Nicaise (Somme) :
Dépense par hectare : avec rengrais chimique 3r)() fi-.
— avec le fumier GOO
Rendement par hectare; avec l'engrais chimique. . . 52,700 kil.
— avec le fumier 31,800
Sucre obtenu a i.’hectare : avec rengrais chimique. 3,251 — avec le fumier 2,053
Oue pourrais-je ajouter à ce témoignage? Si ce n’est (le persévérer dans les voies nouvelles ouvertes devant nous par la science et dont la pratique confirme de plus en plus les avantages?
Messieuus,
Si on s’eu rapportait à l’opinion des agricullenrs du nord de la France et de toute l’Alleniagne, le choix de la graine aurait une inlluence marquée sur la richesse saccharine de la betterave. Ce qui est incontestable, c’est que toutes les variétés n’ont pas la même valeur pour la fabrication du sucre.
La betterave blanehe de Silésie a passé jusqu’ici pour la meilleure de toutes. Elle donne le jus le plus riche, le plus pur, et par conséquent le plus facile à travailler. Il existe une sous-variété de celte betterave à peau rose, qui est aussi très-estimée en Prusse.
La betterave jaune de Castelnaudary présente aussi de grandes qualités, mais elle ne peut être cultivée que dans des terrains profonds : on assure que
quand elle se trouve dans de bonnes conditions, elle donne au moins autant de sucre que la précédente.
La bellerave à jus rouge n’est pas dans le même cas. Celte variété doit être écartée; elle produit moins de sucre, et de plus elle embarrasse le jus de matières colorantes qui, surtout vers la fin de la saison, deviennent difficiles à éliminer.
Enfin les betteraves de disette, qui acquièrent souvent un volume énorme, et qui donnent un poids de produits double et triple des précédentes, doivent être rejetées. La grande quantité d’eau qu’elles contiennent proportionnellement au sucre en rendrait l’extraction trop dispendieuse.
Une variété étant donnée, on prétend qu’il est possible de l’améliorer en choisissant pour porte-graines les racines les plus riches en sucre. A priori il n’y a rien là de surprenant. Mais on ajoute que la régularité dans la forme de la racine, sa densité, la finesse de l’épiderme, sont les indices certains d’une qualité supérieure. Dans le même ordre d’idées, on considère comme défectueuses pour la fabrication du sucre les betteraves qui sortent de terre. Désireux de fixer la valeur de ces divers caractères par des constatations positives, je me suis livré à un grand nombre d’essais qui ont justifié dans une certaine mesure les observations de la pratique.
Quatre parcelles d’un are chacune ont été affectées à ces essais, et on a divisé chaque récolte en trois lots séparés :
1° Les betteraves dont la forme était régulière et dont le collet ne dépassait pas le niveau du sol ;
Les betteraves bien faites aussi, mais dont le collet s’élevait de 10 à 15 centimètres à la surface du sol;
3° Les betteraves fourchues, c’est-à-dire dont la racine se partageait en plusieurs pivots.
Chaque groupe a été subdivisé à son tour en plusieurs catégories par ordre de grosseur, de façon à pouvoir définir avec certitude la valeur de chacune de ses particularités, comme indice de la richesse saccharine de la racine. Enfin comme la nature de l’engrais affecte, dit-on, dans une certaine mesure, la qualité des betteraves, ces constatations ont été répétées sur quatre récoltes qui avaient reçu des engrais différents.
Forme. — La régularité de là forme a une influence certaine sur la proportion du sucre ; les betteraves bien faites l’emportent de 1 p. 100 environ sur celles dont la forme est irrégulière.
lo TERRE SANS AUCUN ENGRAIS :
Bien faite.
Mal faite.