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Tourteaux de colza

M. Teyssier des Farges, à Beaulieu (Seine-et-Marne)

Engrais complet no2. 54,360 kil.

Guano du Pérou 27,180

M. Poncelet, à Douzy (Ardennes):

Engrais complet 53,000 kiL

Guano du Pérou. 42,000

M. Butteux, à Saint-Quentin (Aisne) :

1,200 kil. Engrais complet 43,000 kil.

1,200 Guano du Pérou 25,000

1,200 Phospho-guano. ... 28,000

M. Pluchet, au Coudray (Seine-et-Oise) :

RÉCOLTE A L’HECTARE

1,200 kil. Engrais cbmpletno2 45,000 kil.

800 Guano du Pérou 40,000

M. Dudouy, à Soissons (Aisne) :

1,2Q0 kil. Engrais complet 31,000 kil.

900 Guano du Pérou 20,800

La matière azotée étant la dominante de la betterave, il y a un grand intérêt à connaître sous quelle forme elle produit les meilleurs eflets.

A cet égard, pas d’hésitation : c’est à l’état de nitrate de potasse et de nitrate de soude, et entre les deux la supériorité appartient au nitrate de potasse; après les nitrates viennent les sels ammoniacaux, et en dernier lieu les matières d’origine animale.

Voici quelques faits à l’appui de ces indications dont l’intérêt pratique ne peut vous échapper.

L’année dernière, ici même, à Vincennes, avec des engrais contenant 76 kil. d’azote associés aux mêmes doses de phosphate de chaux, de potasse et de chaux, j’ai obtenu par hectare :

Engrais complet au sulfate d’ammoniaque . . . 55,450 kil.

— nitrate de soude 58,800

— nitrate de potasse 61,750

Vous le voyez, à proportion égale d’azote, les nitrates l’emportent sur les sels ammoniacaux.

M. Cavallier, au Mesnil-Saint-Nicaise, est arrivé à la même conclusion par une voie différente. Au lieu d’expérimenter le nitrate de soude et le sulfate d’ammoniaque à dose égale d’azote, il a institué deux séries parallèles de culture avec des doses croissantes de ces deux sels. Or, pour obtenir 5i,000 kil. de betteraves par hectare, il a fallu 100 kil. d’azote à l’état de sulfate d’ammoniaque, tandis que 76 kil. à l’état de nitrate de soude ont produit autant d’effet.

Voulant soumettre ce résultat à un contrôle sévère, M. Cavallier a répété l’expérience l’année suivante, mais en opérant de la même manière que moi et pour la même quantité d’azote, l’avantage est toujours resté aux nitrates :

RÉCOLTE A l’hectare.

Engrais complet intensif :

L’azote étant à Fétat de nitrate de potasse et de soude 60,000 kiî. 55,000 kil.

Le nitrate de soude étant remplacé en tout ou en partie par le sulfate d’ammoniaque 45,000 40,000

La dominante de la betterave nous étant connue, comment doit-on composer l’engrais?

Suivant les conditions dans lesquelles on est placé et le capital dont on dispose, il faut employer l’engrais complet n» 2, l’engrais complet n® 2 bis, ou l’engrais complet intensif n° 2.

Avec l’engrais complet n® 2, la récolte est en moyenne de 50,000 kil. par hectare.

PRF.MIER ENTRETIEN.

A l’hectare.

Engrais complet n» 2. . .

QUANTITÉS

PRIX

Soit :

Phosphate acide de chaux . .

Nitrate de potasse

Nitrate de soude

Sulfate de chaux

DÉPENSE

299 fr. i

L’azote y figure pour 76 kil.

Le nitrate de soude étant souvent falsifié avec du chlorure de sodium (sel marin), ce qui diminue la teneur de l’engrais en azote, pour rester dans les données théoriques de la formule précédente, il est prudent de porter la dose du nitrate de soude de 300 à 400 kil.

Ce qui donne alors l’engrais complet n® 2 bis.

A l’hectare.

QUANTITÉS. PRIX. DEPENSE

Engrais complet n® 2 bis. 1,3001^

Soit :

Phosphate acide de chau.x . .

Nitrate de potasse

Nitrate de soude

Sulfate de chaux

> 334fr. »

Mais 50 et 60,000 kil. de racines par hectare ne sont pas la limite du rendement de la betterave : on peut aller bien au-delà, il faut alors employer l’engrais complet intensif n® 2, ce qui fait passer la dépense de 334 fr. à 455 fr. par hectare.

A l’hectare.

QUANTITÉS. PRIX. DÉPENSE

Soit :

Phosphate acide de chaux . .

Nitrate de potasse

> 455 fr. »

Nitrate de soude

Sulfate de chaux

Cette fois la dose de l’azote atteint 100 kil. par hectare, mais aussi le rendement s’élève à 70,000 kil. et atteint même 80 et 90,000 kil., pour peu que l’année soit favorable.

Lorsqu’on emploie l’engrais complet n» 2 simple, on peut le répandre en une seule fois après le dernier labour et le mêler avec la couche superficielle du sol par un hersage énergique.

Mais lorsqu’on a recours à l’engrais intensif, je trouve préférable de l’employer en deux fois, 600 kil. avant le premier labour, que l’on enterre dans les couches profondes du sol, et 1,000 kil. répandus à la surface comme pour le précédent (1).

Enfin, sur une terre profonde où la sécheresse n’est pas à craindre, on peut dépasser le rendement de 80,000 kil. et aller jusqu’à 100,000. Il faut em-

(1) Il me reste des doutes sur Tutilité de la division de l’engrais. Je fais appel aux hommes de progrès, pour qu’on se livre à des expériences comparatives en grand nombre propres à fixer ce point important pour la pratique.

ployer alors deux doses d’engrais complet n« 2, l’une enterrée dans les couches sous-jacentes du sol et l’autre répandue à la surface.

Cette fois l’azote atteint 150 kil. à l’hectare.

L’expérience de l’année 1869 qui a été exceptionnellement sèche m’a appris qu’il ne fallait pas abuser des engrais intensifs, et ne les employer que sur la moitié ou le tiers de la surface cultivée.

Dans une année humide, les engrais intensifs produisent des rendements vraiment énormes; mais si la sécheresse vient à sévir, l’avantage reste alors aux engrais modérés, et dans ce cas les engrais intensifs peuvent occasionner des accidents qui méritent de vous être signalés.

Pour qu’une plante prospère, il ne suffit pas que le sol contienne tous les éléments qui lui sont nécessaires : il faut encore qu’ils lui soient offerts dans de certaines proportions; c’est ainsi qu’en exagérant outre mesure la dose de la matière azotée, on détermine à coup sûr la verse des céréales, et qu’on peut même aller jusqu’à provoquer de véritables maladies sur les betteraves et les pommes de terre.

La sécheresse peut, par une action détournée, produire des effets du même ordre. Les divers éléments dont l’engrais se compose n’étant pas doués de la même solubilité, les sels ammoniacaux et la potasse sont absorbés de préférence aux phosphates, et si la sécheresse se prolonge trop longtemps, ce défaut d’équilibre dans l’absorption des divers termes de l’engrais peut entraîner des accidents irrémédiables

dont le caractère se confond avec ceux produits par un excès de potasse et de matière azotée (1).

Lorsqu’on cultive la betterave sur une grande échelle, le parti le plus sage est d’employer pour une part égale l’engrais complet simple et l’engrais complet intensif.

En opérant de cette manière, on multiplie les chances favorables, et la moyenne des récoltes atteint la limite la plus élevée.

Pendant les années sèches, les engrais intensifs ont un autre inconvénient. Au début, le développement de la betterave étant plus rapide, la terre perd une plus grande quantité d’eau par l’exhalaison des feuilles, ce qui aggrave les effets de la sécheresse.

Cette action de dessèchement exei’cée par les plantes a été analysée avec une rare sagacité par M. Chavée-Leroy, sur divers champs d’expériences institués à la ferme de Clermont-les-Fermes (Aisne). La terre des parcelles qui avaient reçu l’engrais intensif s’est toujours montrée plus sèche que celle des parcelles fumées avec l’engrais complet ordinaire (2).

Quel est, sous le rapport financier, le résultat des trois modes de fumure que nous venons de proposer?

Pour répondre à cette question, il faut faire en-

(1) Nous sommes redevables de cette explication aussi ingénieuse que savante à M. Joulie, qui l’a formulée le premier dans un travail des plus intéressants sur la maladie de la vigne.

(2) Chavée-Leroy. — Journal des fabricants de sucrCf le 31 décembre 1868.

trer en ligne de compte la récolte de la deuxième année qui profite d’une partie de fengrais de la première.

On trouve alors :

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