‹ Les engrais chimiquesChapitre 59 sur 154 · PRIX. DÉPENSE · texte numérisé non relu

PRIX. DÉPENSE

Engrais complet n» 6. . .

Phosphate acide de chaux . .

Nitrate de potasse

M Qorr

Sulfate d’ammoniaque

Sulfate de chaux,

Il m’est impossible de dire en ce moment quelle est au juste la dominante du colza. J’incline, cependant, à penser que c’est la matière azotée. Mon incertitude à cet égard vient d’une circonstance toute fortuite.

A l’époque de la création des champs d’expériences de Vincennes, un certain nombre de parcelles se trouvant en contre-bas, on dut les surcharger d’une couche de terre de 30 à 40 centimètres d’épaisseur pour les mettre au niveau des autres, ce qui a suffi depuis huit ans pour masquer l’influence du régime auquel ces parcelles ont été soumises, et rendre inappréciables les effets qu’aurait dû produire la sup-

pression du phosphate de chaux et de la potasse dans les engrais.

Voici pourtant, à titre de première information, quelques données qui me semblent indiquer la prééminence de la matière azotée :

RÉCOLTE A L’HECTARE

Engrais complet SOhect.

Minéraux sans azote 14

Matière azotée sans minéraux 16

Sans aucun engrais 13

Vous le voyez, la progression des rendements est tout en faveur de la matière azotée. Les trois minéraux réunis, phosphate de chaux, potasse et chaux, ont produit 14 hectolitres : avec la matière azotée en plus, la récolte a atteint 30 hectolitres.

.l’aurais pu rapporter des exemples de récoltes plus élevées, mais je préfère m’en tenir à ceux qui précèdent, parce qu’ils se rapprochent davantage des rendements obtenus par la grande culture, dont voici, au surplus, quelques témoignages :

En 1866, M. Lavaux, à la ferme de Choisy-le- Temple, a obtenu, à l’aide de 250 kilogrammes de nitrate de soude, 32 hectolitres de colza par hectare, sur une pièce de 19 hectares qui avait produit, en 1865, 39 hectolitres de blé au moyen de l’engrais complet n® 2.

Vous savez que l’année 1867 a été extrêmement défavorable au colza. Néanmoins, à la ferme de Choisy-le-Temple le rendement a été de 24 hectolitres et demi par hectare, tandis que dans tout le pays il atteignait à peine 16 ou 18 hectolitres.

Dans celle même année 1867, sur une pièce de 4 heclares dont l’engrais contenait 76 kilogrammes d’azole par hectare, la récolle a été en moyenne de 29 hectolitres 50, tandis que sur une parcelle voisine, où l’on avait porté la dose de l’azote à 100 kilogrammes par hectare, le rendement s’éleva à 43 hectolitres.

J’aurais voulu procéder à l’égard du colza comme je l’ai fait pour la betterave et la pomme de terre ; établir un parallèle entre les effets du fumier de ferme et ceux des engrais chimiques. Mais les documents me font défaut; je ne possède que trois ou quatre résultats que je rapporterai à titre de première information :

M. Lavaux, à la ferme de Choisy-le-Temple (Seineel-Marne).

RÉCOLTE A l’hectare.

Engrais chimiques 32^ 60

Rendement moyen dans le pays 17 »

M. de Matharel, au Chéry, par Issoire (Puy-de- Dôme).

120 kil. Engrais complet 25^» »

M. Autier, à la ferme de Saint-Denis (Ardennes).

Fumier et 100 fr. d’engrais chimique 24^ 67

Fumier seul . . 16 »

Le colza passe, non sans raison, pour une plante

très-épuisante. Poui’ un rendement de 35 hectolitres de graines , la somme de la récolte ne s’élève pas à moins de 9,807 kilogrammes de matière sèche par hectare.

Paille . .

Siliques

Graines

Dans lesquels il y a ;

Acide phosphorique 42 kil.

Potasse 106

Chaux....: 128

Azote 177

Si l’on se bornait à ces indications, le colza méri-

terait, à tous égards, la qualification de plante épuisante.

Mais si l’on considère que la graine est le seul produit exporté, que la paille et les siliques font retour à la terre par le fumier, le colza n’a plus ce caractère, puisque les pertes subies par le sol se réduisent en définitive à :

30^ » d’acide phosphorique.

17 69 de potasse.

7 59 de chaux.

97 98 d’azote.

5,165 kil.)

2,303 9,807 kil.

par hectare.

Il y a deux manières d’utiliser la paille de colza : s’en servir comme litière, ou la brûler sur place pour en recueillir les cendres qu’on répand ensuite sur le

sol et qu’on enterre à la charrue. Quant aux siliques, il est préférable de les faire consommer par les animaux, qui s’en montrent généralement très-avides.

En faisant alterner le colza avec le froment, on se place dans les meilleures conditions de succès, parce que le colza est une plante sarclée qui permet de détruire les mauvaises herbes, et que sa racine pivotante puise de préférence dans les couches profondes du sol et ménage les couches superficielles au profit de la céréale qui doit lui succéder.

Lorsqu’on cultive alternativement le colza et le froment, voici les engrais auxquels il faut avoir recours :

PREMIÈRE ANNÉE

colza.

A L HECTARE

QUANTITÉS, PRIX. DÉPENSE

Engrais complet n® 6. . . 1,500^^

Phosphate acide de chaux . .

Nitrate de potasse

Sulfate d’ammoniaque

Sulfate de chaux

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