‹ Les engrais chimiquesChapitre 22 sur 154 · PRODUCTION · texte numérisé non relu

PRODUCTION

Azote 195 kil.

Acide phosphorique. . . . 57

Potasse 229

Chaux 20

501 ci. 501 kil., dont l’exportation appauvrit le sol.

En disant qu’à part le sucre, tout fait retour à la terre, nous exagérons un peu, car lorsqu’on donne la pulpe aux animaux, sa transformation en viande entraîne une perte d’azote, de phosphate de chaux, de potasse et de chaux, à laquelle il faut ajouter encore la potasse que retiennent les mélasses et que leur exportation fait perdre au domaine. Comment rétablir

l’équilibre? Par une importation permanente d’engrais chimique.

La fabrication du sucre de betterave occupe une place trop importante dans l’économie du pays, pour ne pas dire quelques mots des vicissitudes qu’elle a traversées avant d’atteindre le degré de prospérité auquel elle est maintenant parvenue.

En 1836, lorsque la fabrication du sucre de betterave était libre, il y avait en France 436 fabriques de sucre jouissant toutes d’une grande prospérité; leur production s’élevait en moyenne à 40 millions de kilogrammes de sucre par an. En 1837, le sucre est imposé de 15 fr. par 100 kilogrammes; soudain 67 fabriques mortellement atteintes tombent pour ne plus se relever. Partout où la production de la bettel’ave était trop onéreuse, les fabriques disparurent, mais il s’en éleva de nouvelles dans des conditions mieux choisies. La vitalité de la nouvelle industrie était telle, qu’à vingt ans de là, en 1866, le nombre des fabriques avait atteint 441, produisant de 250 à 300 millions de kilogrammes de sucre.

Aujourd’hui l’impôt s’est élevé au chiffre énorme de 50 fr. par 100 kil. de sucre, et pourtant l’industrie du sucre n’ajamais été plus prospère. Pour combattre l’accroissement de l’impôt, on a eu recours à un outillage de plus en plus perfectionné et à des fabriques de plus en plus puissantes.

A l’origine, les fabriques ne produisaient guère que 900 à 1,000 sacs de sucre; aujourd’hui on atteint couramment 4 à 5,000 sacs, et depuis que le transport des jus par une canalisation souterraine tend

LES ENGRAIS CHlMiaijES.

à se subsliluer au transport des betteraves, il est question d’établir des fabriques dont la production s’élèvera à 15 ou 20,000 sacs de sucre.

A raison de 5,000 sacs de sucre, 250 hectares suffisaient pour alimenter une fabrique ; à l’avenir il en faudra 2 ou 3,000.

Le nombre des chevaux-vapeur employés par l’industrie sucrière est en ce moment de 88,000.

La quantité de houille qu’elle consomme, à raison de 5 kilogrammes de houille pour 1 kilogramme de sucre, est de 1,250,000 tonnes.

La quantité de pulpe qui sert à l’élève du bétail est de 900 millions de kilogrammes, ce qui correspond à une production annuelle de viande de 600,000 kilogrammes.

L’industrie sucrière paye, année moyenne, 24 millions de salaires répartis entre 85,000 ouvriers. Chaque usine emploie de 180 à 200 ouvriers.

Enfin cette industrie est tributaire envers l’État de 100 millions d’impôts, et son matériel représente une valeur de plus de 200 raillions.

Ces chiffres. Messieurs, vous expliquent les longs développements dans lesquels je suis entré à l’égard de la betterave. On ne pourrait se montrer indifférent aux intérêts de cette grande industrie, qui a pris naissance en France et qui est appelée à devenir l’un des plus puissants leviers du progrès agricole, le jour où une législation plus clairvoyante saura comprendre qu’en favorisant la production du sucre, on favorise en même temps celle du blé et de la viande ; qu’en abaissant le prix du sucre, on permet aux

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classes nécessiteuses d’introduire le café et le thé dans leur régime alimentaire, ce qui a des avantages inestimables pour la santé publique?

Afin d’épuiser le programme que je me suis tracé, il me reste. Messieurs, à vous présenter l’histoire des autres plantes à sucre. Aujourd’hui je m’occuperai de la canne et du maïs.

La canne a pour le pays autant d’intérêt que la betterave; c’est la culture qui domine aux colonies, à la Guadeloupe, à la Martinique, à la Réunion. Or, la France d’outre-mer n’est-elle pas aussi la France?

Un autre motif nous sollicite à étudier d’une manière approfondie la culture de la canne : cette plante a les mêmes exigences que le maïs, le sorgho et le topinambour, qui sont aussi des plantes à sucre, mais qui appartiennent toutes à nos régions tempérées.

Revenant à la canne, je me pose cette première question : Les engrais chimiques se montrent-ils aussi efficaces que le fumier? Le rendement est-il inférieur ou plus élevé? Neuf fois sur dix il est plus élevé avec les engrais chimiques.

Voici ce que l’honorable M. de Jabrun a obtenu de la Guadeloupe en i866 :

RÉCOLTE A L’HECTARE

Engrais chimique 57,600 kil.

Fumier de ferme 3^2,000

Terre sans aucun engrais 3,000

Même résultat que sur la betterave. Ces rendements sont cependant au-dessous de la moyenne ordinaire, parce que l’année 1866 fut exceptionnellement sèche

et la terre choisie à dessein parmi les plus mauvaises de File.

Telle qu’elle est cependant, cette première expérience est remarquable; entre la récolte venue avec le secours de l’engrais chimique et celle de la terre qui n’avait pas reçu d’engrais, il y a un écart de 54,600 kilogrammes. Les cannes de la première récolte atteignaient deux ou trois mètres de hauteur, tandis que les autres avaient à peine 1 mètre.

Cette expérience ayant un caractère exceptionnel, citons-en quelques autres :

A L’HECTARE

Engrais chimique

Fumier

Terre sans aucun engrais

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