LES FAITS
Je voudrais présenter les résultats o}3tenus en 1868, au moyen lies engrais chimiques, sous une forme simple et pratique, qui permît d’éviter la confusion que l’on fait trop souvent entre le témoignage de l’expérience et son interprétation économique. Aucune industrie n’est soumise à autant de causes aléatoires que la culture : nature dusol, climat, débouchés, importance du fonds de roulement, division de la propriété, pour ne citer que les plus importantes, réagissent sur le profit qui est le résultat final.
Au-dessus du résultat financier, il y a cependant un fait antérieur qui le prime : c’est le produit brut, le poids de la récolte, qui sert de mesure pour apprécier la valeur du procédé de culture auquel il est dû.
Pour comprendre dans toute sa complexité le mécanisme de la production agricole, et fixer avec précision l’importance des intérêts économiques qui s’y rattachent, il faut distinguer, séparer, isoler ces deux ordres de questions, et épuiser l’analyse de leur termes respectifs.
Persuadé qu’il est impossible de parvenir à des conclusions utiles et pratiques en dehors de cette division, je ferai vo-
lontairement abstraction, dans ce qui va suivre, de la partie économique, pour ne m’attacher qu’à la question de culture et de rendement.
Jusqu’à ces trente dernières années, le fumier de ferme a été à peu près le seul agent de fertilité employé par l’agriculture. Pour beaucoup de bons esprits, c’est encore le plus économique et le plus efficace des engrais.
D’autres, au contraire, pensent que le prix du fumier est plus élevé qu’on ne le croit généralement, et ils ajoutent que lorsqu’il atteint 15 fr. la tonne, il y a certainement avantage à lui substituer les engrais chimiques. Ils vont encore plus loin : ils soutiennent qu’à égalité de richesse, les engrais chimiques l’emportent sur le fumier sous le rapport du rendement, et ils expliquent leur supériorité par la solubilité plus grande des substances qui les composent.
Où est la vérité entre ces deux opinions rivales dont l’une invoque, non sans ostentation, les traditions d’un passé plusieurs fois séculaire, tandis que l’autre, née d’hier, a pour garantie les découvertes les plus récentes de la science contemporaine? Nous le demanderons à l’expérience, parce que seule elle a qualité pour résoudre souverainement les questions de fait.
Son témoignage se traduira cette année par 503 résultats dus à l’initiative privée, et qui se décomposent ainsi :
Froment 138
Betteraves 190
Pommes de terre 83
Avoine 28
Orge 20
Seigle 2
Maïs 10
Sarrasin 2
Colza 1
Lin 1
Navets 3
Prairie. . , 12
Vigne 4
Total 503