‹ Les engrais chimiquesChapitre 74 sur 154 · VALEURS PRODUITES · texte numérisé non relu

VALEURS PRODUITES

Froment d’automne

. 7,372,819 hect.

2,88.3,201,911 fr.

Froment de printemps. . . ,

8a,ii2

Autres céréàles .

Pommes de terre

Cbâtaieî’nes

ï.égumes frais

Légumes secs

Plantes potagères

Betteraves

Cultures oléagineuses ....

Plantes textiles. . • . . . .

Mûrier. — Soie. ... • . .

Cultures industrielles ....

Fourrages.

Vignes. — Vin

Bois communaux et de l’État.

Ce ne sont pas là, Messieurs, de vaines exagérations, des effets calculés de langage, mais des vérités que quiconque aime son pays et prend souci de sa prospérité doit tenir à honneur de propager.

Dans le midi de la France, les anciens procédés de culture ne sont pas possibles, par cette raison unique ({ue le Midi manque de fourrage. La cultui’e de la vigne tend à s’y propager de plus en plus, à cause de la haute valeur de ses produits. Mais la vigne épuise le sol, car le vin est presque entièrement exporté. Gomment sortir de cette situation et rétablir l’équilibre ?

Aff’ectera-t-on à la vigne le fumier des terres cultivées? On aura reculé la difficulté sans la résoudre ; car qu’adviendra-t-il de ces terres?

Avec la formule nouvelle : importation permanente d’engrais chimiques, la loi de restitution est observée, et l’avenir est assuré.

Vous n’ignorez pas. Messieurs, qu’une partie de la presse agricole, cédant à d’assez tristes mobiles, s’efforce de travestir le caractère de la solution que nous cherchons à faire triompher. En persistant dans cette voie, elle assume sur elle une grave responsabilité, car elle méconnaît l’un des intérêts les plus vivaces de notre temps. En face de ces défaillances, affirmer avec une nouvelle énergie que la culture par le fumier a cessé d’être une solution qui réponde à nos besoins, n’est pas seulement une question de doctrine, c’est un devoir. Le petit propriétaire ne peut faire de fumier, le grand propriétaire ne gagne rien] s’il n’emploie que du fumier. L’un et l’autre

LES ENGRAIS CUIMIUÜES.

doivent fonder leur industrie sur une importation permanente d’engrais, et cette solution revêt un caractère encore plus impérieux lorsqu’il s’agit de cultures arbustives.

Donc la culture par les engrais chimiques employés exclusivement ou de concert avec le fumier est la solution du problème agricole. Quoi qu’on fasse, l’emploi des engrais chimiques s’impose à nous ; c’est une nécessité qui domine la situation agricole de notre temps et du pays.

Dira-t-on qu’il est impossible de faire prévaloir cette solution par la seule initiative individuelle ? Le cas le plus défavorable qu’on poui’rait nous opposer va me permettre de prouver le contraire.

Je suppose un homme qui possède un ou deux hectares de terre et ne peut faire l’avance des 3 ou 400 fr. d’engrais pour en tripler les produits.

Ce qui lui est impossible pour la totalité de son domaine lui est du moins accessible pour une partie, pour le J/4 ou le 4/5®. Admettons qu’il opère sur le 1/5®, et généralisez l’opération. En cinq ans, 21 millions d’hectares auront passé d’un rendement de 14 hectolitres à un rendement de 30.

Vous représentez-vous les conséquences de tous genres qui découleraient de cet accroissement de production?

La voie est ouverte, Messieurs ; la solution est trouvée, vous en connaissez les termes, la pratique a prononcé. Voulez-vous faire de la culture à grands profits? Fumez abondamment : le moyen est à votre portée; toujours le profit viendra répondre à vosten-

tatives et couronner vos efforts. Voilà, Messieurs, comment la doctrine des engrais chimiques vient à point nommé pour améliorer lo régime de la petite propriété et rendre possible la spécialité des cultures par région, qui est le progrès auquel on doit tendre et dont la liberté du commerce nous fait une nécessité.

Nous terminerons là, Messieurs, nos études de cette année. Laissez-moi croire que la pensée qui nous a rassemblés ne s’évanouira pas en nous séparant, et que chacun de vous, dans la sphère de son influence, voudra répandre les préceptes dont la valeur pratique s’est affirmée à ses yeux et dont le succès doit avoir pour résultat de diminuer le prix de toutes les denrées alimentaires, de fournir du travail aux classes nécessiteuses , d’étendre à l’intérieur la consommation des objets manufacturés de toute nature, et d’émanciper enfin la petite culture, qui est représentée par la majorité du pays.

Qui de vous. Messieurs, voudrait me refuser son concours pour atteindre ce but?

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APPIVNDICE

1" Notice sur la lévulitie, matière saccliarigéne du Topinambour.

2" Du dosage des sucres.

3" Aperçu général sur les résultats de la campagne de 1869, au moyen des engrais chimiques.

¥ Rapport de M. de Jabrun sur des expériences laites à la Guadeloupe, sur la culture de la canne cà sucre au moyen des engrais chimiques.

MATIÈRE SACCHARIGÈNE DU TOPINAMROÜR,

Par MM. Georges VILLE et JOULIE.

Les recherches que nous poursuivons depuis longtemps sur la génération des hydrates de carbone au sein des végétaux nous ont conduit à étudier les tubercules du topinambour et à déterminèr avec plus de soin qu’on ne l’avait fait jusqu’ici la nature et la quantité des matières hydrocarbonées qu’ils renferment. Cette étude nous a permis de constater plusieurs faits intéressants qui seront publiés plus tard dans un travail d’ensemble. Nous ne voulons détacher aujourd’hui qu’un seul feuillet de ce mémoire, pour prendre date à l’égard d’un résultat nouveau destiné à mettre en lumière les ressources que l’on peut tirer des procédés de la physique appliqués à l’analyse chimique, et signaler les dangers de ces procédés lorsqu’on en accepte les résultats sans discussion.

Après avoir exprimé le jus des tubercules de topinambour, on le soumit à l’analyse par le procédé bien connu aujourd’hui auquel M. Bareswil a donné son nom. On s’attendait à avoir du premier coup, et par le simple contact du jus avec la liqueur cupro-potassique bouillante, une abondante réduction d’oxydule de cuivre. La science possède, en effet, deux analyses de topinambour, l’une de M, Boussingault, l’autre de M. Payen. Dans la première nous voyons figurer le sucre incristallisable pour 1 4,80 pour 100 parties

de racine, et dans la seconde nous trouvons : « glucose et sucre, 14.7(1).»

Après ces deux résultats, il était difficile de douter de l’existence d’une forte proportion de sucre réducteur dans les tubercules du topinambour.

Il n’en est rien cependant. Le jus essayé ne nous a donné (ju’une très-faible réduction, et la quantité de sucre réducteur dosable dans le jus naturel n’a jamais dépassé un demi-centième de son poids.

Mais tout change si, au préalable, on fait bouillir le jus avec une faible (piantité d’acide chlorhydrique ou sulfurique. Le

(l) Voici CCS deux analysi^s.

M. BOUSSIiNGAüLÏ.

Sucre incrislallisable 14.80

Inuline 3,00

GoiTime 1,22

Albumine 0,99

Substances grasses 0,09

Citrates de putasse et de cliaux 0,20

Sulfate de potasse 0,12

Chlorure de potassium 0,08

Malates et tarlratcs de potasse et de chaux 0,05

Ligneux 1,22

Silice 0,03

Eau 77,05

Glucose et sucre 14.7

Albumine et autres substances azotées 3,1

Inuline 1,0

Acide peclique 0,9

Matières grasses 0,2

Cellulose 1,5

Substances minérales 1,3

Eau 76,0

pouvoir réducteur du liquide ainsi obtenu devient très-intense, et on trouve alors de 15 à 20 centièmes de sucre réducteur. Voici deux analyses :

SüCr.E RÉDUCTEUR

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