ENGRAIS CHIMIQUE. FUMIER DE FERME
8 fois 91,064 kil. 70,149 kil.
21 fois 63,507 49,900
35 fois 53,673 43,670
eifois. 43,640 34,784
40 fois 35,373 28,920
25 fois 24,433 23,453
Ce qui donne, avec l’engrais chimique, pour quatre cultures deux fois et demie une récolte intensive, une fois une récolte moyenne, et une demi-fois une récolte médiocre; ajoutons que les trois premières récoltes l’emportent de 10,000 kil. par hectare sur celles obtenues avec le fumier.
Mais où la supériorité des engrais chimiques se révéle surtout, c’est dans la faculté que l’on acquiert de régler à volonté la composition des fumures, afin d’offrir à chaque plante, à la dose voulue, l’élément qui affecte de préférence le rendement, toute chose impossible avec le fumier.
Pour vous montrer à quel point on peut, en variant la composition de l’engrais, augmenter la récolte, je prendrai pour exemple les effets produits sur la betterave par des doses inégales de matières azotées.
RÉCOLTE A L’HECTARE
Engrais sans azote 36,834 kil.
Engrais avec 80 kil. d’azote 47,323
— — 100 kil. d’azote 51,000
— — 130 kil. d’azote 59,660
Quant à la portée économique de ces résultats, il est facile de vous en rendre juge.
Avec rengraLs sans azote, on a obtenu.. . 30,834 kil.
de betteraves par hectare.
Avec 80 kil. d’azote en plus, le rendement a atteint 47,325
Soit une différence de 10,391 kil.
Disons 11,000 kil.
Que valent ces 11,000 kil. d’excédant? 220 fr. Et l’azote qui les a produits? 160 fr. (1). Bénéfice net : 60 fr.
Porte-t-on l’azote à 100 kil., l’excédant de la récolte atteint 14,166 kil. et le bénéfice 108 fr.
La dose de l’azote est-elle de 130 kil., cette fois l’excédant de la récolte s’élève à 22,826 kil. et le bénéfice à 228 fr.
Ceci justifie l’une de nos principales conclusions de 1867, à savoir, que pour obtenir avec économie d’abondantes récoltes, il faut élever la dose de la dominante, sans augmenter proportionnellement celle des trois autres termes de l’engrais.
La supériorité des engrais chimiques sur le fumier étant incontestable, demandons-nous s’ils l’emportent au même degré sur les engrais du commerce.
Un agriculteur du département de la Somme, M. Cavallier, a résolu cette question capitale par des
(1) La matière azotée était du sulfate d’ammoniaque dont le prix a été maintenu à 35 fr. les 100 kil., pour conserver la concordance avec les Entretiens de 18G7. [Quatnthve Knlrctiev, p. 98.1
expériences décisives sur la plus grande échelle. Il a employé parallèlement les engrais chimiques et trois tourteaux différents : le tourteau de suint, le tourteau de viande et le tourteau de colza, chacun pour une valeur de 450 fr. à l’hectare.
Il a obtenu :
RFCOLTE
Avec le tourteau de suint 31,000 kil.
Avec le tourteau de viande. ..... 32,500
Avec le tourteau de colza 32,000
Avec l’engrais chimique 52,700
L’avantage reste encore à l’engrais chimique. Pourquoi? Parce qu’il contient les phosphates et la matière azotée sous une forme incomparablement plus soluble, plus assimilable, et parce que les quatre termes qui le composent et qui sont les éléments par excellence de la production végétale, se trouvent associés dans un rapport mieux pondéré.
Ce que je viens de vous dire des tourteaux, s’applique indistinctement à tous les engrais qui ne contiennent qu’une partie de ces quatre substances : ce qui, trois fois sur dix se traduit par un abaissement de la récolte, comme il résulte de ces exemples :
M. Prévost, à Arras (Pas-de-Calais) :
RÉCOLTE A L’HECTARE
1,200 kil. Engrais complet n» 2 (39,900 kil.
3,000 Tourteaux de colza 54,400
^ 1,200 Guano du Pérou 52,200
1,200 kü. Engrais complet n® 2 67,900 kil.
1,200 Guano du Pérou 50,300