CHIMIQUE. DE FERMÉ. AUCUN ENGRAIS
Trappistes de Notre-Dame
des Dombes 801iect. SOhect. » hect.
M. de Narboime 57 46 »
M. du Peyrat 46 » 30
Vous voyez, si nous mettons à part les tentatives faites sur la vigne ou la prairie, en trop petit nombre pour être décisives, les engrais chimiques l’emportent décidément sur le fumier. Leur supériorité se fonde, non sur une, deux, trois ou dix expériences, mais sur cinq cents expériences dues à Tiniliative de cultivateurs différents qui ont opéré à Tinsu les uns des autres, et dans les conditions de sol et de climat les plus variées. Ce concours spontané venant aboutir à la même conclusion est à ma connaissance un fait unique dans Thistoire de l’agriculture. Il atteste dans les populations rurales une vitalité de bon augure; elles sentent instinctivement qu’il faut en finir à la fois avec les procédés artificiels de l’initiative administrative et l’absolu de tradition qui se rapportent à un état social qui n’est plus. Une impulsion irrésistible les pousse en .avant. Accueillons donc avec une entière confiance le réveil de l’initiative individuelle. Que sont devant ses libres arrêts les conjurations des intérêts privés et les animosités des coteries"'^ — Sous le règne de l’initiative privée, les discussions doivent perdre forcément leur caractère d’oppression et d’intolérance, pour devenir les conditions, que dis-je ? les instruments prépondérants de l’activité sociale.
Les noms de Jacquemont, de Laurent, de Gerhardt, de Gratiolet, sont-ils moins honorés des générations naissantes, parce que leurs carrières ont fait d’eux des naufragés? Leurs découvertes sont-elles moins réelles, parce qu’elles furent à l’origine niées, repoussées ou travesties? Les résultats qu’on leur doit sont-ils moins féconds, parce qu’ils furent d’abord incompris ou méconnus? — Où en serait aujourd’hui la question des engrais chimiques sans l’appui que’lle a reçu du monde agricole?
Borné aux termes qui précèdent, le résumé que je viens de présenter des résultats obtenus en 1868 ne donne qu’une idée incomplète de leur importance. Pour les apprécier avec exactitude, il faut se reporter aux témoignages individuels, les comparer, suivre les rendements dans leur variations progressives, en bien et en mal (voy. page 307), pour en dégager, comme j’ai tenté de le faire, la moyenne générale. Si vous consentez à vous livrer à ce travail, vous trouverez pour le froment que les rendements de 50 à 60 hectolitres par hectare sont encore assez fréquents ; que pour l’orge et l’avoine ils peuvent atteindre 70 à 80 hectolitres, — 80 et 100,000 kil. pour la betterave, — 30 à 40 mille kilog. pour la pomme de terre.
Il ne serait certainement pas judicieux d’accorder trop d’importance à ces résultats qui sont des exceptions ; il faut cependant y avoir égard, puisque sur cinq à six récoltes on a chance de les obtenir une fois, et qu’elles font compensation aux années défavorables.
Lorsqu’il y a trois ans j’insistais auprès du monde agricole pour recommander les champs d’expériences, il n’est sorte d’objections que l’on ne m’ait opposées. On niait qu’il fût possible de conclure du petit au grand, et on taxait de puérile la prétention de régler le régime d’une grande exploitation sur le témoignage d’un simple champ d’expériences.
Qu’y avait-il de fondé dans ces critiques? Bien, que l’expression d’un parti pris obstiné.
Sur la foi de mes expériences au champ d’expériences de Vinceimes où l’on opère sur des parcelles de 1 are, j’ai annoncé qu’avec :
1,300 kil, d’engrais complet no 2, on obtient
de 50 à 55,000 kil.
de betteraves par hectare.
La moyenne des 190 tentatives faites en 1868 accuse, pour
1,326 kil. d’engrais, un rendement moyen de 51,948 kih
J’avais dit qu’en portant la dose de l’engrais de 1,300 kilo-